Site agricole de Sagbaya (Faranah) : à l’école d’apprentissage de la culture maraîchère, il ya des problèmes à résoudre

A 1 km en périphérie de la commune urbaine de Faranah, le site agricole de Segbaya est étendu sur 8 hectares. Où des étudiants de l’Institut agronomique, Valéry Giscard D’Estaing, de Faranah, viennent pratiquer les cours théoriques appris en salle – directement à la terre. Tout comme d’autres groupements de femmes, y travaillent aussi ; comme celui de l’union Kankélé qui vient du terme Maninka – un seul mot. Agnès Saa Kama Mansaré, membre de ce groupement de femmes, et également ingénieure agroéconomiste de profession, revient pour Universciences, sur les différents grains qui sont en terre afin de germer, l’impact du covid-19 dans les activités, les difficultés rencontrées, les projets afin d’encourager les gens à l’amour de la terre.

A l’entrée du site de Sagbaya et sur toute son étendue, le visiteur étranger est vite impressionné par des herbes folles qui s’agitent sous le vent, à côté de ces belles semences verdoyantes, qui sortent progressivement de terre.

De multiples produits cultivables

En cette fin de journée du mercredi 8 décembre 2021 ; il y a du monde ici, où chacun y va de son petit boulot de culture. Plusieurs types de produits maraîchers sont cultivés, comme le témoigne, Agnès Saa Kama Mansaré : « nous cultivons de la laitue, les feuilles de patate, la carotte, le choux, le piment, l’aubergine. Il y a aussi d’autres femmes qui font le gombo, les feuilles d’oignon et d’autres choses ».

Une réunion mensuelle

Deux groupements principaux travaillent sur le site, bien que 12 autres opèrent ailleurs. Suite à une organisation interne, les travaux vont bon train, c’est pourquoi une réunion mensuelle est faite pour évaluer l’évolution de chaque groupement, sur les avancées et les reculs, pour bien harmoniser les activités.

« Nous avons 14 groupements. Parmi ceux-ci, nous avons deux qui travaillent ici, le groupement Sinensi des étudiants et le groupement Kankélé des femmes. Et les autres groupements travaillent dans les villages et les quartiers environnants. On a des réunions mensuelles, où on se rencontre deux fois par mois, pour discuter réellement de ce qui va et de ce qui ne va afin de trouver une solution, pour l’épanouissement de notre union », a expliqué Agnès Saa Kama Mansaré, membre de ce groupement de femmes, et également ingénieure agroéconomiste.

Les étudiants font la pratique en fonction du thème choisi

L’union Kankélé et l’Institut agronomique collaborent pour aider à mieux s’imprégner de la façon dont il faut faire de la culture de tout genre. Ils viennent sur le site auprès de cette union pour apprendre, naturellement à chacun, en fonction de son thème.

« Il y a un partenariat qui nous lie avec l’Institut. Chaque année, on reçoit beaucoup d’étudiants en qualité de stagiaires. On leur montre ici, beaucoup de choses, par exemple, l’itinéraire technique, comment il faut produire différents produits agricoles. Comment il faut appliquer de l’engrais avec le dosage. Le choix du site. Comment il faut sélectionner une bonne semence. Et en cas d’attaque, comment il faut traiter les produits. Puisqu’il ya beaucoup de départements qui sont liés à l’agronomie, cela dépend du thème de l’étudiant, parce que chaque étudiant envoie son thème et on travaille en fonction de celui-ci », affirme cette ingénieure agroéconomiste.

La pandémie est venue tout chambouler

Le covid-19 s’est invité dans le bon fonctionnement des activités, cela a été un constat amer pour les différents groupements, qui certes, ont essayé avec d’autres alternatives pour pouvoir continuer les activités. Également, la production et la vente des produits ont été touchées.

« La maladie a beaucoup impacté les activités à Sagbaya ici. Avant on produisait beaucoup de choses et on vendait. Mais quand la pandémie est venue, pour trouver de la semence, les matières premières étaient très difficiles pour nous. Par manque. Et on s’est débrouillé comme cela, pour produire ; par après avoir produit, la vente aussi était tout à fait des problèmes. Nous avons connu des pourritures de nos produits. Il ya de ces produits qu’on transforme avec la pandémie, nous n’avons pas pu le faire et aussi par manque de chambre froide, on pouvait rien. Donc, avec cet état de fait, les pertes sont inestimables », déplore Agnès.

Des projets en perspectives

Les idées de projets pour le domaine agricole de Sagbaya, ne finissement pas ; le hic est comment les concrétiser, sachant que des difficultés existent et persistent. Par manque de moyens et d’aide, il ya encore du chemin à parcourir pour faire des idées, une réalité.

« Évidemment que nous avons des projets pour Faranah. Sur ce site de Sagbaya, il ya tellement de groupe de femmes et d’étudiants, surtout quand nous prenons notre structure, qui compte plus de 500 femmes. Il arrive des fois que tout le monde n’ait pas de place. Nous rêvons produire une grande quantité pour le marché local et ravitailler les autres préfectures. Mais on n’arrive même pas à alimenter le marché de Faranah, cela est dû à la pauvreté ; la remarque que j’ai faite d’ici, est le manque d’eau, les puits tarissent au mois de mars et les grillages de la clôture, sont vétustes », souligne  Agnès Mansaré.

Les manques de moyens freinent l’élan amorcé

Seulement des moyens adéquats peuvent faire fonctionner les activités comme il se doit. Il faut impérativement de l’aide à cet effet, puisqu’en grande partie des femmes qui viennent travailler, sont en manque de moyens pour faire face aux exigences qui pourraient subvenir. Selon Agnès Saa Kama Mansaré, l’ambition anime tout le monde de travailler beaucoup, d’accroître la production, si on a les moyens à notre disposition, on compte produire énormément, transformer pour le marché et les autres préfectures.

 

Amadou Dari Diallo et Mamadou Kindy Bah, de retour de Faranah, pour l’AJSG

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