Vaccination contre le covid-19 en Guinée : le personnel soignant en première ligne

La campagne de vaccination de la population guinéenne, contre le covid-19, avec des vaccins chinois, a été lancée officiellement vendredi 5 mars dernier au centre de traitement épidémiologiste de Gbessia – commune de Matoto – par le ministre guinéen de la santé, Rémy Lamah, en présence des partenaires au développement et des responsables de l’Agence Nationale Sécurité Sanitaire. Suite au lancement de cette campagne de vaccination, Universciences reçoit le professeur Fodé Amara Traoré, coordinateur médical du site de prise en charge du covid-19 de Gbessia, pour comprendre davantage quelle est la cible concernée actuellement et de l’élargissement de la vaccination dans toutes les couches de la population.

La première phase de vaccination va concerner notamment les personnels de santé, les personnes âgées de plus de 65 ans, les personnes ayant des emplois stratégiques et les leaders religieux. Ensuite, il est prévu de considérer en priorité les populations de la ville de Conakry à travers les quartiers les plus touchés par le virus, notamment les 5 communes de la capitale, avant certaines grandes agglomérations de l’intérieur du pays.

« Tout le monde ne peut être vacciné en même temps. Dans tous les pays du monde, la vaccination se fait en phase, elle est rationalisée en fonction de certains indicateurs qui sont déjà définis. Alors, pour cette première phase, il ya les soignants c’est-à-dire les docteurs, les médecins, les infirmiers, les hygiénistes, les aides de santé ; bref, tous ceux qui travaillent dans un hôpital, dans un structure de santé, et qui sont en contact direct avec les malades, diagnostiqués positifs ou non à la maladie ; ce sont ces personnes qui sont plus à risque de contracter le virus. Donc, en première intention, ce sont eux qui sont prioritaires pour être vacciné. Et après il ya d’autres cibles telles que les personnes de plus 65 ans, les couches à vacciner ont été définis par ordre de priorité à l’avance, mais pour cette première tranche, c’est essentiellement les soignants, quel que soit,  l’hôpital, » explique le professeur Fodé Amara Traoré, coordinateur médical du site prise en charge covid-19 de Gbessia.

Une durée selon le rythme et les stocks

Sur la durée que prendra cette première phase de vaccination – 200.000 doses sinopharm offerts par la chine – le coordonnateur médical du site prise en charge covid-19 de Gbessia affirme que cela dépendrait du rythme et des doses de vaccins disponibles : « pour le moment nous n’avons 200.000 doses de vaccins sinopharm, et dans un premier temps, nous avons reçu le vaccin russe spoutnik V qui est à 20.000 doses. Donc, nous avons suffisamment de vaccins pour cette première phase. Mais, sur la durée, cela dépendra du rythme de vaccination et des stocks disponibles de vaccins.»

Certes, la campagne nationale de vaccination contre le covid-19 est une prestation de l’Etat, découlant de sa politique sanitaire. Celle-ci faite dans les meilleures conditions pourrait aider à combattre la pandémie en immunisant la population contre le virus, en vue d’atteindre l’objectif de débarrasser la nation de cette pandémie liée au coronavirus.

En situation de pandémie, vacciner est la meilleure arme

« La campagne de vaccination est un outil essentiel voire indispensable dans le cadre de la lutte contre les épidémies. Pas seulement pour la pandémie de coronavirus. Toute épidémie pour laquelle il existe un vaccin, le vaccin permet de rompre rapidement la chaîne de contamination en immunisant les gens. Donc, quelqu’un qui est vacciné, déjà immunisé, s’il est en contact avec le virus, le virus ne peut le rendre malade ou bien la probabilité de le rendre malade est trop faible. C’est pourquoi la vaccination est un moyen de lutte, même s’il ya d’autres, le fait d’hospitaliser les patients, leur donner des médicaments. Il y a des moyens physiques : porter les masques, le lavage des mains, la distanciation sociale, » le professeur affirme Traoré.

La chine au chevet de la Guinée

Le premier lot de vaccins sinopharm fourni par le gouvernement chinois est arrivé la semaine dernière en Guinée, dans le cadre du programme d’assistance de ce pays au continent africain. A date, le pays a enregistré 16.420 cas positifs au covid-19, 93 décès et 15.091 guérisons.

 

Propos recueillis par Lancinet Sidibé

Décryptage : Amadou Dari Diallo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *