Dr Dimai Ouo Kpamy : « des patients peuvent avoir des difficultés respiratoires après leur sortie des centres de traitements… »

Sortir de l’hôpital n’est pas la fin. Grande fatigue, difficultés respiratoires, incapacités à l’effort… Ensuite, un long tunnel s’engage pour les guéris du coronavirus. Nous avons rencontré le docteur Dimai Ouo Kpamy, chef d’unité chargé de suivi et de l’évaluation de la prise en charge des maladies à potentialité épidémiologique, pour en savoir plus sur les complications chez les patients guéris du covi-19.

Universciences : l’ONG ALIMA travaille sur le projet de la prise en charge des complications chez les personnes guéries. C’est quoi ce projet et quels sont ses objectifs ?

Dimai Ouo Kpamy : cela veut dire que, le covid-19 est une maladie virale, et surtout qu’il ya des complications identifiées chez quelques personnes guéries. Donc l’ONG ALIMA s’est alignée dans ce sens, dans le but de suivre ces patients qui sont sortis guéris des centres de prise en charge afin que ces personnes bénéficient des soins continus. Et l’objectif primordial est le suivi continu de tous les malades qui sortent guéris dans les différents centres de traitements épidémiologiques.

Universciences : la détresse respiratoire est l’une des complications que subit certaines personnes guéries du coronavirus en Guinée. Qu’est-ce qui est réellement la cause ?

DOK : effectivement, les observations sur les patients qui sortent des différents sites de traitement montrent cette notion de détresse respiratoire ou de complications pulmonaires. Cela s’explique parce que le coronavirus se pose sur les voies respiratoires supérieurs au niveau des fosses nasales jusqu’au larynx, c’est pourquoi en faisant le prélèvement, c’est sur les fosses nasales et le larynx. Avec cette agression de voies respiratoires supérieures, la personne va avoir des répercussions au niveau de ces différents organes et elle peut rapidement perdre le goût, avoir des difficultés à sentir les odeurs. En ce qui concerne les affectations respiratoires majeurs, les patients peuvent avoir des séquelles respiratoires après leur sortie.

Universciences : comment se fera cette prise en charge ?

DOK : elle se fera de façon systématique. Vous savez que nos patients, lorsqu’ils entrent dans les différents sites de traitement, on définit leur statut, il ya des malades  qui entrent asymptomatiques, et certains qui entrent avec des symptômes. Ceux-ci sont subdivisés en quatre groupes : les cas mineurs, les cas légers, les cas sévères et les cas critiques. Le plus souvent les cas sévères et les cas critiques, ce sont eux qui sont directement orientés dans les services de réanimation. Donc ces patients qui se trouvent au niveau des services de réanimation.

Universciences : est-ce que ces personnes qui traversent des difficultés seront hospitalisées à nouveau ?

DOK : ils vont être hospitalisés, mais pas dans les sites de traitements de covid-19. Si déjà, on met en place un projet, celui-là va identifier des structures appropriées où hospitaliser des cas de complications.

Universciences : à la faveur d’un point de presse que vous avez tenu Mercredi 09 septembre au siège de l’ANSS à Kaloum. Vous avez dit, que lorsqu’on est guéri du coronavirus, la probabilité est forte pour être réinjecté après les 3 mois. Qu’est-ce qui occasionnerait cette réinfection ?

DOK : la personne peut re-contacter le virus lorsqu’elle ne sera pas en mesure de respecter les mesures barrières : la distanciation sociale, le port du masque, le lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon. Concernant le coronavirus, il n’ya pas de l’immunité, surtout qu’après les 3 mois, la personne peut retomber atteint du virus, ce qu’il n’ya pas de garantie.

              

 Propos recueillis par Amadou Dari Diallo

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