Vaccination contre le covid-19 en Guinée : où en est l’Agence nationale de sécurité sanitaire ?

La campagne de vaccination contre le covid-19 est en cours dans notre pays depuis plusieurs mois. Quelle est la stratégie nationale de vaccination ? Ces vaccins sont-ils sûrs ? Quelle forme d’effet indésirable ? Cette vaccination amène beaucoup de questions et de nombreuses fake news sont relayées sur les réseaux sociaux. Universciences fait le point avec Docteur Sory Condé, chargé d’études au département surveillance de l’ANSS.

Depuis le lancement officiel de la campagne de vaccination, le 5 mars 2021, à Conakry et le 23 avril dernier, à l’intérieur du pays ; l’institution en charge de riposte contre le covid-19 a gravi quelques escaliers dans l’élan de freiner la propagation du virus, en vaccinant pour le moment, « 264. 950 personnes, avec au moins une première dose, parmi lesquelles il y a 87.730 personnes qui ont complété leur vaccination, » rapporte Docteur Sory Condé, chargé d’études au département surveillance de l’ANSS.

La stratégie gagnante de l’ANSS

Pour ce faire, une stratégie a été adoptée par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire pour accélérer la vaccination notamment dans la capitale. « Déjà à Conakry comme on le sait, c’est l’épicentre de la maladie à coronavirus. Donc il ya au moins une semaine, on a lancé la vaccination accélérée. Ce processus se poursuit, ça doit même prendre fin cette semaine, ça nous permet de booster la vaccination dans certains quartiers les plus affectés. Contrairement, à d’autres pays, nous avons adopté une stratégie qu’on appelle la stratégie gagnante qui a pour cible les groupes socio-professionnelles, les quartiers qui ont enregistrés un grand nombre de cas confirmés, »  explique Docteur Sory.

Beaucoup de sous-préfectures n’ont pas réceptionné le vaccin encore

Bien qu’il ya un certain nombre de sous-préfectures qui n’ont pas bénéficient du vaccin, malgré tout, d’autres font vacciné les populations, qui, n’auront pas toutes même la première dose du vaccin. « La vaccination se fait dans les sous-préfectures, mais, c’est pas aussi à large pour tout le monde. Parce qu’on n’a pas suffisamment de vaccins pour l’ensemble du pays sur un coup. Mais en fonction, des cibles déjà identifiées, la vaccination se poursuit,» avoue Docteur Condé.

Des doutes sur Astra Zeneca

Les langues se délient sur l’efficacité des vaccins qui ont été réceptionné sur le territoire guinéen, notamment le vaccin Astra Zeneca. La majorité des personnes ne le voient pas d’un bon œil, ce, encore l’ANSS vient de sortir une note circulaire le définissant, pour aussi la tranche d’âge 18 ans et plus. Le docteur  Sory Condé lève le voile en ces termes : « Astra Zeneca, spoutnik V et sinovac, tous les vaccins que nous utilisons à l’heure actuelle, il n’ya pas de vaccin qui n’a pas terminé toutes les phases pour que le vaccin soit homologué. Cela trouve que nous avons toutes les informations autour du vaccin. L’OMS nous a envoyé une note selon laquelle les informations complémentaires à leur disposition affirment que le vaccin peut aussi efficace sur les sujets âgés de 18 à 54 ans. Donc on peut l’ajouter à celle déjà qui est en vigueur les 55 ans et plus.»

Des effets indésirables mineurs

Sur des cas d’effets secondaires liés à cette campagne de vaccination, il n’ya en a pas eu ceux graves, néanmoins des cas mineurs ont été enregistrés. « On a enregistré 274 cas d’effets secondaires mais qui sont tous des cas mineurs, on n’a pas enregistré des cas majeurs pour le moment, » affirme le chargé d’études au département surveillance de l’ANSS.

Une fois vacciné, on peut se passer du respect des gestes barrières ? Non !

Beaucoup de gens épousent l’idée selon laquelle, une fois être vacciner, l’on peut se passer de respecter les gestes barrières, tout en pensant être immunisé contre le virus. Tel n’est pas le cas. « Les gestes barrières sont en vigueur. Ils doivent être respectés et malgré les chiffres qui sont appréciables par rapport à la vaccination. On pas suffisamment vacciné pour espérer atteindre un niveau d’humilité collective. C’est vrai que nous voyions la baisse du nombre de cas confirmés par jour, mais tant qu’on n’a pas une couverture vaccinale élevé, une proportion de personnes ayant été complètement vacciné, si cette proportion  n’est pas autour de de 60% à 70% et plus, on ne peut dire qu’il faut abandonner les gestes barrières, » souligne Docteur Sory Condé, chargé d’études au département surveillance de l’ANSS.

Vaccination et gestes barrières pour influencer la circulation du virus

Dans un premier temps, la vaccination est complémentaire aux gestes barrières et aux mesures sanitaires. En effet, la vaccination se fait progressivement. Pour l’instant, un nombre limité de personnes sont vaccinés et cela ne suffit pas pour influencer la circulation du virus. Il faut atteindre 70% à 80% de personnes vacciné pour espérer interrompre du virus. Et avec ce relâchement des gestes barrières, un risque de propagation élevé du virus est envisageable.

 

   Propos recueillis par Mamadou Kindy Bah

  Décryptage : Amadou Dari Diallo

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