Les aides-soignants face au coronavirus en Guinée !

En Guinée, depuis le début de l’épidémie de coronavirus, les soignants des unités covid-19, sont en première ligne pour endiguer la pandémie tout en continuant. Ils mettent leurs vies entre parenthèses, se démènent, affrontent des journées difficiles, voire se mettent en danger aux risques et périls. Pour preuve : 602 aides-soignants ont contracté le virus à travers le pays, dont 4 décès.

Si pour les sages-femmes accueillir la vie est belle, pour les soignants sauver la vie est meilleur. C’est pourquoi, ces hommes et ces femmes de blouse blanche, montent au front chaque jour, pour lutter contre le coronavirus, afin d’aider à garder la vie des gens qui ont eu la malchance de contracter ce virus qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

Nos priorités : gérer et protéger les patients

Certains de ces hommes et femmes, qui travaillent dans les différents centres de traitement épidémiologiste, nous ont livré leur témoignage, sur ce qu’ils vivent et leur regard sur la situation actuelle« Au service, on gère bien, on est solidaire, même si parfois il ya des tensions, mais c’est parce qu’on est tous un peu à cran. Notre priorité est de gérer nos patients, de les protéger, d’être là pour eux, » souligne Oumou Cissé, aide-soignante au centre de traitement épidémiologique de Nongo.

 « La plupart des patients, dans mon service (des personnes âgées, désorientées,) n’ont pas conscience de ce qu’il se passe. Il faut savoir qu’il ya le covid-19, mais il ya toujours les autres maladies, qui pendant ce temps, ne s’arrêtent pas, » ajoute-t-elle.

 Angoisse du travail

Au centre de traitement épidémiologique de Nongo. du camp Alpha Yaya Diallo, les aides-soignants redoublent d’efforts, dans le combat contre le coronavirus, aux côtés des autres personnels hospitaliers. Bien souvent en contact physique direct avec les patients, ils sont d’autant plus exposés aux risques de contamination

« J’ai vraiment peur. Au contact direct des patients chaque jour, je m’inquiète des risques de contamination. Il ya un stress, une angoisse. On a de la famille que l’on risque de contaminer. On est obligés de prendre des précautions avec eux, pour les protéger. Il ya aussi un lourd poids psychologique : on ramène notre angoisse du travail à la maison et ça impacte nos proches, »explique Mamadou Oury Barry, aide-soignant au CTE du camp Alpha Yaya Diallo.

 Du matériel de travail en manque

Après des mois de crise sanitaire intense et de promesses réitérées du gouvernement, ces soignants attendent maintenant des actes : plus de moyens de travail et des hausses de salaire. « Le matériel de travail manque beaucoup avec ces risques auxquels, on est exposé. Néanmoins, on tient le cap pour faire au mieux notre devoir envers nos concitoyens. On a besoin de moyens pour travailler correctement, de personnels complétifs, de l’argent notamment pour combattre cette pandémie. Avec cette crise, les moyens que nous avons, ont mis au jour de plus, les failles de notre système sanitaire, » sollicite Issiagha Soumah, médecin urgentiste au centre de traitement épidémiologiste pastoriat de Kindia.

Celles et ceux qui sont au front tous les jours pour lutter contre le covid-19 risquent de subir un contrecoup psychologique, lorsque le virus aura été maitrisé. Parce que le personnel soignant est à bout du rouleau. Alors forcément, la fatigue surviendra après le marathon.

                                   

 Amadou Dari DIALLO

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *