Covid-19 à Boffa : la coopérative agricole de Koukouboui, fragilisée, réclame un plan de relance

Le président de la coopérative du groupement agricole de Koukouboui affirme que les dégâts économiques liés à la crise du covid-19 sont importants et que le secteur nécessitera des aides pour traverser la crise. Amadou Bah, explique à Universciences, l’impact économique du coronavirus qu’a connu son groupement durant ces deux dernières années.

Situé à 7 km de la commune urbaine de Boffa, le district de Koukouboui est perdu dans un décor de paysage de terre couverte d’un tapis vert brodé de fleurs multicolores que les papillons bariolés volent autour d’elle. En cette matinée du 14 juillet, seul dans son champ, ce paysan longiligne au teint clair – gestionnaire de 17 hectares de culture agricole et plus de 40 ans d’activité dans le domaine – désherbe une grande surface ou il a mis des semis de concombre.

Des pertes enregistrées

Face aux difficultés rencontrées dans la culture et la commercialisation des produits du groupement dû au coronavirus, depuis 2 ans maintenant, Amadou Bah, le président de la coopérative de Koukouboui se souvient des pertes enregistrées au niveau des produits qui se sont gâtés faute de preneurs. « Vraiment le covid-19 nous a beaucoup empêchés, surtout l’année passée ; cette année, ça a marché un peu contraire à l’année passée, tous nos produits se sont gâtés parce que les gens n’osaient pas manger, suite à la rumeur qui courait que le virus est dans ces produits. On ne pouvait pas embarquer ces mêmes produits, pour Conakry ou Kamsar afin qu’ils soient écoulés ».

Le manque des engrais aura été le plus dur des problèmes

Il est aujourd’hui très difficile dans l’agriculture d’obtenir de bons rendements sans ajouts d’engrais, qu’ils soient chimiques ou organiques. Fertilisants, ils permettent de résister aux maladies et de renforcer la croissance des végétaux. Les engrais chimiques sont les plus utilisés pour leur pouvoir de rentabilité et leurs prix, mais ils sont aussi dangereux pour l’environnement si leur utilisation n’est pas optimisée. « Le manque d’engrais et de produits phytosanitaires nous a aussi beaucoup emmerdés », précise Amadou Bah.

Avec le soutien du crédit rural, la coopérative continue son bout de chemin

Malgré cette crise sanitaire incertaine, l’heure n’est pas à lâcher prise, la coopérative se démerde à trouver des moyens de continuer ses activités de productions et d’écoulement des produits. Et suite au soutien du crédit rural de Boffa, à qui, le groupement a effectué un emprunt de crédit, à néanmoins aider la coopérative à se relever petit à petit. « On se débrouille pour avoir les moyens de continuer nos activités en allant demander de l’argent au crédit rural. Heureusement, cette année, le crédit rural nous a prêté de l’argent, contrairement à l’année passée, c’est ce qu’on a comme activité, on s’y tient. Parce que, avec le gouvernement, il ne nous encourage pas. Puisque on a payé un sac d’engrain l’année dernière, 350.000 GF jusqu’à 450.000 GF », confie le président de la coopérative agricole de Koukouboui.

Le cri du cœur du président de la coopérative

Par la voix de son président, la coopérative agricole de Koukouboui demande un plan de relance à l’endroit des pouvoirs publics : « on prie le gouvernement de nous venir en aide pour qu’on puisse continuer nos activités ».

Le groupement a vraiment des atouts

Avec un fort potentiel pour la production de cultures vivrières et une population rurale relativement préservée du covid-19, la coopérative a des atouts pour résister au choc trop sévère de la pandémie.

 

Amadou Dari Diallo, de retour de Boffa pour l’AJSG

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