Covid-19 en Guinée: bars, lieux de loisirs fermés à nouveau, le président de l’AGT réagit 

Le gouvernement guinéen a annoncé, mardi 10 août, un élargissement du champ d’application strict des mesures sanitaires, jusqu’à fermer hermétiquement, jusqu’à nouvel ordre, tous les lieux de distraction. Cette nouvelle mesure frappe fort les tenanciers des bars qui se sentent à nouveau placés dans une situation très difficile. Valy Sacko, le président de l’Association guinéenne des tenanciers (AGT), réagit à Universciences, suite à cette épée de Damoclès qui vient de tomber sur la corporation. 

A peine rouverts il y a quelques mois, les lieux de rencontre vont déjà devoir serrer la vis. Les tenanciers de bars l’ont fait à contrecœur. Puisque ces mesures restrictives viennent de plonger encore, ces hommes de la fête et de la vie nocturne dans une inquiétude. « C’est triste, quelqu’un qui acceptait d’ouvrir du matin jusqu’à 16 h pour au moins avoir quoi manger, quand on te dit de fermer hermétiquement maintenant, comment vas- tu vas survivre ? Qu’ils ferment totalement si c’est pour préserver la santé, mais qu’ils acceptent de nous accompagner », se désole Valy Sacko, le président de l’Association guinéenne des tenanciers (AGT).

Aucune mesure d’accompagnement

Des questions taraudent l’esprit des tenanciers en ce qui concerne le durcissement des mesures restrictives depuis l’apparition de la pandémie de coronavirus, c’est le secteur qui paie le lourd tribut, tandis qu’il ya beaucoup de secteurs qui ne voient pas ces mêmes mesures ; de surcroît, aucune mesure d’accompagnement n’a été fait à l’endroit de la corporation, bien qu’il ya une année, les tenanciers tirent le diable par la queue. « Nous sommes conscients de l’existence de covid-19, mais le fait qu’ils ne font que s’acharner sur les tenanciers et les fermer les activités sans tenir compte de ce que nous avons subi par rapport à la fermeture, c’est ce qui est marrant. Vous savez depuis l’apparition de la maladie jusqu’au jour d’aujourd’hui, on a été subventionné. Tandis que c’est le secteur le plus touché », rappelle Valy Sacko.

Les lieux de loisirs peuvent aider aussi à la sensibilisation contre le virus

La sensibilisation des populations par rapport à la pandémie et encourager celles-ci à se faire vacciner pouvaient mieux passer en demandant aux habitués de ces lieux, le passeport vaccinal conditionnant l’accès à ces endroits. « Au lieu qu’on pense faire la restriction totale, pourquoi ne pas associer les tenanciers pour sensibiliser la population pour se faire vacciner ? Tandis que nos lieux sont beaucoup plus propices pour véhiculer le message que dans beaucoup d’autres coins. A la place du couvre-feu, on accepte d’exiger les cartes de vaccinations, vous allez voir combien de personnes vont se faire vacciner, l’impact de ça, les gens vont voir tout de suite, ça va faire qu’il y aura moins de risques ; parce que la quasi-totalité de la population sera immunisé », propose le président de l’AGT.

Pourquoi c’est le secteur de la fête et de l’ambiance seulement?

Maintenant cette décision gouvernementale est tombée comme un couperet sur le secteur de l’ambiance, les tenanciers sont unanimes par la voix de leur patron que les boîtes de nuit et autres lieux de distraction ne sont pas des diffuseurs du virus ; cependant les autorités publiques le font croire ainsi. Et les autres secteurs ? C’est pourquoi ils sont nombreux au sein de la corporation, qui soutiennent l’idée de protester contre le gouvernement.

« Nous sommes des entrepreneurs. Nous n’allons pas dans le sens de la révolte. Sinon, il ya beaucoup de nos collègues qui soutiennent à ce qu’on barricade les routes, mais nous n’allons pas dans ce sens. Là où nous sommes aujourd’hui, si nous partons dans le sens d’éradiquer la maladie, cela doit être dans tous les secteurs, pas seulement dans le secteur des tenanciers. Qu’on accepte la restriction dans tous les autres secteurs pour enfin éradiquer cette maladie. Mais s’il faut s’acharner sur les boîtes de nuit ou quoi que ce soit, ou bien l’ANSS les a informés que le virus ne circule que dans les boîtes de nuit, c’est ce que je ne comprends pas », se demande Valy Sacko.

Les tenanciers reviennent à la case départ

Avec ces nouvelles mesures, les tenanciers guinéens se remettent à nouveau au repos forcé avec des conséquences économiques, le  manque de retrouvailles et d’ambiance. Ils vont aussitôt renouer avec la galère ; jusqu’à quand ? Plus malin saura répondre.

 

 Propos recueillis par Aliou Diallo

 Décryptage : Amadou Dari Diallo

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