Guinée : les laboratoires de diagnostic équipés pour faire face aux épidémies dont le Coronavirus

Entre la période du virus à fièvre hémorragique Ebola et celle de la pandémie de Coronavirus, le plateau technique des laboratoires biomédicales guinéens a connu un plein essor. La capacité d’analyse et de diagnostic a considérablement évolué et les biologistes se félicitent.

Depuis mars 2020, les autorités sanitaires de la Guinée se battent contre la pandémie de coronavirus qui a fait officiellement près de 450 morts avec plus de 36 000 personnes infectées, la Guinée parvient à limiter les pertes, alors que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) prédisait le pire sur le continent africain.

Dans cette lutte contre la pandémie, les biologistes jouent un rôle important, ils sont chargés du diagnostic dans les laboratoires dirigés par des spécialistes locaux. Si pendant la crise sanitaire d’Ebola entre 2014 et 2016, les laboratoires d’analyse biomédicale des virus hémorragique étaient rares et les résultats de diagnostic se faisaient toujours confirmer ou infirmer par d’autres laboratoires à Dakar au Sénégal ou en France, tel n’est plus le cas.

La Guinée compte en ce moment plusieurs laboratoires équipées, notamment le laboratoire du (CERFIG) Centre de Recherche et de Formation en Infectiologie de Guinée, celui de l’(INSP) Institut National de Santé Publique, et le laboratoire des virus respiratoires de Nongo. Ces unités de biologie médicale ont été équipées par le gouvernement guinéen à travers le ministère de la santé et les partenaires techniques et financiers pour permettre aux biologistes de faire face aux épidémies.

Rapidité d’accès des résultats d’analyse

De la réception des échantillons jusqu’au rendu du résultat d’analyse, les biologistes ont besoin de 24 heures, à l’époque d’Ebola, il fallait près d’une semaine d’attente. « Si les biologistes réussissent à fournir des résultats fiables en un temps rapide, c’est parce que le plateau technique répond aux normes. L’expérience d’Ebola a permis au ministère de la santé de rehausser le plateau technique de nos laboratoires, c’est ce qui nous a permis de faire face au Coronavirus » témoigne Penda Maladho Diallo, responsable du Laboratoire VIH/hépatites virales à l’INSP.

Lutter effacement contre les épidémies et les autres maladies

Cette rapidité d’accès aux résultats d’analyse permet à la Guinée de lutter efficacement contre les épidémies et de faire face à n’importe quelle autre maladie. « Le laboratoire est l’épine dorsale de la santé, parce que c’est après analyse que le médecin fait le traitement, et actuellement dès que nous avons des échantillons, les résultats fiables sont disponibles et la prise en charge se fait aussitôt. C’est pourquoi d’ailleurs la lutte contre le Covid est plus simple que celle que nous avons eu contre Ebola » ajoute Penda Maladho Diallo.

Pour sa part, le directeur adjoint du CERFIG, Centre de Recherche et de Formation en Infectiologie de Guinée précise qu’en plus des équipements, les biologistes guinéens impliqués dans la lutte contre les épidémies ont bénéficié de formations adéquates pour répondre aux attentes.  « Pour ceux qui ont vécu la période d’Ebola et si on voit ce qui se passe en ce moment, on peut être fier. Nous avions moins d’équipements et moins de biologistes formés, mais actuellement toutes analyses effectuées par nos biologistes dans nos laboratoires ne souffrent d’aucune contestation » se félicite le Dr Alpha Kabinet Keita, virologue, chercheur à l’IRD, Institut de Recherche et de Développement, Directeur Général adjoint du CERFIG.

Défis majeurs 

Continuer à former plus de biologistes et implanter des laboratoires dans toutes les grandes villes du pays. « Nous aurons des formations à chaque fois, il ne faut pas l’oublier le secteur a besoin encore d’évoluer. Nos techniciens ont encore besoin d’apprendre » affirme le Dr Keita.

Toutefois malgré la disponibilité de ces laboratoires, la lutte contre le Coronavirus n’a pas été pour autant facile. La raison est toute simple, la capacité de prise en charge en termes de centre de traitement était faible, à cela il faut ajouter le non-respect des mesures barrières par beaucoup de citoyens fait remarquer un des responsables de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire.

De nos jours, la Guinée compte près de 10 laboratoires capables de diagnostiquer n’importe quel type de virus respiratoire et cela permet aux biologistes guinéens d’être en première ligne de la bataille contre la pandémie de Coronavirus et de rester en alerte pour toute éventuelle épidémie.

 

Alpha Oumar Bagou BARRY

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