« La pression humaine est forte sur l’environnement », s’insurge Sory CAMARA.

En marge de la journée mondiale de l’environnement, célébrée sous le thème  »biodiversité », universciences.com a tendu son micro à Sory CAMARA, expert en analyse et évaluation de projet et du développement durable, président de la Fédération des Gestionnaires Des Déchets de Guinée (FEGEDEG) et également président du Cadre de Concertation Africaine sur les questions de l’assainissement de l’environnement (CACAGED-AFRICA). Il a répondu à quelques questions liées à la problématique de l’environnement.

Universciences : quelle analyse faites-vous de la situation environnementale à travers le monde ?

Sory CAMARA : avec l’industrialisation du monde et la croissance combinée à la forte production, les activités humaines produisent assez d’ordures. Ces déchets entraînement beaucoup d’externalités négatives. Bref, la pression humaine est énorme sur l’environnement.

Universciences : en ce 5 juin, c’est la journée mondiale de l’environnement, dans quel contexte, cette journée est célébrée dans les différents pays du monde ?

 Sory CAMARA : la célébration de la journée mondiale de l’environnement pour cette année est très particulière. Il faut retenir que les conséquences de la Covid-19, bien que, il y a eu qu’à même des résultats positifs pour notre environnement qui a eu droit à un repos dû à la réduction des gaz à effet de serre et bien d’autres nuisances sur l’environnement.

Universciences : le thème retenu cette année, c’est la « biodiversité », c’est quoi exactement la biodiversité ?

Sory CAMARA : la biodiversité est l’ensemble de toutes les formes de vie sur terre, cela concerne à la fois les animaux, les humains.

Universciences : en quoi ce thème vous inspire-t-il ?

Sory CAMARA : ce thème est très important parce que nous vivons sur une même terre, dans un même environnement. Ceci étant, nous avons l’obligation de protéger cet environnement, de le gérer durablement afin de le garder durable et décent pour nos futures générations. Il est aussi nécessaire de souligner de changer nos comportements et lutter contre les changements climatiques et ses conséquences.

Universciences : selon vous, la réduction de l’émission des gaz à effet de serre peuvent- elle entraîner le monde vers une transition écologique ?

Sory CAMARA : nous sommes en train de traverser une période de transition, ça peut être bien écologique qu’économique.

Universciences : que représente la production des déchets plastiques sur la dégradation de l’environnement ?

Sory CAMARA : le problème des déchets plastiques est lié à la responsabilité élargie aux producteurs. Aujourd’hui, 80% des déchets marins sont des plastiques. En Guinée, plus de 270 tonnes de plastiques sont potentiellement produits chaque jour. Mais la production de ces plastiques devrait obéir à une certaine norme pour qu’après utilisation, qu’ils soient recyclables, revalorisables ou éliminables ; mais il est regrettable de constater que tel n’est pas le cas dans le monde aujourd’hui et notamment en Guinée.

 Universciences : et quelles sont alors les conséquences de ces plastiques dans le milieu marin ?

Sory CAMARA : ces plastiques ont d’énormes conséquences, notamment sur l’environnement, l’élevage, la pêche, la santé humaine et notre écosystème…. Mais elles pèsent beaucoup sur la santé et l’environnement marin ou hors marin. Selon une étude de l’Union Européenne, plus de 300 millions de tonnes de plastiques se retrouvent dans le milieu marin à travers le monde.

Universciences : quel avenir ferons-nous face, devant cette réalité d’un monde plein de plastiques ?

Sory CAMARA : un mauvais avenir si rien n’est fait. Ces plastiques menacent la vie des espaces asiatiques, leur extinction, notre santé et survie en dépendent.

Universciences : quelle est la problématique de gestion des déchets en Guinée ?

Sory CAMARA : aujourd’hui, la Guinée s’est dotée d’une nouvelle stratégie de professionnalisation de la gestion des déchets solides. Les PME s’occupent du premier maillon, Albayrak s’occupe du transfert, Picini se concentre sur la gestion de la décharge. Pour le moment, la ville de Conakry commence à être propre.

 

 Propos recueillis par Aliou DIALLO.

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