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Pr Abdoulaye Touré : les chiffres du Covid-19 ont sous-évalué la réalité du terrain (résultats d’étude)

Beaucoup prédisaient une catastrophe avec l’arrivée du Covid-19 en Afrique, mais le nombre de malades et de décès est resté très limité sur le continent par rapport à ce qui a été enregistré en Europe ou en Amérique du Nord. 

Une situation qui a attiré l’attention des spécialistes des questions de santé. Les interrogations ont tout de suite commencé à naitre :  Pourquoi le continent n’a pas vécu l’apocalypse, sachant que la plupart des pays d’Afrique ont des systèmes de santé assez faibles ? Comment l’Afrique a pu s’en sortir en enregistrant un si faible tôt de décès (un peu plus de 175 000 morts) par rapport aux autres continents ? Et mieux, l’Organisation Mondiale de la Santé avait prédit le pire avant les premiers cas de Covid-19 en Afrique.

Ce qui amène un groupe de chercheurs africains et européens à se pencher sur la question et à mener une étude scientifique, dont les conclusions nous édifient davantage sur les réalités du coronavirus en Afrique. 

Une chose est certaine selon les résultats de l’étude scientifique, « les chiffres qui ont été glanés sur les contaminations, le dépistage massif et les décès enregistrés auront été loin de la réalité ».

L’Afrique subsaharienne par exemple a officiellement eu peu de victimes de Covid-19 (plus de 22 000 morts) selon les chiffres officiels publiés par l’Organisation Mondiale de la Santé, en janvier 2023. Le taux de positivité qui mesure le rapport entre le nombre de cas positif et le nombre de tests est cependant très élevé, laissant penser qu’il pourrait y avoir un nombre de personnes touchées par l’épidémie beaucoup plus important que ce qu’annoncent les chiffres officiels. 

Toujours selon les résultats de l’étude menée par ce groupe de scientifique, « les chiffres concernant le Coronavirus en Afrique ne reflètent pas la réalité ».

Par rapport à l’Europe, les analyses montrent que la plus faible proportion de personnes âgées en Afrique permet d’expliquer le faible tôt de décès sur le continent. Néanmoins, les chiffres de COVID-19 sont effectivement largement sous-estimés en Afrique peut-on lire dans les conclusions de l’étude publiée dans The Lancet.

Qu’est-ce les chercheurs veulent-ils nous faire comprendre en clair ?

La question a été posée au Pr Abdoulaye Touré, chercheur guinéen qui a conduit des études de séroprévalence en Guinée, directeur du centre de recherche et formation en infectiologie de Guinée. 

Selon lui, plusieurs facteurs expliquent ce fait. « Le premier est la capacité d’infrastructures des pays africains. Le fait de constater que 80% des cas sont asymptomatiques, au niveau des systèmes de santé, il faut qu’ils soient hyper forts pour qu’ils puissent détecter le maximum de cas ; sinon il sera difficile d’en savoir réellement. Le deuxième, c’est la nature même de cette maladie. C’est-à-dire c’est au cours d’un dépistage, qu’on peut se rendre compte qu’ils ont de la covid-19. Nous en venons à la conclusion que plusieurs personnes ont contracté le virus et n’ont jamais fait de test et donc jamais enregistré comme personnes positives, » a expliqué le Pr Abdoulaye Touré, Directeur du Centre de Recherche et de Formation en Infectiologie de Guinée (CERFIG), au micro de universciences. 

L’Afrique est la partie du monde qui a été la moins touchée par le coronavirus. Ce continent de 53 pays et de plus de 1,2 milliard d’habitants a mieux résisté et combattu la pandémie qu’ailleurs. Mais cette étude montre que si tous les cas de covid-19 avaient été détecté et déclaré, les chiffres allaient être beaucoup plus importants que ce que nous avons connus.

« On pensait que le covid-19 allait ravager les pays africains, mais la catastrophe n’a pas eu lieu jusqu’à présent. Le continent a su vite s’organiser. Parce que, sur le plan scientifique, beaucoup de pays africains luttent déjà contre d’autres pandémies, comme Ebola, la tuberculose ou le VIH. Les Etats ont été très réactifs et se sont appuyés sur la coopération régionale, » souligne le Pr Touré.

Deux-tiers des africains ont contracté le virus

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 65% des africains ont été infectés par le virus. L’étude révèle que le nombre réel de personnes infectées sur le continent est de 97 fois plus élevé que les cas confirmés signalés.

Amadou Dari Diallo, Alpha Oumar Bagou BARRY

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