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Prise en charge des malades dans les structures sanitaires en Guinée, un secteur à soigner

La prise en charge dans les structures sanitaires fait référence à l’organisation et aux services fournis dans les établissements de santé, tels que les hôpitaux, les cliniques et les centres médicaux. Elle vise à assurer des soins de qualité et une prise en charge globale pour les patients. Cependant, en Guinée, le corps médical ne respecte souvent pas les principes du serment d’Hippocrate qui privilégie la santé humaine au détriment du gain et de l’intérêt personnel.

“Pour parler de la prise en charge de façon générale il faut la prise en compte de  huit (8) point essentiels. Ces points vont de l’évaluation du patient, de la planification, des soins, du suivi, du soutien émotionnel de typologie des patients, de l’éducation du patient, de la coordination entre les structures sanitaires jusqu’à la prise en compte des aspects sociaux de la maladie“, explique le Dr Seydou Sidibé médecin généraliste. Cette prise en charge doit se faire dans le strict respect du serment d’Hippocrate qui est une déclaration solennelle que les médecins prononcent en entrant dans leur profession.

Ce serment stipule clairement que le devoir principal des médecins est de traiter les patients avec compassion et dignité, en leur fournissant des soins de qualité, sans distinction de race, de religion ou de statut financier. Cependant, en Guinée, ces principes fondamentaux ne sont pas toujours respectés par tous les professionnels de la santé. Ces attitudes discriminatoires à l’égard des personnes vulnérables sont très récurrentes dans les structures sanitaires. C’est le cas Hadjiratou bah, mère de 3 enfants qui a été renversée par un motard alors qu’elle partait acheter sa marchandise. 

“J’ai été renversée par une moto pendant que je traversais. Je me suis évanouie, mon corps saignait énormément, certains mêmes pensaient que je suis morte entre temps on m’a transporté dans un hôpital. Après avoir reçu les premiers soins, les médecins m’ont orienté vers l’hôpital Donka. Vu l’état dans lequel j’étais avec tout ce saignement, ma famille a décidé de m’amener dans une clinique à Cosa”, a-t-elle témoigné.

Des premiers soins à la prise en charge globale, certains citoyens traversent le calvaire. 

“Arrivée  à  Cosa, les médecins ont plutôt pensé à l’argent au lieu de s’occuper de mes blessures. Quand ils ont demandé 4 300.000 fg pour l’opération de mon pied, ma famille a dit qu’elle n’a pas les moyens pour payer tout ça. Ainsi, les médecins ont dit d’aller dans une autre clinique, il a fallu que mon mari négocie pour qu’il fasse une réduction. j’ai beaucoup souffert parce que les médecins n’ont pas pitié  d’une personne sans moyens financiers“, ajoute Hadjiratou bah, mère de 3 enfants qui a failli laisser sa vie.

Ce témoignage de Hadjiratou Bah comme tant d’autres citoyens en détresse est une parfaite illustration du calvaire des patients dans les structures sanitaires en Guinée. Cette situation précaire met en danger la vie des personnes les plus vulnérables et accentue les inégalités en matière de santé. 

Certes, les structures de santé rencontrent aussi des difficultés organisationnelles notamment la fourniture en médicaments, en consommables et en intrants. Mais, les responsabilités sont très souvent partagées entre les patients et le corps médical à en croire le Dr Seydou Sidibé, médecin généraliste.

Parfois dans certains services le personnel est obligé de mettre les mains à la poche pour mettre le strict minimum à fin de faire tourner le service. Moi personnellement j’ai administré des soins à un patient pour le stabiliser dans une structure sanitaire de la place et après je me suis déplacé pour régler un besoin pour juste deux minutes, a mon retour j’ai trouvé que le patient s’est évadé. Donc, les frais de traitement étaient défalqués dans mon solde chaque fin de semaine de garde”, regrette-t-il.

Quelque fois, des médecins peuvent refuser d’apporter des soins à des patients pour des raisons liées au fait que certains malades ne font pas ce qu’on leur demande ou n’honorent pas leur engagement après les soins. “Chose que je trouve déplorable des deux côtés. Si on s’en tient au serment Hippocrate, on nous demande d’offrir les soins à celui qui n’a pas les moyens de se soigner. Ne pas le faire est répréhensible même du point de vue des pratiques morales. Le médecin à une obligation de moyens, pas une obligation de résultat. Ce que vous procédez en fonction de ça, sauvez la vie d’abord”, ajoute le Dr Seydou Sidibé.

Dans les structures sanitaires publiques ou privées, des cas répétés de demandes de payement d’argent avant les premiers soins même en cas d’urgence sont souvent signalés. Les patients les plus vulnérables, ceux qui ne peuvent pas se permettre de payer, se voient refuser des soins essentiels ou renvoyés ailleurs. La plupart de ces patients gardent les plaies béantes, d’autres ont même perdent leur vie. Le ministère de la santé doit veiller au respects des principes de la profession pour une meilleur qualité de service dans les structures sanitaires du pays.

Hawa Dine Diallo

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Oumar Bagou

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