Covid-19 à Labé : ce qu’il faut retenir de cet épisode triste non terminé…

Avec plus de 640 personnes infectées par le coronavirus – de juillet 2020 à avril 2021, cela montre à suffisance que le virus a activement circulé dans la région de Labé (450 km de Conakry). Dr Abdoulaye Tounkourouma Baldé, chef section prévention et lutte contre les maladies à la Direction Régionale de la Santé de Labé, revient pour Universciences, sur la situation et la gestion de la maladie, avec des mesures plus ou moins d’efficacité.

Lorsqu’en juillet 2020, le coronavirus est apparu dans la commune urbaine de Labé, rapidement, le directeur préfectoral de la santé, a instruit pour que soit décentralisé le dépistage du covid-19 à l’échelle de toute la région.

C’est pour cela, dès la réception des TDR, des agents ont été formés et ensuite repartis dans toutes les préfectures pour dépister les différentes populations qui sont le plus souvent en perpétuel déplacement.

« A l’avènement du covid-19, dès le départ, nous avons cherché à décentraliser. Parce que vous savez au Fouta, les gens voyagent beaucoup, à Lelouma par exemple, ce sont des gens qui sont permanemment en Europe ; et à Koubia, ce sont des gens qui sont dans les pays limitrophes, à Labé, nous avons des commerçants qui voyagent en Inde, un peu partout dans le monde entier. Donc, nous nous sommes dit que comme il y a des voyageurs, il ne faut se contenter de Labé, seulement. Le directeur régional de la santé a insisté pour qu’on fasse la décentralisation du  dépistage du covid-19. Immédiatement, en juillet, dès qu’on a reçu les TDR, après les préalables formations des agents, au niveau de chaque préfecture, ils sont rentrés avec les intrants pour commencer à faire le dépistage, » raconte Dr Abdoulaye Tounkourouma Baldé, chef section prévention et lutte contre les maladies à la Direction Régionale de la Santé de Labé.

Deux grandes priorités : former des agents et décentraliser le dépistage

Si toutes fois, la formation des agents de riposte contre la pandémie et la décentralisation du dépistage du virus et de la prise en charge ont été les premières priorités des autorités sanitaires de Labé, pour Dr Baldé, ces actions ont davantage contribué à résister contre la pandémie de coronavirus, surtout dans le cadre du dépistage et de la prise en charge : « De juillet 2020, au 30 avril 2021, 8031 personnes ont été dépistées , parmi eux, nous avons eu 643 positifs, par rapport au cas positifs, nous avons eu des hospitalisés, nous avons eu des guéris, et à la date d’aujourd’hui, je puis vous dire avec la décentralisation de la prise en charge, il ya 66 malades suivis dans la région. »

Et d’ajouter, « Cela se présente comme suit : Le CTEPI de Labé a dépisté 439 cas positifs au coronavirus. La préfecture de Mali a eu 108 cas, Koubia 33 cas, Lelouma 30 cas pris en charge, Tougué 33 cas positifs soit un total de 643 cas positifs dans la région de Labé. »

Chopper le virus, les hommes en première ligne

Certes, le coronavirus a beaucoup touché les hommes avec un taux 64%  par rapport aux femmes qui avoisinent les 36%. Depuis le début de l’épidémie, les chiffres vont en ce sens  à travers le pays, d’autant ils sont âgés, sont aussi susceptibles de tomber gravement malades s’ils sont atteints, voire mourir le plus vite. Et la tranche d’âge, la plus touchée, le Dr Abdoulaye Tounkourouma Baldé, dira ceci : « ce sont les 25 ans à plus. Par contre les moins de 24 ans sont les moins touchés. »

Le non-respect des gestes barrières a joué en faveur du virus

La propagation du virus a été beaucoup plus occasionné par la communauté de la région qui ne respectent plus les gestes barrières et les directives édictées pour se protéger de cette maladie. « Cette situation s’explique par le non-respect des mesures barrières, par le manque de confiance. Il y a certains qui disent que ce n’est pas une réalité, à cause de ce refus de la communauté à respecter les directives, c’est ce qui a fait qu’on a des cas dans toutes les préfectures. Lors des décès, les gens continuent à se serrer les mains, on continue à sensibiliser, les médias en font autant, mais ce n’est pas facile avec la communauté, » pointe Dr Tounkourouma.

A Labé, la grande majorité s’en fou des directives édictées

Malgré cette situation de crise sanitaire qui continue sa trajectoire, les populations de Labé ont peu à peu oublié les mesures barrières face au coronavirus, et s’exposent parfois à des incivilités qui sont un défi pour la société. Et de même, les manquements aux règles du comportement qui vont nous aider à en finir avec cette pandémie, sont omniprésents dans nos vies quotidiennes.

         

  Propos recueillis par : Aliou Diallo

  Décryptage : Amadou Dari Diallo

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