Covid-19 : région forestière, où le virus a le moins circulé ?

D’après le constat de nos envoyés spéciaux, la région forestière est relativement épargnée par le Coronavirus, pas plus, pas moins que d’autres régions de la Guinée. Qu’est ce qui explique ce faible taux de cas confirmés ? Comment minimiser les risques de propagation du virus ? Siba Koulemou, point focal communication à la Direction Préfectorale  de la Santé de N’Nzérékoré, livre son analyse de la situation épidémiologique à Universciences.

La région forestière a eu la chance d’avoir un virus qui n’a pas trop circulé. Malgré le brassage avec des populations extérieures qui font des va et vient. En comparaison avec les régions les plus touchées du pays, la région forestière est plutôt bien préservée du covid-19. Selon les dernières données, la région fait état d’un taux d’incidence le moins faible.

« La situation générale de la covid-19 dans la région, depuis le début de cette pandémie dans la région ici, nous avons enregistré 111 cas confirmés, il ya eu 82 cas suspects et depuis le début il ya eu trois cas de décès, à date nous avons 5 cas qui sont hospitalisés au niveau du CTPI de Nzérékoré », affirme Siba Koulemou, point focal communication à la Direction Préfectorale de la Santé de Nzérékoré.

La cause d’atteinte de la région

Depuis une année et plus, la région forestière fait face au covid-19, en dépit de cela, avec aussi, la réapparition de deux autres épidémies, la fièvre de lassa et Ebola, elle tient bon. Le faible taux de 111 cas confirmés a tout même montré que le covid-19 est en train de gagner le terrain, après des tests de dépistage de façon massive dans les districts. Par ailleurs, le mouvement des populations pourrait être la cause d’atteinte de la région. « La capitale était l’épicentre de cette maladie et avec le mouvement de la population, on a enregistré des cas confirmés ici qui venaient de Conakry et qui ont laissé des contacts ici qu’on a suivi, donc c’est le mouvement de la population », attire l’attention, la point focale communication à la Direction Préfectorale de la Santé.

Rien n’est gagné d’avance contre le virus

Certes, le mouvement des personnes favorise l’explosion du virus, c’est pourquoi, rien n’est gagner encore la pandémie. Concentrés les efforts à toujours minimiser les risques pourraient aider la région à maintenir le cap. Et depuis, les autorités sanitaires locales ont mis un plan de riposte en marche pour maitriser le virus. « Dès que le premier cas a été notifié, nous avons fait un plan de riposte régional, ce plan de riposte régional prenait en compte presque tous les piliers qu’il fallait pour circonscrire. Il ya des commissions dans ce plan de riposte, la commission surveillance, la commission prise en charge, la commissions sociale, la commission mobilisation, l’engagement communautaire et la commission laboratoire », explique Siba Koulemou, point focal communication à la DPS.

Dès le début, des rumeurs ont été distillées

Concernant la pandémie de coronavirus, des rumeurs ont été distillées comme une trainée de poudre, mais la sensibilisation organisée par les autorités locales et orientée envers les populations a beaucoup porté haut le niveau de connaissance de cette nouvelle maladie. « Il ya eu beaucoup de rumeurs, les gens qui disaient que, c’est la maladie des vieux, c’est la maladie des blancs. Mais ce qui nous a permis au moins de minimiser ces rumeurs, c’est à travers des sensibilisations au niveau des antennes, les radios de la localité ont beaucoup contribués à cette sensibilisation, dans chaque émission, elles parlaient de la maladie, des gestes barrières, donc on avait élaboré des messages clefs. Ce sont ces messages qu’on avait partagé et elles faisaient la diffusion de celles-ci », rappelle Siba Koulemou.

Le non-respect des mesures est réel

Bien qu’une sensibilisation ait été faite envers les populations pour leur aider à se protéger contre le virus, actuellement, l’essentiel de cette protection qu’est le respect strict des gestes barrières est moins respecté, selon le point focal, « C’est une question de comportement, sinon le mieux pour nous était que la communauté et la population comprennent, respectent les mesures barrières. C’est une lutte qu’on a engagé, on n’a pas encore baissé les bras. »

La sensibilisation doit toujours continuer

Continuer à sensibiliser les populations à travers des émissions préparées à cet effet, organiser des tables rondes et faire d’autres formes d’activité pour conscientiser la communauté locale, est le seul rôle primordial que ne doit pas lâcher les autorités sanitaires, sans quoi une surprise de taille pourrait advenir.

 

Propos recueillis par Aissatou Barry           

Décryptage : Amadou Dari Diallo

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