Coronavirus en Guinée : la double peine pour les personnes en situation de handicap

Avec l’avènement de la pandémie et son lot de mesures barrières, les personnes handicapées se sont vues précariser davantage, ceux qui vivent dans la rue et les bidonvilles, où ils courent déjà le risque de contracter le covid-19.

Assis dans son tricycle au rond-point de Coyah, Mamadouba tend la main et demande aux passants quoi manger. La « cité des handicapées’’, ce coin où se retrouvaient bien avant l’avènement du coronavirus, de centaines de mendiants, est presque désert, seul lui, ose s’installer là pour mendier. Et les autres amis ? La plupart d’entre eux sont restés chez eux de peur de contracter le virus.

On a peur du virus

« On a peur de ce virus bien sûr mais on ne peut pas rester toujours à la maison où il n’y a rien à manger. Les enfants, les femmes ne comptent sur nous. Vraiment, cette maladie est venue augmenter nos problèmes à tous les niveaux. Actuellement, je ne gagne pas plus de 5000 GNF par jour, » confie Mamadouba.

Au pont 8 Novembre de Conakry, l’inquiétude grandit de plus en plus depuis l’apparition de cas issus de la contamination locale. Plusieurs mendiants qui y vivent ont attrapé le virus.

« Par malheur, nous avons eu des cas confirmés. Les autorités ont ordonné de venir ramasser tout le monde, pour se faire dépister. Et beaucoup de gens qui y vivent après leur sortie d’hôpital, ont préféré aller vivre en famille en attendant que le virus ne quitte le pays. Longtemps, des familles ont cohabité ici, mais le coronavirus nous a séparé. Actuellement, je gagne difficilement à manger, parce que les gens galèrent aussi,» raconte Kady.

La précarité au quotidien

De leur coté, la vingtaine de mendiants qui vivent juste en face de l’hôpital sino-guinéen sont confrontés à d’énormes difficultés, la précarité continue son coup au quotidien. « Ce sont quelques-uns qui viennent nous offrir parfois 30.000 jusqu’à 50.000 GNF. Mais on est nombreux à partager ce montant ; c’est un véritable problème. Je demande à ce que l’Etat nous vienne en aide en cette période de crise sanitaire. Nous avons tous des enfants à nourrir, à vêtir et qui doivent étudier, » Indique Oury Diouma.

Le coronavirus augmente la pauvreté dans le pays

Sans doute, la pandémie de covid-19 fait progresser l’extrême pauvreté en Guinée. C’est pourquoi la mendicité reflète une des stratégies alternatives mises en œuvre par ces hommes et femmes pour survivre et faire vivre leur famille.

       

 Amadou Dari DIALLO

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