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Cancer de la prostate en Guinée : « une menace pour les hommes » prévient le Dr Mamadou Bobo Souaré

Docteur Mamadou Bobo Souaré, médecin cancérologue © Mamadou Kindy BAH / AJSG

Le cancer de la prostate est l’une des formes les plus courantes de cancer chez les hommes. Il affecte la glande de la prostate, qui est située juste en dessous de la vessie et entoure l’urètre. Bien que ce cancer puisse toucher les hommes de tout âge, il est plus fréquent chez les hommes âgés de plus de 50 ans. Même étant sous-évalué en Guinée, 700 nouveaux cas du cancer de la prostate dont 400 décès ont été enregistrés dans le pays en 2020 à en croire le Docteur Mamadou Bobo Souaré, médecin au service national de cancérologie de l’hôpital national Donka.

Cette maladie s’attaque aux hommes les plus âgés dont les cellules sont normales et se transforment sous l’effet de certains facteurs pour se développer et former une masse qu’on appelle une tumeur maligne de la prostate. En Guinée, il ya encore trop de dépistage tardif, voire dangereux. Selon le docteur Souaré, le cancer de la prostate représente le quatrième cancer en termes d’incidence dans le pays. « Les malades du cancer de la prostate sont vus le plus souvent à un stade très avancé », regrette –t-il.

Des signes souvent fréquents

La Guinée à l’instar des autres pays du monde est fortement touchée par cette maladie de la prostate. Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), dans le monde, le cancer de la prostate est le 2ème cancer le plus répandu chez l’homme, derrière le cancer du poumon et les symptômes sont très souvent multiples. « Les signes les plus fréquents c’est la douleur lors de la miction et il y a également la présence du sang dans les urines ou dans les spermes, mais aussi la douleur au bas du dos surtout chez les personnes plus âgées », explique le Dr Mamadou Bobo Souaré. 

Des causes pas évidentes 

Même si le cancer de la prostate ne présente pas de causes évidentes, il y a pour la plupart des cas des facteurs de risques précise le Dr Souaré, médecin au service national de cancérologie de l’hôpital national Donka, « les facteurs de risques vont de l’âge avancé à l’antécédent familial, la prise du poids, à l’obésité et la consommation d’aliments gras, de l’alcool, de viande rouge mais également d’autres facteurs pouvant faciliter la survenue du cancer de la prostate ».

Prévenir et traiter le cancer de la prostate 

Prévenir le cancer de la prostate oui, guérir aussi oui également. La prévention du cancer de la prostate passe par l’examen clinique régulier à partir de 50 ans par des spécialistes. « A partir de 50 ans, il faut aller se faire consulter régulièrement par un spécialiste (un cancérologue, ou un urologue) pour  apprécier la taille et  la morphologie de la prostate d’une part, et d’autre part, réaliser une prise de sang avec dosage du PSA (Antigène spécifique de prostate), mais aussi faire des activités physiques régulières, consommer des fruits et légumes et surtout éviter de consommer l’alcool et le tabac, boire suffisamment de l’eau sont entre autres des moyens pour prévenir ce cancer », conseille-t-il.

Cependant, le traitement du cancer de la prostate dépend du stade auquel la maladie est détectée. « Si la maladie est détectée à un stade précoce, une chirurgie est possible pour enlever carrément la prostate, ensuite d’autres traitements vont suivre. Mais si la maladie est avancée par ce qu’il faut savoir que les cellules peuvent passer à travers les vaisseaux sanguins pour atteindre d’autres organes, comme la vessie, les os, les poumons et même le cerveau. Cela peut conduire au décès du patient », regrette le Dr Souaré.

Par ailleurs il est important de préciser que le traitement du cancer de la prostate est coûteux et difficilement accessible aux familles pauvres surtout dans les zones rurales.

Hawa Dine Diallo 

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