Le changement climatique en Guinée, quelles prévisions pour 2100 ?

La Guinée est à la fois exposée et sensible au changement climatique avec peu de capacité d’adaptation. Les effets sont déjà visibles et les prévisions pour l’horizon 2100 ne sont pas reluisantes. 

Considérée comme le «château d’eau de l’Afrique occidentale», la Guinée abrite la source de plus de 1 000 cours d’eau et Quatre bassins d’une importance capitale pour la sous-région, notamment en termes de développement économique et de maintien de la biodiversité.
Sous l’effet du dérèglement climatique accéléré le débit de ces cours d’eau connaîtra des réductions qui pourraient atteindre plus de 50% de la moyenne quotidienne actuelle d’ici 2100.


Les grandes conséquences des changements climatiques sur la biodiversité en Guinée.

Pour l’horizon 2100, les scénarios prévoit une élévation de température d’environ 5°C en moyenne et haute Guinée et de 4°C en Basse et Guinée Forestière. Cette élévation de température sera accompagnée de changements dans la répartition et le volume des précipitations par régions. Dans le plan d’action national d’adaptation aux changements
climatiques (PANA), élaboré en 2007, les experts expliquent que ces variations pourraient atteindre 36, 4 % de la normale actuelle à partir de 2050 et 40,4% en 2100. Ces bouleversements pluviométriques entraineront ainsi le décalage des saisons, la submersion des terres basses, la destruction des infrastructures, la disparition ou la migration des espèces
animales, la destruction de la mangrove, l’intrusion saline, la pénurie d’eau potable, la perte de terres agricoles et des récoltes.

Les conséquences sur l’homme 


Plus de 80% de la population guinéenne vit et travaille dans des zones rurales. La baisse de la pluviométrie, la sécheresse, l’inondation et la forte insolation occasionneront, la baisse de la fertilité des sols et celle des rendements des récoltes. Ces dernières années les rendements ont
diminué de 9 et 11%. Les ressources halieutiques du bassin du Niger source de 80 % de poisson d’eau douce connaissent une baisse notoire. Ainsi, tous les groupes socio-économiques, qui dépendent des écosystèmes et de leurs ressources pour survivre sont vulnérables. Ils sont exposés à l’insécurité alimentaire, à la prolifération de maladies et à des conflits sociaux autour des ressources naturelles. En effet, la situation géographique de la
Guinée pourrait en faire un refuge pour les populations des pays sahéliens voisins du Nord, en particulier les éleveurs pastoraux, plus gravement touchés par la sécheresse et la modification des régimes pluviométriques.

Aissatou Barry depuis Pologne pour l’AJSG

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *