Covid-19 à Forécariah : un an après, ce que l’on doit retenir du bilan

La préfecture de Forécariah a été ébranlée par le virus, mais pas vaincue. Depuis l’apparition de la pandémie dans cette ville située à 85 km de Conakry, à nos jours, près de 200 cas positifs au coronavirus ont été enregistrés et 1 cas de décès notifié. Où en sont actuellement les autorités sanitaires locales par rapport à la situation de la maladie ? Le Dr Jules Aly Koundouno, médecin, chef du centre des traitements des épidémies de Forécariah, à accepter de répondre à Universciences.

Depuis le 11 juin 2020 – date à laquelle le premier cas de covid-19 a été enregistré à Forécariah – jusqu’à nos jours, beaucoup d’eau ont coulé sous le pont en ce qui concerne les facettes de cette pandémie, allant des cas positifs, des cas graves, des évasions, des personnes guéries, de la prise en charge, des malades hospitalisés.

« Nous avons enregistré 189 cas positifs au total, et sur ceux-ci nous avons pris en charge au centre de traitement des épidémies, 182 et encore sur ceux-là, il ya certains qui ont été référés à Conakry. Ils étaient au nombre de 12 ; suite à cela, au cours de la prise en charge, nous avons eu quelques évasions, dans le centre de traitement ; 3 personnes qui se sont évadées ; on a encore enregistré un décès, d’un cas critique que nous avions reçu et qui était décédée en moins d’une heure. Nous avons enregistré 159 personnes guéries, actuellement, nous avons 7 malades hospitalisés dont une femme », a rappelé le Dr Jules Aly Koundouno, médecin, chef du centre des traitements des épidémies de Forécariah.

Forécariah face aux nouveaux variants

Face à la nouvelle vague avec son taux d’incidence à l’échelle du pays, la préfecture de Forécariah n’est pas en reste, le constat face l’augmentation des cas positifs dus aux variants inquiètent les autorités sanitaires, au point faute de salles de réanimation, les cas critiques ne d’être référés vers les CTEPI de Conakry.

« Concernant la nouvelle vague, c’est bien une réalité puisque nous l’avons constaté au niveau national mais aussi chez nous. Seulement le mois passé, nous avons enregistré 42 malades positifs ; nous sommes avec une vague qui semble plus dangereuse que les vagues passées. Donc, c’est ce qui même, le nombre de malades référés à Conakry, a augmenté. Parce qu’avant on recevait difficilement des cas sévères, mais aujourd’hui on reçoit des patients qui nécessitent d’être pris en urgence dans des structures de réanimation. Malheureusement, nous avons une prise en charge limitée au niveau de notre district. Vu qu’on a pas la capacité de réanimer les malades », a expliqué le Dr Koundouno.

Le virus a progressé ces derniers mois dans la localité

L’aggravation de la situation épidémique dans la préfecture est dû aux nouveaux variants circulent, le relâchement des gestes barrières, sur la vaccination, des efforts restent à faire. « Cela s’explique sur différents volets, nous accusons la survenue des nouveaux variants, parce que les cas qu’on enregistrait n’étaient pas mortels. Ensuite, il y a eu un délaissement des mesures recommandées par le ministère de la santé. Aujourd’hui on peut accuser toutes les structures par rapport au délaissement des gestes barrières. Et tant donné que cette vaccination est un peu lente, le nombre de survenue de cas graves va aussi arriver. Donc, c’est pourquoi le nombre de décès commence à augmenter », a pointé le chef du centre de traitements des épidémies de Forécariah.

Le non-respect des gestes barrières est réel

A l’instar des autres préfectures de la Guinée, Forécariah fait face à la même réalité sur le non-respect des gestes par les populations et le manque de suivi d’applicabilité des mesures édictées par les autorités sanitaires et politiques. Chose qui rend difficile de venir à bout d’une épidémie. « La gestion d’épidémie, il y en a toujours des difficultés ; parce que la première des choses, il s’agit d’abord de l’application des mesures, parce que quand on est face à une épidémie, il ya les décisions qui doivent être prises par les autorités mais il faut que les autorités suivent l’application correcte de ces directives. Ensuite, il y a autre chose qu’on doit faire, la prise de conscience, il faut qu’on analyse sur le nombre de décès qui augmente. Qui sait qui va mourir aujourd’hui ? Qui va mourir demain ? On ne sait pas », a souligné le Dr Jules.

La vaccination et les gestes barrières sont primordiaux pour en finir avec le virus

Si aucune nouvelle mesure sanitaire n’est annoncée en vue de ces chiffres de cas positifs, la préfecture de Forécariah ne peut que compter sur l’application rigoureuse des gestes barrières pour contenir la pandémie tout en accélérant la vaccination des populations.

            

Propos recueillis par Alpha Oumar Bagou Barry

Décryptage : Amadou Dari Diallo

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