Coronavirus à Fria : quel mauvais moment pour Salematou Nabé, dans ses activités agricoles !

A Fria, l’impact du covid-19 s’est ressenti dans tous les secteurs,  celui de l’agriculture, notamment. De la chaîne de production jusqu’à la commercialisation, l’activité a connu une grande perturbation. Quant à Salematou Nabé, la pandémie lui laisse un mauvais souvenir : plus de 25 000 000 GNF de pertes enregistrées.

Si la préfecture de Fria est connue pour les activités minières qui s’opèrent sur son sol, elle est aussi de facto où l’attachement à la culture maraîchère est prisée par les populations locales. À 15 Km de Tormelin, une plaine agricole est aménagée à Foto, sur plusieurs hectares : des tomates, des piments, des gombos, de la pastèque, du riz sont cultivés çà et là.

Changements des activités agricoles 

Salematou Nabé Bangoura a grandi en pratiquant l’agriculture. Depuis 20 ans, elle accorde une confiance inouïe à la terre. Aujourd’hui, elle entreprend dans le domaine agricole, notamment la culture maraîchère et un peu de riziculture dans la plaine aménagée de Foto. En cette période de crise sanitaire, elle assiste à un changement de ses activités agricoles dû à la répercussion de la pandémie liée au coronavirus.

Quand Nabe renouvelle sa confiance à la terre en travaillant sur son projet de culture en 2019, elle ne doutait pas qu’elle allait enregistrer sans doute l’une de ses plus grandes pertes à cause d’une pandémie qui allait se déclarer en Chine.

« La production, c’est la commercialisation, quand nous produisons et qu’il n’y ait pas de preneurs ; les produits pourrissent. Nous avons perdu plus de 25 000 000 GNF, » déclarait- elle avec un air optimiste.

La fermeture des pays à cause de la pandémie a provoqué d’énormes difficultés en approvisionnement des intrants agricoles à Fria. « On a été confronté à la difficulté d’avoir d’engrais. L’engrais se vendait sur le marché à 150 000 GNF ; nous, on prenait jusqu’à 250 000 équivalent à 25€, » explique la jeune femme.

Les promesses des partenaires

Les paysans travaillant sur les plaines de Foto (160 km de Conakry) ont été touchés par l’impact du covid-19. Ils n’ont reçu aucune aide, peu soit-elle de la part des autorités, d’où la plainte de chacun sur les effets causés par le virus dans l’activité agricole est de mise. Mais ils gardent espoir sur des promesses tenues récemment par des Institutions Internationales qui ont effectué une visite de terrain, pour constater les pertes enregistrées et apporter des possibilités de relance des uns et des autres.

« Pour le moment nous n’avons pas reçu d’aide financière de la part des autorités. Mais au fur et à mesure des partenaires viennent sur le terrain. Tout récemment le PNUD en partenariat avec le BTS sont venus voir les paysans qui étaient confrontés à beaucoup de difficultés. Ils ont fait beaucoup de promesses et la formation technique est en cours. Nous attendons les résultats de leur visite », confie Salematou Nabé Bangoura.

Le commerce des différents produits impacté

La chaîne de commercialisation est la plus impactée par le coronavirus. Un peu partout dans le pays, des agriculteurs ont déploré la pétrification de leurs produits notamment des pommes de terre, des tomates, du piment… par manque de clients. Et aussi la fermeture des routes à un moment où la pandémie liée au coronavirus contraignait des clients et des producteurs agricoles de rester longtemps à la maison, aura été le mal profond qu’a connu le secteur agricole.

      

 Ibrahima Sory Bah, de retour de Fria pour l’AJSG

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