Suspension des manifestations culturelles : promoteurs et artistes font face de nouveau à une dure épreuve

Avec l’interdiction des rassemblements de plus 50 personnes pour lutter contre la propagation du coronavirus, le monde de la culture est directement touché. C’est un vrai choc pour les professionnels de ce secteur. Moussa M’baye, artiste du groupe Degg j force 3 et également cofondateur de mœurs libre prod, est intervenu à Universciences, sur cet arrêt brusque et sans perspectives de reprise des activités culturelles.

Sitôt ouvert aussitôt fermé. Le monde culturel est à bout de souffle, en train de crever. Chez les chanteurs, les danseurs, les acteurs culturels, il ne se passe plus rien. Certes, les manifestations culturelles sont à l’arrêt sur décision du gouvernement. Les scènes de spectacle ont baissé le rideau jusqu’à nouvel ordre à cause de l’épidémie de covid-19 qui sévit en Guinée.

« Ces mesures impactent naturellement tous les évènements qui étaient en cours de réalisation et qui ont été annulés, notamment, moi, j’avais l’évènement Jerusalema avec l’artiste sud-africain  Nomcebo jicodé, » confie Moussa M’baye, cofondateur de mœurs libre prod.

Beaucoup d’argent dépensés

Bien avant l’annulation surprise encore par un décret présidentiel des concerts, beaucoup d’argent avaient été investis dans la communication, la moitié de la somme convenue avec l’artiste lui a été versée, des billets d’avion achetés, l’équipe de mœurs libre prod était à peu près de pouvoir réaliser son concert tant attendu par le public guinéen, quand tout aussi a été frappé par une annulation purement et simplement des manifestations culturelles.

« C’est arrivé à 3 jours de mon évènement, donc ce qui suppose que tous les consommables, toute la communication, tous les fournisseurs, à part la sonorisation, ont été payés. Les billets d’avion ont été émis et puis toutes les réservations d’hôtels. On était à 80% de notre investissement quand ils ont dit de tout stopper. Et encore les spots qui passaient à la télé avec toute la communication, c’est de l’argent perdu. Les avances qui ont été reçues par les artistes par ci par là, tous les participants, » affirme l’artiste.

Un décret qui n’est pas du goût de la corporation

Cette décision du président de la république de stopper le monde du disque de cesser leur travail, a un gros impact tant bien que beaucoup de promoteurs culturels et artistes avaient un agenda fourni sur des événements à organiser pour l’épanouissement des mélomanes guinéens.

« Cela a un gros impact sur nous. Mais également, sur le moral, c’est très très difficile, puisque ça continue à enfoncer notre business, tout ce qu’on essaie d’entreprendre, au-delà de l’aspect financier, humainement, ça vient nous chercher. On dira pas que ce n’est pas remboursable, mais ça va être de l’argent débloqué jusqu’à la prochaine fois qu’on va nous permettre d’organiser.

Quand est-ce que ? On ne sait pas encore. Donc, nous sommes de jeunes entreprises qui ne sont pas totalement solides et qui ont traversé une année très difficile avec le confinement et les restrictions, c’est ce qui fait que ça été une année très difficile pour nous et juste au moment où, on relançait nos entreprises, là encore, il ya une nouvelle interdiction, d’annulation des évènements, » fait remarquer Moussa M’baye.

Une pilule difficile à avaler pour les promoteurs et les artistes

Depuis un an, la pandémie de coronavirus a bouleversé nos vies. Voilà déjà que les projecteurs se sont éteints, plongeant les scènes de spectacle, les artistes et les promoteurs dans l’ombre ; face à une situation sanitaire incertaine qui les laisse sans réelles perspectives. Comme pour dire que la corporation n’est pas en marge des difficultés que ce moment de vache maigre répand. Puisque la pilule est véritablement amère.

 

Amadou Dari Diallo

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