La région administrative de Boké paie les frais du coronavirus

Située dans le nord-ouest de la Guinée, la région administrative de Boké – l’une des 8 que compte le pays – n’échappe pas au virus qui malmène la vie, les activités minières, économiques et sociales. Des cas de contamination et de décès au Covid-19, ont été notifiés : 600 cas confirmés dont 18 décès recensés par la coordination régionale de la santé. Avec la volonté de contenir la propagation du virus, les autorités régionales ont mis en place un plan de riposte.

Trois préfectures sur cinq de la région sont frappées de plein fouet par le coronavirus. Cette région étant une zone minière par excellence, qui attire du monde chaque année, la pandémie de covid-19 devient la cause de ralentissement de ce mouvement d’hommes et de femmes qui faisaient les affaires de tout genre. A titre illustratif, la situation épidémiologique de la région laisse voir un bilan inquiétant.

« Nous avons enregistré dans la région de Boké, 402 cas positifs au covid-19 ;  la préfecture de Fria 92 cas, et la préfecture de Boffa 86 cas de contamination.  Et depuis, nous avons donc transféré tous les malades dans les différents centres de traitement épidémiologique de Boké pour leurs prises en charge. Malheureusement il y a eu 18 personnes  morts suite au virus, » explique Dr Yamoussa Youla, directeur général de l’hôpital Régional.

La prise en charge est respectée

Sur les trois districts sanitaires qui ont notifié des cas de contamination au coronavirus, deux disposent seulement de centres de traitement épidémiologique. Il s’agit de Fria et la préfecture de Boké qui reste pour  l’instant l’épicentre de la propagation de la pathologie virale avec six de ses sous-préfectures affectées par la pandémie. La prise en charge des cas confirmés admis au sein des centres de traitement est respectée, déclare l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire.

« Dans notre CTE, nous avons hospitalisés près de 300 malades du coronavirus sans complications. Et lorsqu’ils arrivent, nous les traitons avec de l’hydroxy chloroquine associé avec l’azithromycine. Avec ces médicaments, nous avons pu obtenir 290 sortis guéris.  Mais comme notre centre de traitement préfectoral ne dispose pas de service de réanimation, nous referons tous les cas compliqués au CTPI de Bonka.  En ce moment, nous déplorons  les cas de réinfection des guéris du covid-19 qui nous inquiètent, » déplore Dr Etienne Leno, coordinateur médical de prise en charge des patients covid-19 de la préfecture de Boké.

Un dispositif de surveillance installée

En plus du dispositif de prise en charge mis en place, une surveillance renforcée des points d’entrée de la région administrative est activée.  Des cordons sanitaires  sont installés à la rentrée de chaque préfecture de la région ainsi qu’au niveau des  districts frontaliers aux pays voisins. Le dispositif de surveillance vise à détecter tout éventuel cas suspect de la pathologie virale afin de briser la chaîne de la contamination de la pandémie.

« Au niveau de ces cordons, il ya une équipe composée d’agents de santé, de la protection civile, et de la gendarmerie. Ils veillent  au respect du lavage des mains et le port de masque de tous les passagers qui entrent dans la région. Il y a aussi un registre où on inscrit la température de tout le monde. Et dès que nous avons une température très élevée, on essaye d’immobiliser la personne et on l’envoie vers l’hôpital pour faire son test rapide. S’il est négatif, on le libère et s’il est positif, on le transfère au CTPI pour son traitement, » ajoute Dr Yamoussa Youla.

La majorité des citoyens refusent de respecter les gestes barrières

Malgré la situation épidémiologique de la région de Boké qui démontre que le virus gagne toujours du terrain, les gestes barrières  ne sont pas observés par la majorité des citoyens.  Le relâchement de ces mesures de protection individuelle ne reste pas sans conséquence sur l’augmentation du taux de propagation du virus dans le pays.

 

Hadiatou BARRY de retour de Boké pour AJSG

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