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Guinée : quelle approche pour lutter contre les zoonoses ?

Toujours dans sa dynamique de renforcement des capacités des acteurs de la communication en période des urgences sanitaires, Breakthrough Action en collaboration avec l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSS) et le Service National de Promotion de la Santé (SNPS), a organisé un atelier de formation à Kindia du 22 au 24 juin 2023. Objectif, renforcer les capacités des acteurs de la communication de risque et engagement communautaire (CREC) en se basant sur la Communication sur le changement social et de comportement (CSC) pour mieux lutter contre les Zoonoses et s’inscrire dans l’approche One Heath, c’est-à-dire une seule santé. 

Ils étaient une trentaine de participants à répondre à l’invitation de Breakthrough Action et ses partenaires (ANSS, SNPS), dans le but d’avoir les outils de communication nécessaires pour mieux communiquer durant les urgences sanitaires en Guinée. Cette formation de trois (3) jours a ciblé les membres du groupe technique de travail, de la communication de risques et engagement communautaire (GTT) CREC, les points focaux régionaux de la promotion de la santé et de la communication. Mais aussi, les organisations de la société civile qui interviennent dans le domaine de la CREC notamment les organisations des médias et les ONG qui interviennent dans la mise en œuvre des activités de communication et d’engagement communautaire sur le terrain. 

Il y avait également des acteurs du ministère de la santé de l’environnement et de l’élevage qui ont pris part à cette formation. « Nous renforçons les capacités de ces acteurs à fin que nous ayons la même vision sur la stratégie de communication et engagement communautaire pour pouvoir contrôler les épidémies pour lesquelles la Guinée est régulièrement secouée », se félicite Cheickh Oumar Magassouba, socio-anthropologique au département communication de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) et facilitateur de cet atelier.

S’approprier la l’approche une seule santé

« One Heath » qui veut dire « une seule santé » est une approche qui reconnaît l’interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale. Il s’agit ainsi de la collaboration entre divers secteurs de la santé, pour aborder les défis sanitaires de manière intégrée. 

Selon les facilitateurs de cet atelier, le concept du “One Health” en Guinée met l’accent sur la collaboration et la coordination entre les différents secteurs pour prévenir et contrôler les maladies émergentes, en reconnaissant l’interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale tout en assurant une meilleure préparation et réponse aux épidémies et aux autres défis sanitaires dans le pays. 

« En Guinée, le concept du “One Health” a pris de l’importance dans le contexte de la prévention et de la gestion des maladies émergentes, en particulier les maladies zoonotiques, qui sont transmises à l’homme par les animaux. La Guinée étant un pays où l’élevage est une activité économique essentielle et où les interactions entre les animaux et les humains sont efficaces, il est crucial d’adopter une approche “One Health” pour faire face à ces défis », a déclaré Dr Ibrahima Fania Camara, cadre au Service National de Promotion de la Santé (SNPS), Facilitateur à cette formation.

Une raison de plus, le bien-fondé d’une telle initiative avant, pendant et après la riposte aux épidémies qui devrait désormais s’inspirer de la communication pour le changement social et de comportement (CSC) dans la démarche d’une Communication des risques et engagement communautaire (CREC). 

« L’objectif de cet atelier c’est de renforcer les capacités de ces acteurs en matière de la communication des risques et engagement communautaire (CREC). De les amener à mieux comprendre quel est le rôle qui est le leur en matière de lutte contre les zoonoses tout en incorporant l’idée de l’approche One Heath », a précisé Amadou Korka Bah, responsable du programme COVID à Breakthrough Action dans son intention.

Mettre l’accent sur l’engagement communautaire 

Dans sa prise de parole, le Facilitateur Cheickh Oumar Magassouba, est revenu sur l’importance de l’enseignement communautaire dans le processus de riposte contre les zoonoses dans le pays. Cet engagement communautaire se matérialise par dans sensibilisation et l’éducation, la collaboration avec les acteurs locaux, la participation active des communautés, l’adaptation culturelle et le renforcement des capacités au niveau local. « La participation communautaire constitue le maillon essentiel de la préparation et de riposte aux épidémies. C’est dans les communautés que les gens s’infectent, c’est dans les communautés que les malades se trouvent, donc toutes les actions que le ministre de santé est en train d’implémenter sont orientées vers la communauté. C’est pourquoi il est important de mettre les communautés au cœur de toutes nos interventions nationales », a expliqué le facilitateur Cheikh Oumar Magassouba, socio-anthropologue à L’ANSS.

De grandes attentes 

La Guinée a été secouée par plusieurs épidémies ces dernières années. Cependant, la plupart de ces épidémies sont d’origine animale. Tiens, l’épidémie d’Ebola, de la rage, de la fièvre Lassa, de la fièvre jaune, de la grippe aviaire…, sous surveillance ou prioritaires, des efforts sont nécessaires pour renforcer la surveillance et le contrôle de ces maladies et promouvoir une santé animale, la vaccination et l’hygiène dans nos communautés. Cette lutte ne doit qu’être une lutte collective et coordonnée, à en croire les organisateurs. 

« Les attentes c’est de voir les participants au sortir de cette formation avoir un certain nombre de compétences qui leur permettront de contribuer à améliorer leur prestation pour lesquelles nous n’avons pas objections, mais les aider à faire en sorte que les messages qu’ils diffusent, les spots et émissions de table ronde qu’ils organisent tiennent en compte de la santé publique », exhorte le facilitateur Cheikh Oumar Magassouba, socio-anthropologue à L’ANSS.

« Notre attente serait d’abord que les acteurs puissent se retrouver, qu’ils puissent collaborer et qu’ils puissent ensemble identifier les défis qui sont liés à la communication des risques et engagement communautaire et qu’ils puissent ensemble trouver des solutions à fin que les interventions en matière de CREC soient faites au bénéfice des populations et que ça puisse produire des résultats escomptés. Parce que tout ce que nous faisons, que ce soit au niveau du ministère de la santé ou de ses partenaires, l’objectif est de faire en sorte que les populations soient protégées contre ces maladies que nous appelons les zoonoses. L’objectif était de toucher tous les intervenants et je pense que cet objectif a été atteint »,renchérit Amadou Korka Bah, responsable du programme COVID à Breakthrough Action.

Enthousiasmés par la qualité de cette formation, les participants s’engagent à composer désormais avec la notion de la communication des risques et engagement communautaire dans sa nouvelle dimension qui prend en compte la communication pour le changement social et de comportement afin de renforcer la résilience sanitaire du pays. 

Selon Aly Nasser Sylla, rédacteur à la cellule de communication du Ministère de l’agriculture et de l’élevage, cette formation est d’une importance capitale parce qu’elle nous permettra d’améliorer plusieurs facteurs dans notre travail de tous les jours.

Aujourd’hui, la Guinée fait partie des trois meilleurs pays du continent africain dans la mise en œuvre stratégique du règlement sanitaire international.  « Lors de l’avant-dernière évolution de la communication des risques et engagement communautaire, la Guinée était au rouge. Mais, nous sommes passés au vert parce que tous les acteurs se sont investis à tous les niveaux dans la mise en œuvre des différentes stratégies. Nous devons préserver cet acquis », se réjouit le Facilitateur Cheikh Oumar Magassouba, socio-anthropologue au département communication de l’agence nationale de sécurité sanitaire.

Mamadou Kindy Bah de retour de Kindia pour Universciences.com 

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Oumar Bagou

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