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A la conquête de l’espace, le Kenya lance son 1er satellite d’observation

« Taifa-1 », le premier satellite Kenyan mis sur orbite

 C’est désormais effectif, le satellite kényan a décollé aux Etats Unis, à bord du fusée Falcon 9 appartenant à l’entreprise américaine Space X ce mardi 11 avril 2023. Pour le continent africain, c’est plutôt une victoire inscrite dans le livre d’or de la conquête spatiale mais aussi l’indépendance spatiale dans un contexte de guerre des données.

Le Kenya n’est pas à sa première expérience, en 2018, le pays avait déjà lancé un premier nanosatellite, à titre expérimental. Cependant, le satellite d’observation opérationnel pouvant recueillir et transmettre, en temps réel des données satellitaires, c’est le premier dans le pays. Son nom « Taifa-1 » désigne en swahili « Nation-1 ». Pour les autorités Kényanes, cet événement constitue une étape importante dans le processus de fabrication des Satellites au Kénya. 

Ce Satellite mesure 30 centimètres de longueur sur 10 centimètres de largeur, assorti d’une caméra multi-spectrale. « Cela va nous permettre de surveiller par exemple notre couverture forestière », déclare le colonel Brig Hillary Kipkosgei, directeur par intérim de la Kenya Space Agency (KSA) sur RFI. 

Une histoire de souveraineté de données

Dans un monde où les Etats font une course pour le contrôle des données, ce 46ème Satellite africain mis sur orbite par le Kenya a été développé à Nairobi par une équipe d’ingénieurs kényans. Les autorités kényanes ont indiqué ne pas avoir besoin de quelqu’un d’autre pour la gestion de ce Satellite. « Les données collectées doivent permettre d’améliorer la gestion des ressources naturelles du pays et d’aider le secteur de l’agriculture, prévenir les sécheresses et donc lutter contre l’insécurité alimentaire » précise le directeur par intérim de la Kenya Space Agency sur RFI.

Les perspectives d’avenirs

À ce jour, il est d’une nécessité croissante, pour le continent africain d’élaborer une politique stratégique spatiales structurées, pour guider le continent dans sa mise en œuvre d’un programme spatial compétitif à l’échelle mondiale. Ainsi fait, les États membres pourront exploiter les recueillies par ces satellites de manière plus coordonnée et enfin relever les défis du continent en développant un marché et une industrie spatiale africaine. La mise en place de l’agence spatiale africaine étant déjà envisagée, ce satellite kényan représente un enjeu de taille pour l’Afrique et va permettre et de bâtir un tissu universitaire scientifique dans le domaine spatial, soulignent les autorités kenyanes. « C’est un ticket d’entrée dans l’espace pour des nations qui ont envie d’indépendance spatiale », selon le journaliste Olivier Sanguy, chargé de l’actualité spatiale à la Cité de l’espace de Toulouse, lundi sur franceinfo.

Sans se fixer pour objectif de construire sa propre station de lancement de satellite opérationnelle, les autorités kenyanes disposent de leur propre station de réception et d’analyse de données sur place. Les données recueillies par « Taifa-1 » seront transmises directement à la station de réception installée au Kenya.

L’Egypte a été le premier pays du continent à envoyer un satellite dans l’espace, en 1998. Depuis cette date jusqu’en, 2022 au moins treize pays africains ont fabriqué 48 autres satellites, à en croire “Space in Africa”, la société nigériane qui pose son regard sur les programmes spatiaux du continent africain.

Mamadou Kindy BAH

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