Doctorant à l’Institut de Recherche en Biologie Appliquée de Guinée (IRBAG), plus connu sous le nom de Pastoria, Mamadou Boundhoukoura Bah, a présenté les résultats d’une étude sur la circulation des virus de la dengue et de la fièvre jaune en Guinée. L’objectif est de mieux comprendre la transmission de ces maladies virales et leur impact sur la santé publique.
Aedes aegypti ! C’est un moustique vecteur de plusieurs maladies graves, notamment la dengue, la fièvre jaune, le chikungunya, le Zika selon le centre Européen de prévention et de contrôle des maladies. Ce moustique diurne qui se reproduit dans les eaux stagnantes et est présent dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales du monde. La lutte contre ce moustique est cruciale pour prévenir la transmission de ces maladies.
La dengue, transmise par le moustique Aedes aegypti, se décline en quatre sérotypes distincts. Une personne peut donc être infectée plusieurs fois. « C’est-à-dire à dengue 1, à dengue 4, successivement, voire simultanément. Et sans immunité croisée, c’est-à-dire la personne peut être infectée à plusieurs reprises », explique le chercheur.
La fièvre jaune, causée par un virus du genre Flavivirus, partage le même vecteur. Ces deux virus sont assez répandus.
« C’est un virus tout comme celui de la dengue. Ils appartiennent tous du genre Flavivirus, famille des Flaviviridae, et font partie des arbovirus les plus répandus dans le monde. Ils ont comme vecteur commun le moustique Aedes aegypti », ajoute le chercheur.
Une transmission complexe
Selon le Doctorant, la transmission ne concerne pas uniquement les humains. Les moustiques, vecteurs principaux, contractent le virus en piquant une personne infectée avant de le propager à d’autres. Ces infections, souvent confondues avec le paludisme en raison de symptômes similaires, compliquent le diagnostic clinique dans les zones endémiques.
« Si on pense seulement qu’il faut étudier la maladie sur les humains, sans penser aux vecteurs qui sont sensibles à transmettre la maladie, ça devient un peu compliqué », affirme Mamadou Boundhoukoura Bah, doctorant à l’Institut de Recherche en Biologie Appliquée de Guinée.
Plus loin le chercheur ajoute : « Comme généralement chez nous, nous parlons beaucoup plus des moustiques femelles qui transmettent le paludisme. On confond souvent ces maladies fébriles avec le paludisme, pourtant les autres maladies font presque les mêmes signes. »
Une étude de grande envergure
Menée dans 18 préfectures du pays, l’étude a inclus 1 558 participants humains, selon le chercheur.
Des moustiques ont également été capturés et analysés pour évaluer leur capacité à transmettre les virus. Cette approche conjointe permet d’évaluer la dynamique de circulation virale et la présence éventuelle des agents pathogènes chez les vecteurs.
Des implications majeures pour la santé publique
Les résultats de cette étude offrent des données essentielles pour la surveillance épidémiologique et la prévention. Ils aident à détecter la circulation des virus, à mesurer l’immunité de la population et à orienter les autorités sanitaires dans leurs actions de contrôle.
« Pour l’instant, une telle étude permet de faire une alerte, d’informer sur la circulation de ces virus et l’existence de l’immunité au niveau de la population, afin que les autorités puissent prendre des mesures appropriées », affirme le Doctorant.
Mamadou Boundhoukoura Bah rappelle que la dengue et la fièvre jaune constituent un enjeu majeur pour la santé publique en Guinée, en raison de leur potentiel de réémergence dans les zones tropicales.
« Ces maladies méritent une attention particulière, car elles connaissent des réémergences comme d’autres maladies », conclut le chercheur.
Mamadou Kindy Bah













