Cherté du prix du poisson sur le marché guinéen, le Coronavirus pointé du doigt !

Les 235 débarcadères de Conakry ont connu les effets causés par la pandémie de coronavirus dans l’approvisionnement du poisson frais aux consommateurs. Cela a fait que les pirogues de pêche sont restées au port pendant des mois. Un arrêt temporaire qui a occasionné une réduction de l’effort de la pêche, une baisse de la pression sur les stocks.

En écoutant le secrétaire général de la fédération guinéenne de la pêche, l’on comprend que la pandémie de covid-19 n’a laissé aucun répit à la filière de la pêche artisanale. A la question de savoir comment ont-ils traversé la période de crise, Idrissa Kallo répond : « Comme tous les autres secteurs, la pandémie de covid-19 a impacté négativement les activités de la pêche, surtout celle artisanale. Elle ravitaille 80% le marché national en produits halieutiques. Les mesures d’urgences sanitaires, le couvre-feu instauré par l’Etat a eu raison sur l’activité de la pêche artisanale.»

Avant que le poisson n’arrive à destination, il est impérativement pêché en mer à des heures irrégulières, le travail habituel de pêche a été abandonné pour respecter les mesures d’urgences sanitaires. Et cela pourrait expliquer en partie, les pertes enregistrées pendant cette période de pandémie. « Le retard qu’enregistre une embarcation de pêcheurs en mer, avant son retour, cause problème à l’approvisionnement du produit et à quelques heures, celui-ci pourrisse au grand dam des femmes qui ont longtemps attendu pour acheter les poissons. On ne peut même pas évaluer les pertes enregistrées, » explique le secrétaire général de la fédération de la pêche traditionnelle.

« Au sortir d’une embarcation de pêche, quelqu’un qui gagnait entre 1 million à 3 million comme recettes, s’il n’arrive plus à gagner même 500.000, il faut comprendre que les gens travaillent pour perdre,» ajoute-t-il.

Bien que la pandémie ait beaucoup tétanisé les activités de la pêche et évidemment les intérêts qui sont liés, les perspectives de relance méritent d’être examinés pour une reprise d’approvisionnement des étals de poisson dans les différents marchés et dans les stocks. « Notre organisation est en train de se battre au niveau des différents partenaires c’est-à-dire les banques pour aider les pêcheurs à se relever et avoir le matériel de pêche, » poursuit le secrétaire général chargé des affaires extérieurs, communication et information de la fédération guinéenne de la pêche.

La cherté du poisson au marché dépend du prix de carburant et de sa consommation durant l’activité de pêche. Et aussi pendant l’hivernage, il y aura forcément la rareté de poisson, parce que les naufrages en mer sont beaucoup fréquents. « La cherté du poisson n’est pas seulement liée au covid-19. Certes, en saison de l’hivernage, le prix du poisson va toujours grimpé. Par exemple, si d’habitude, 20 embarcations vont en mer, il n’y aura que 5  qui iront. Cela est au fait des intempéries de la mer. L’autre facteur qui joue sur le prix est aussi le manque de subvention à l’endroit des pêcheurs qui dépend tout pour trouver le poisson,» conclut Idrissa Kallo.

Malgré la reprise des activités, le poisson devient de plus en plus cher sur le marché guinéen.

 

Propos recueillis par Lancinet Sidibé

Décryptage : Amadou Dari Diallo

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