Fibrose pulmonaire : une maladie qui altère le fonctionnement du poumon

Toux sèche persistante, essoufflement et fatigue peuvent être le signe d’une fibrose pulmonaire. Comment diagnostiquer cette maladie et la prendre en charge ? Alors que la fibrose pulmonaire est une atteinte irréversible du tissu interstitiel du poumon qui entraîne des difficultés à respirer.

La fibrose pulmonaire est une maladie très rare, moins d’une personne sur 2000 en Guinée. « Il s’agit d’une modification de la structure du poumon qui devient un tissu fibreux et ne remplit plus sa fonction essentielle qui est d’assurer les échanges gazeux », explique le Docteur Idiatou Camara, pneumologue au CHU d’ Ignace Deen. On ne retrouve toujours pas de cause précise expliquant la maladie.

Quels sont les symptômes ?

Comme l’explique la spécialiste, la grande difficulté du diagnostic de la fibrose pulmonaire est que ses symptômes sont non spécifiques. Cela signifie qu’ils peuvent être le signe de la maladie, mais aussi d’une multitude d’autres pathologies. « Parmi les symptômes les plus fréquents on relève toutefois une toux sèche et persistante, un essoufflement, de la fatigue et parfois une déformation des ongles », détaille le Docteur Camara.

Les causes et les facteurs de risque

« La fibrose pulmonaire est plutôt une pathologie du sujet d’âge mûr qui atteint les deux sexes, même si on observe plus de cas chez les hommes », affirme le médecin. Le tabagisme est un facteur favorisant mais il arrive qu’on n’en trouve aucune. « L’interrogatoire minutieux mené par le médecin est alors fondamental, insiste le Docteur Camara. Il doit notamment porter sur l’environnement de travail du patient, afin de déterminer s’il n’a pas été au contact de substances chimiques ou exposé à certaines particules. Identifier une cause professionnelle est évidemment très important pour le patient car cela peut donner lieu au versement d’indemnités.» Le médecin s’intéressera également aux antécédents médicaux et familiaux du patient par exemple s’il a souffert d’infections pulmonaires sévères par le passé.

Fibrose pulmonaire ou Covid-19

Le Docteur Idiatou Camara précise que même si l’on manque pour l’instant de recul, certains patients ayant eu des formes sévères de Covid-19 ont développé une fibrose pulmonaire dans les mois qui ont suivi.

Comment établir le diagnostic ?

Le diagnostic de la fibrose pulmonaire va être établi en plusieurs étapes. « A l’auscultation, on va entendre des crépitants typiques de la maladie, mais cela ne suffit pas à poser le diagnostic », conseille le médecin. Si la toux dure plus de trois mois, il faut alors faire un scanner thoracique auprès d’un radiologue spécialisé, l’interprétation des images demande en effet une expertise particulière. L’examen va montrer un aspect très caractéristique avec la présence de structures modifiées en forme de nid d’abeilles, typiques de la fibrose pulmonaire, au niveau des deux poumons. D’autres examens peuvent être demandés par le médecin, comme une fibroscopie bronchique avec lavage broncho-alvéolaire.

Le médecin va ensuite rechercher dans l’organisme du patient des signes de du retentissement de la maladie au niveau de la fonction pulmonaire, du cœur et du système digestif. Il pourra alors prescrire une analyse des gaz du sang, une exploration fonctionnelle respiratoire, une échographie cardiaque  et une fibroscopie gastrique.

L’importance d’orienter le patient vers un centre de référence

La fibrose pulmonaire est une maladie rare qui demande une prise en charge particulière et adaptée. Devant un scanner évocateur de la maladie, le médecin généraliste ou le pneumologue, s’il n’est pas spécialiste de cette pathologie, devra alors orienter son patient vers un centre de référence.

Traitements : une maladie qu’on ne guérit pas

Il n’existe pas de remède à la fibrose pulmonaire, il s’agit d’une maladie dont on ne guérit pas. « Le patient va recevoir un traitement médicamenteux destiné à ralentir la progression de la maladie mais son évolution est fatale. Dans certains cas très avancés, la greffe peut être envisagée », préconise le Docteur Camara. La rapidité d’évolution de la maladie varie d’un patient à l’autre mais la guérison est impossible.

Cela ne signifie pas pour autant que le patient ne puisse plus travailler ou mener une activité physique, au contraire, même s’il devra observer des temps de repos et écouter sa fatigue. « La prise en charge physique du patient est très importante et c’est aussi le rôle du médecin de l’encourager à exercer une activité physique adaptée à sa capacité respiratoire afin de se maintenir en forme », ajoute-elle.

Les fumeurs courent un grand risque

Il serait important de noter que les fumeurs doivent impérativement en finir avec la cigarette sous peine d’aggraver considérablement leur cas. Les surinfections pulmonaires entraînent une aggravation, elles doivent aussi être prévenues.

 

 Amadou Dari Diallo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *