Femmes et sciences : « il faut encourager les jeunes filles à aller vers les filières scientifiques », dixit Aissatou Billy Sow

Aissatou Billy Sow, chercheuse en environnement, énergie renouvelable et genre, et également secrétaire générale du réseau africain des femmes scientifiques et ingénieures a du cœur et des qualités pour la science. Elle a accepté de recevoir Universciences, pour témoigner de son expérience dans ce domaine à l’occasion de la journée internationale des femmes et des filles de science, célébrée le 11 février dernier à Conakry.

Dans les faits comme dans les mentalités, les femmes peinent à trouver leur place dans le domaine de la science où les hommes leur donnent du pion. Malgré cette situation qui ne cesse de perdurer, une minorité de femmes se bat quand même pour être au-devant de la scène.

Aller très loin

Néanmoins, avec une politique sérieuse des gouvernements africains en général et celle du gouvernement guinéen en particulier, les femmes et les jeunes filles de science peuvent aller très loin, comme elles sont beaucoup présentes dans les domaines de la médecine, de la biologie etc.

« Les femmes sont minoritaires dans certaines filières scientifiques ; notamment les mathématiques, la physique et les NTIC. Ceci dit, je pense qu’il est primordial pour la Guinée et le continent d’ailleurs d’encourager les jeunes filles à aller vers les filières scientifiques. Parce qu’ avec ces filières scientifiques là, elles peuvent aller très loin et cela va beaucoup impacter le développement », a souligné la secrétaire générale du réseau africain des femmes scientifiques et ingénieures.

Les contraintes sociales font face aux jeunes filles

Cette femme chercheuse qui a beaucoup travailler dans le domaine de la science, comprend tout de même que les contraintes sociales font aussi barrage aux jeunes filles de choisir les mathématiques, la physique, la chimie… « De mon point de vue, le fait de la société fait qu’elles ne s’orientent pas le plus souvent vers les filières de la science. Parce que vous avez des familles qui occupent les jeunes filles à des tâches domestiques. Et cela les poussent à choisir ce qui est beaucoup plus simple, les sciences sociales. Pour elles, faire les mathématiques, la physique, la chimie, demande beaucoup plus de temps où les travaux sont un peu plus difficiles », a affirmé Aissatou Billy Sow.

Les femmes de science en modèle, cela donne une visibilité

L’autre moyen que l’on doit faire pour attirer de plus les jeunes filles à opter pour les filières scientifiques est de valoriser les femmes scientifiques en les faisant de modelés pour les générations présentes et futures et aussi éliminer cette discrimination qui se fait au niveau du baccalauréat contre beaucoup de jeunes filles. S’il ya  des jeunes filles qui ont 10 de moyenne et veulent faire les filières scientifiques, il faut les pousser à être ambitieuses.

« Il faudrait qu’il y ait une discrimination positive à ce niveau-là. Je lui ai toujours dit d’arrêter d’exiger aux jeunes filles qui veulent faire les filières scientifiques, la moyenne qu’on peut exiger aux garçons. C’est quelque chose qui est très important. Les femmes de médias peuvent contribuer à s’intéresser à ces questions-là pour contribuer à aider les jeunes filles à accorder du courage de faire ces filières et aussi sensibiliser les parents de ces jeunes filles pour leur faire comprendre si une fille fait les sciences, beaucoup d’opportunités peuvent se présenter à elle. Sans cela, il sera difficile de changer la donne », a expliqué Billy Sow.

Faire de la science pour une femme ou une jeune fille est toujours une exception et plus de considération que les hommes. « Il faut que les jeunes filles se mettent en tête qu’elles peuvent aller très loin dans la science ; tout en se fixant des objectifs pour y arriver. En espérant être des modèles pour d’autres jeunes filles qui évitent les filières scientifiques ; tout en pensant qu’avec les sciences, on ne peut aller nulle part. Pour dire vrai, avec les filières scientifiques, des difficultés existent. J’encourage davantage ces jeunes filles qui se sont lancées dans ce domaine », estime cette chercheuse.

Il faut combler les écarts entre les genres

Les femmes et les jeunes filles dans les sciences occasionnent une plus grande diversité qui va favoriser une plus grande innovation aussi en Afrique. Il est vraiment temps de combler les écarts entre les genres dans les sciences, les technologies, l’ingénierie, et les mathématiques et à lutter contre les stéréotypes qui entretiennent l’idée que les parcours professionnels dans ces domaines sont réservés aux hommes et garçons.

 

Amadou Dari Diallo

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