Labé : le covid-19 a aussi bouleversé la vie des prisonniers

Depuis le début de la pandémie de coronavirus – 20 mars 2020 – dans la préfecture de Labé (450 km de Conakry),72 prisonniers ont contracté le virus. Il ya une ampleur de la maladie derrière les murs de la prison centrale. Afin de mieux comprendre la véritable propagation du virus dans ce milieu carcéral, le Docteur N’Famara Bangoura, coordonnateur du centre de traitement épidémiologique de Labé, passe en revue l’impact du covid-19 dans cette maison centrale et les solutions envisagées pour freiner la propagation du virus.

En plus de la solitude à outrance qui règne au fond des cellules, le souci lié au coronavirus vient s’ajouter pour les prisonniers de la maison d’arrêt de Labé.

Le respect des mesures barrières est souvent impossible dans les prisons

Si l’impact du covid-19 est encore sévère à l’extérieur de la prison, ils sont particulièrement touchés par la pandémie. C’est encore plus vrai dans des endroits comme les prisons, où la distanciation physique s’avère souvent impossible ; alors que la sur-incarcération, et les mauvaises conditions de détention sont une réalité.

« En milieu carcéral, c’est difficile de parler du problème d’hygiène. Ils sont dans une même cellule, plus de 50 personnes. Avec cette attitude le lavage des mains, la distanciation physique et le port du masque est encore difficile à respecter, » avoue Docteur N’Famara Bangoura, coordonnateur du centre de traitement épidémiologique de Labé.

La prison constitue un lieu à risque de transmission des maladies infectieuses

C’est un secret de polichinelle, la prison constitue un environnement à très haut risque pour la transmission des maladies infectieuses. Cela est lié avant tout aux particularités des personnes emprisonnées qui pourrait expliquer la précarité sociale, et du portage d’infections avant la condamnation. Mais aussi, cette surpopulation entraînant promiscuité et difficultés d’hygiène. C’est pour cela, des statistiques font montre de la circulation du virus dans les milieux carcéraux.

«Tout dernièrement, il ya eu 43 positifs ; plus 29, c’est ce qui fait 72 déclarés positifs au covid-19. Il ya eu des réinfections parmi les 29, des cas ont été transférés à Conakry, quand ils sont revenus, alors ils ont encore rattrapé la maladie. Ils vivent ensemble avec une promiscuité qui est là, » explique le coordonnateur du CTEPI de Labé.

Quant à la prise en charge de ces prisonniers en ce moment de covid-19, semble être une priorité pour le CTEPI, selon Docteur Bangoura, « il ya un médecin de district qui est affecté au niveau des maisons carcérales, en plus d’une infirmière qui gère les cas. »

Selon docteur N’Famara Bangoura, la solution envisagée pour enrayer la propagation du virus  dans les prisons est : « il faut continuer à dépister toutes les cellules, d’ailleurs, même ce matin, l’équipe de dépistage continue le boulot. »

La propagation du covid-19 menace encore davantage la santé en milieu carcéral

La propagation du covid-19 dans les prisons et les autres lieux de détention a brutalement mis en évidence les menaces systémiques pour la santé en milieu carcéral, notamment la surpopulation  de ces milieux clos et les mauvaises conditions sanitaires, ainsi que le manque d’investissement et la négligence qui frappent les services de santé dans les prisons.

 

Propos recueillis par Aliou Diallo

Décryptage : Amadou Dari Diallo

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