Coronavirus en Guinée : les écoles privées frappées de plein fouet durant les 3 mois de fermeture des classes !

L’apparition du coronavirus en décembre 2019 en Chine et la propagation du virus à travers le monde ont affecté tous les secteurs de la vie. En Guinée, le secteur éducatif privé a subi un lourd tribut à tous les niveaux de la chaîne de son fonctionnement. Et le confinement qui a conduit à l’interruption des cours n’a causé que de péripéties.

Enseignants, parents d’élèves, fondateurs d’écoles ont connu un calvaire durant les trois mois de fermeture des classes. Programmes perturbés, salaires de professeurs impayés, liens entre collaborateurs brisés etc…, le constat a été alarmant.

Le porte-parole de l’Association des fondateurs des écoles privées de Guinée (AFEG –GUI), Roland Sossou, explique la situation actuelle des enseignants des écoles privées et des fondateurs : « le non-paiement du reliquat des frais de scolarité pour 2020 par les parents d’élèves entraîne une cessation des paiements (salaires et autres frais de fonctionnement) au sein des écoles privées ».

Détérioration du pouvoir d’achat de la corporation

C’est pourquoi  » les enseignants des écoles privées ainsi que le personnel administratif ont assisté impuissamment  à la détérioration ou la destruction soudaine et brutale de leur pouvoir d’achat. Beaucoup d’entre eux sont tombés dans le dénuement total pouvant pousser certains à la mendicité, car, ne pouvant plus payer les loyers de leurs résidences, leur nourriture quotidienne, les frais de santé et de déplacement, «  raconte-t-il.

Un silence unanime de l’Etat et des fondateurs

Face au coronavirus, le système éducatif privé guinéen devrait ralentir son rythme. Cette période de confinement aura été un marathon. Partout en Guinée, cependant, les écoles l’ont commencée comme un sprint. A l’annonce de la fermeture des  établissements scolaires au mois de mars dernier, une parenthèse de difficultés s’est ouverte pour le personnel enseignant.

 » Aujourd’hui, les enseignants traversent une situation douloureuse pour avoir été laissés pour compte par l’Etat dans son plan de riposte économique et aussi par la plupart des fondateurs d’écoles qui sont restés silencieux face à la souffrance du personnel, «  confie Niouma Sory Leno, chargé de communication du Syndicat National des Enseignants du Privé de Guinée.

L’urgence est de sauver les candidats aux examens

Alors que des mesures ont été prises pour le démarrage des cours le 29 juin 2020, pour seulement les classes d’examen, et celles de fin de cycle universitaire, il est urgent de sauver les candidats aux différents examens nationaux et malgré que l’augmentation de la masse salariale par mois de certaines écoles s’est rehaussée considérablement.

 » Nous avons beaucoup subi comme tout le monde, depuis l’apparition de cette maladie. Malgré tout, nous avons réparti tous les candidats, 27, par salle bien que financièrement cela porte un coup considérable. Chez nous ici presque tous les professeurs ont atteint 90% du programme des cours. Parlant des salaires, d’habitude, nous avions un état de salaire de 80.000.000 GNF qui s’est vu rehaussé à 200.000.000 GNF, «  affirme Thiermo Mamadou Diallo, directeur du complexe scolaire Hadja Maladho Diallo.

Il faut prendre conscience que, dans cette crise sanitaire sans précédent, le milieu du gué n’a pas été franchi par les enseignants du secteur privé qui ont repris les cours avec des difficultés économiques remarquables.

 

Amadou Dari DIALLO

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *