Kindia | Seydouba Sylla : « la section des eaux et forêts de Kindia travaille pour préserver l’écosystème… »

Cette année, les conservateurs de la nature ont reboisé 100 hectares. Dans la cité des agrumes, les hommes de la nature redoublent d’effort pour faire comprendre aux populations, l’origine des feux de brousse et surtout comment combattre la déforestation. Pour comprendre les activités menées et les stratégies misent en place pour protéger l’environnement local, le commandant d’unité des conservateurs de la nature Seydouba Sylla, chef section préfectoral des eaux et forêts de Kindia, répond à Universciences.

Universciences : Qu’est-ce que vous faites pour la protection de l’environnement à Kindia ?

Seydouba Sylla : Notre mission régalienne est de protéger les forêts, notre éco-système en général. A Kindia nous avons 12 forêts classées par l’Etat et 16 forêts communautaires, et à ce titre les conservateurs sont repartis pour la surveillance de ces forêts pour qu’elles ne se dégradent pas davantage. En dehors de la protection, nous procédons à la restauration des zones dénudées ou dégradées à travers les actions de reboisement qu’on fait chaque année en appuyant non seulement les communautés mais aussi par nos actions propres dans ces forêts classées.

Universciences : Cette année vous avez procédé à un reboisement ? 

SS : Nous avons reboisé plutôt en superficie, nous, la section des eaux et forêts y compris nos cantonnements dans les sous-préfectures, nous avons reboisé 15 hectares. Mais la préfecture de Kindia, les statistiques de reboisement qui nous ont parvenu, il y a plus de 100 hectares qui sont reboisés, parce que comme vous le savez, Kindia abrite plusieurs barrages hydro électriques, donc les berges et les têtes de source de ces barrages ont été ciblées cette année. Notamment le fleuve Konkouré qui abrite les barrage Kaléta, Garafiri et Souapiti. Ce fleuve a été ciblé par le ministère des eaux et forêts. Les berges à Bangouya et les têtes de ce même fleuve ont été reboisées à plus de 10 hectares.

Universciences : il y a beaucoup de personnes qui s’adonnent à la culture sur brûlis quelles sont ces conséquences ?

SS : C’est une déforestation à grande échelle. Les cultivateurs travaillent la terre de façon rudimentaire donc il faut les moyens pour améliorer leurs conditions de vie, en aménageant les terres, en les apportant les engrais ou bien en apprenant le compostage pour produire à petite échelle mais donner de grand rendement.

Universciences : que faites-vous pour limiter ces pratiques qui ont d’énormes conséquences sur l’environnement ?

SS : La première stratégie que nous appliquons d’abord c’est la sensibilisation, à travers les médias, ensuite les séances de sensibilisation de proximité à travers nos agents qui sont détachés pour encadrer, informer et sensibiliser les communautés surtout rurales. En ce qui concerne la culture sur brûlis, c’est une pratique ancestrale qui est très difficile d’y remédier parce que pour le moment il n’y a pas de solution de rechange. La culture sur brûlis c’est une forme de déforestation à grande échelle, si on disait aux populations de cesser la culture sur brûlis les bas-fonds sont aménagés, je pense que ça va créer un autre problème par rapport à la subsistance des populations, donc ce qui fait aujourd’hui que ce problème persiste. Nous, nous les conseillons, par exemple s’ils doivent cultiver, défricher au bord des cours d’eaux ou des têtes de source de laisser des marges entre de 100 à 200 mètres environ, des bandes de protection entre les berges d’un cours d’eau et les têtes de source.

Universciences : ce sont les mesures que vous avez envisagées pour y remédier, est-ce qu’elles sont respectées ?

SS : bien sûr, l’effet à Kindia est positif. Nous avons les statistiques par rapport aux feux de brousse. Cette année Kindia a enregistré moins de feux de brousse, parce que nos agents sont là quand les gens veulent brûler leurs champs, ils les assistent, ils disent de mettre les bandes de feux variant de 5 à 10 mètres entre la bande coupée et la forêt du reste de la brousse pour ne pas que le feu déborde, se fait assister par plusieurs jeunes ou villageois et ne pas faire isolement sinon le feu va déborder et l’intéressé ne pourra pas maîtriser. Il y a beaucoup de dispositions qui sont prisent dans ce sens.

Universciences : quelles sont les techniques où les stratégies que vous utilisez pour amener les citoyens à comprendre les dangers de la culture sur brûlis ?

SS : A Kindia aujourd’hui, la population à travers nos mesures de sensibilisation tant théorique et pratique, les cultivateurs ou les agriculteurs ont compris, s’ils laissent le feu passer brûler le reste de la brousse, ça veut dire l’année qui suivra, ils ne pourront plus travailler. La jachère est gâtée, c’est pourquoi, les conservateurs de la nature sont déployés, ils les assistent. C’est-à-dire quand tu coupes, tu veux déborder, ils viennent ils te stoppent. Ils t’informent aussi le moment venu avant de mettre le feu sur la partie que tu as défriché, il faut les informer pour qu’eux mêmes ils viennent assister pour apprendre à la population la technique de mise des feux, selon la direction du vent pour ne pas que ça soit difficile à maîtriser.

 

Propos recueillis par notre envoyée spéciale à Kindia, Maimouna Bangoura

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