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À la poursuite des micromammifères en Guinée : une exploration au « Carrefour de la Science et de la Santé Publique »

Au lendemain de la pandémie de COVID-19, une équipe de chercheurs de l’Institut Pasteur s’est lancée dans un projet ambitieux visant à comprendre les mystères des micromammifères et leur rôle potentiel en tant que réservoirs de maladies zoonotiques en Guinée et en Afrique de l’Ouest, parmi ces maladies, la fièvre de Lassa.

Sur les Traces des Micromammifères

L’équipe de chercheurs dirigée par le Dr Solène Grayo, virologiste à l’Institut Pasteur de Guinée, dévouée, mène cette initiative passionnante qui comporte deux phases essentielles : une étape de terrain et une étape de laboratoire. La première étape consiste, à poser des pièges, à collecter des échantillons de tissus et à identifier les micromammifères dans diverses régions de Guinée.

Comme le Dr Grayo l’explique : « Nous avons commencé cette aventure il y a un an en compagnie de Dr Siba. Notre objectif est de cartographier la présence de ces mammifères et de collecter des données cruciales. »

Sensibilisation et Prévention

Cependant, ce projet va au-delà de la recherche pure et dure. Les chercheurs souhaitent également sensibiliser les populations locales aux risques liés aux contacts avec ces micromammifères, qui vivent souvent à proximité des domiciles et parfois même à l’intérieur des maisons. Les échanges avec la population sont un élément clé de leur mission.

Le Dr Solène Grayo souligne l’importance de cette sensibilisation : « Il est crucial que la population sache comment réduire les risques liés aux micromammifères. Nos équipes se rendent dans les villages, posent des pièges et expliquent aux habitants les bonnes pratiques pour éviter les maladies. Nous adaptons nos messages à chaque communauté, utilisant des affiches et des banderoles pour transmettre ces informations vitales. »

La Chasse et les Bons Gestes

Le projet inclut également des échanges sur la chasse et la consommation d’animaux sauvages. « Il est essentiel d’informer les chasseurs sur les bonnes pratiques, » explique Dr Siba Pricemou, vétérinaire, technicien de laboratoire à l’Institut Pasteur de Guinée qui participe à ce projet de recherche. “Même les animaux morts peuvent représenter un danger, et il est impératif d’adopter les gestes adéquats, notamment l’utilisation de sacs et d’une manipulation avec l’aide d’un vétérinaire.”

Une Guinée Diversifiée

Une caractéristique fascinante de cette étude est la diversité des micromammifères qui peuplent différentes régions de Guinée. “La biodiversité est étonnante. En explorant des zones telles que la forêt de Ziama en Guinée forestière, la forêt de Kounounkan près de Forécariah, et bientôt la forêt de Badiar à Koundara, nous avons constaté des différences significatives dans les espèces de micromammifères. Chaque région est unique, tout comme les risques potentiels” développe Dr Solène Grayo.

Les Prochains Pas

L’équipe est actuellement en train de caractériser les pathogènes potentiels associés à ces micromammifères. La fièvre de Lassa, une maladie endémique en Guinée, est au cœur de leurs préoccupations. Une fois que ces caractérisations seront terminées, la communication des résultats sera cruciale pour mieux comprendre et prévenir ces maladies. « Nous publierons les résultats de façon progressive parce que la recherche ne s’arrête pas. Il y a toujours une suite à explorer. Nous profiterons des colloques scientifiques notamment pour vulgariser les résultats de notre étude » précise Dr Solène Grayo.

La recherche entreprise par l’équipe de l’Institut Pasteur de Guinée est un exemple inspirant d’engagement en faveur de la santé publique et de la promotion de bonnes pratiques pour éviter les maladies zoonotiques. Leur travail témoigne du dévouement des chercheurs guinéens envers la sécurité de la population et la protection de l’écosystème. Ce travail est rendu possible grâce à l’implication des zootechniciens et conservateurs locaux de l’Office Guinéenne des Parcs et Réserves (OGPR), du Ministère de l’Environnement et Développement Durable, ainsi que des jeunes médecins vétérinaires de l’école vétérinaire de Dalaba. Ce projet qui va dans le sens d’une approche intégrée dans un contexte One Heath, mû par la science et l’empathie, pourrait avoir un impact durable sur la santé de la population guinéenne. 

Je vous invite à suivre les aventures de l’équipe de l’Institut Pasteur de Guinée dans le film « Une approche intégrée du terrain au laboratoire » qui a été soutenu par le projet Ebosursy financé par l’Union Européenne et piloté par l’OMSA sur la surveillance des maladies zoonotiques en Afrique de l’Ouest et Centrale. Ce film a été réalisé dans la forêt de Kounounkan où l’Ambassade de France en Guinée et en Sierra Leone soutient sa biodiversité et sa gestion durable à travers le projet PROTEMO : https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7122653481563222017

Alpha Oumar Bagou BARRY

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