Mamou : Thierno Boubacar Kallo, agriculteur, revient sur l’épisode Covid19 et lance un appel 

Thierno Boubacar Kallo, agriculteur depuis 1982, est le président de la chambre d’agriculture de Mamou et le président de l’union des agriculteurs de Soumbalako (UGAS). Malgré les restrictions imposées par la pandémie de Coronavirus, cet amoureux de la terre a exploité à lui seul, 167 hectares au compte de la campagne agricole  2020-2021. Avec 79 groupements, 4332 adhérents et plus 300 hectares aménagés, l’UGAS demande une assistance en intrants agricoles pour relancer la prochaine campagne agricole.

Au volant de sa voiture, roulant sur une piste poussiéreuse en direction du district de Soumbalako situé à 21 km du centre urbain de Mamou, Thierno Boubacar Kallo nous fait découvrir ses vastes champs de riz et de pomme de terre. Sur plus 8000 hectares aménageables que dispose la préfecture de Mamou, l’Union des agriculteurs de Soumbalako dispose de plus de 300 hectares aménagés.

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De Sangako en passant par Sallya, Bandiala, Kegneko Centre et Wedou Siradji dans la sous-préfecture de Dounet plusieurs hectares sont en phase de récolte. « Même pendant des jours, on ne peut parcourir tous les domaines que j’ai personnellement cultivés cette année. Malheureusement que le coronavirus est venu freiner l’élan des agriculteurs », explique le président de l’UGAS.

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52 hectares de variété CK 90

Dans son champ de riz de 52 hectares de variété CK 90 situé à Sallya, Thierno Boubacar Kallo se souvient du long chemin parcouru  pour arriver à cette capacité de production aujourd’hui. « Quand J’ai commencé l’agriculture en 1982,  je travaillais avec les mains dans un parcelle de 3000 m2. En ce moment, je labourais  avec les mains, je semais et récoltais avec les mains. Petit à petit, j’ai grandi dans cette activité »,a-t-il lancé.

Parfois, la nature n’est souvent pas contre l’humain même si le temps fait défaut. Pour cet agriculteur devenu incontournable dans le secteur agricole de la région de Mamou, le premier coup de pouce ne tardera pas à venir. « Quelques années après, nous avons reçu un projet d’aménagement des domaines à Soumbalako au temps du Général Lansana Conté. Ainsi, en 1995, nous avons formé l’union  agricole de Soumbalako qui réunissait  dans un premier temps, 15 groupements agricoles. Aujourd’hui, on a 79 groupes dont 4332 adhérents », se réjouit-t-il.

De nombreuses cultures sont pratiquées à Soumbalako

La pomme de terre, le riz, le piment, les gombos, partout, presque toutes les cultures sont pratiquées à Soumbalako. À ce jour, alors que le covid-19 poursuit son chemin, l’UGAS a créé les conditions favorables pour l’absorption de nombreux chômeurs dans cette région. L’Union des agriculteurs de Soumbalako pilotée par Thierno Boubacar Kallo, entend redynamiser les efforts en aménageant plusieurs autres hectares de terres cultivables même étant durement frappé par les conséquences désastreuses du coronavirus.

« L’agriculture crée beaucoup d’emplois ici, cette activité demande une main-d’œuvre. Et on a la main-d’œuvre qualifiée parmi les jeunes et les femmes. Il y a plus de 942 jeunes agriculteurs et plus de 1500 femmes dans notre Union », dit-t-il.

Des milliards de francs guinéens perdus à cause du covid-19

Depuis l’avènement du Coronavirus en Guinée le 12 mars 2020, ce sont plusieurs milliards de francs guinéens d’investissement qui ont été jetés à la poubelle. Lorsque les récoltes ont coïncidé à la crise sanitaire mondiale, les frontières ont été fermées, les grandes villes ont été également confinées, les agriculteurs de Soumbalako ont vu leur production pourrir sous un regard impuissant.

« L’année dernière, on a commandé 400 tonnes de semences de pommes de terres pour répondre aux exigences du chef de l’État qui voulait mettre en place une usine de frite. L’usine devait être lancée depuis février 2020, mais malheureusement le covid-19 est venu entacher ce projet. Nous avons cultivé la pomme de terre au courant novembre-décembre, mais avec le coronavirus, l’usine n’a pas pu être finalisée. Nous avons donc eu de sérieux problèmes de commercialisation ici à Soumbalako. La pomme de terre est un produit périssable. Donc, environ deux mois, soit elle pourri, soit elle germe », regrette Thierno Boubacar Kallo.

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Cependant, malgré les pertes enregistrées à Soumbalako, certaines autorités pensent le contraire. Ils estiment que les conséquences de la pandémie de covid-19 ne sont jamais passées par Soumbalako. C’est cette impression des autorités qui irrite le président de l’Union des agriculteurs de Soumbalako.

« Certains ont rapporté au président de la République que Soumbalako n’a rien perdu dans cette crise sanitaire, hors, si le président nous donne l’usine de pomme de terre qui prend 38 tonnes par jour, c’est parce qu’on produit beaucoup. Nous sommes étonnés d’entendre dire que nous n’avons rien perdu. Ceux qui l’ont dit sont de mauvaise foi et ne sont surtout pas des amis des agriculteurs », s’insurge-t-il.

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Selon le président de l’Union des agriculteurs de Soumbalako, il est très difficile d’estimer les pertes enregistrées. « pour les 400 tonnes de semences, nous avons perdu 3 milliards 400 millions de francs guinéens sans parler du coût de production jusqu’à la récolte » précise Kallo.

Ces dernières années, plusieurs initiatives ont été entreprises par le gouvernement guinéen pour faire de l’agriculture un véritable atout de développement de la Guinée. Ces initiatives se concrétisent par la fourniture en intrants et en équipement aux agriculteurs. Des efforts qui ont permis aux agriculteurs de Soumbalako de booster leur rendement à l’hectare pour alimenter l’usine de pomme de terre en perspective.

Assistance au domaine agricole

Aujourd’hui, Thierno Boubacar Kallo, au nom de tous les agriculteurs de la région de Mamou, plaide pour une véritable assistance au domaine agricole, pour relancer la campagne agricole à venir. Pour lui, quand un paysan perd sa campagne agricole, il faut beaucoup d’assistance pour pouvoir se relever.

 

Alpha Oumar Bagou Barry Mamadou Kindy Bah de retour de Mamou pour l’AJSG.

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