Une nouvelle analyse du groupe Ember Energi, qui date du mois d’août 2025, basée sur les chiffres des douanes chinoises, révèle un virage énergétique inédit pour la Guinée. Longtemps à la traîne dans l’adoption du solaire en raison de son potentiel hydraulique et de la construction de plusieurs barrages, le pays affiche désormais une courbe ascendante qui traduit un changement de cap stratégique.
L’Afrique booste ses importations de panneaux
La Chine, principal fournisseur du continent, a exporté vers l’Afrique l’équivalent de 15 000 mégawatts de panneaux solaires entre juillet 2024 et juin 2025, à en croire le groupe Ember Energi. « Cela correspond à la puissance de dix réacteurs nucléaires et représente une hausse de 60 % en un an », peut-on lire sur la carte graphique du groupe Ember Energi.
La Guinée accélère depuis 2023
Sur la carte graphique publiée par Ember Energi, la Guinée se distingue par une transformation progressive. Jusqu’en 2022, ses volumes importés étaient quasi inexistants, signe d’un secteur encore embryonnaire et fortement dépendant des centrales hydroélectriques. Mais depuis 2023, la tendance s’inverse et la demande grimpe lentement, avant d’exploser entre 2024 et 2025.
« En juin 2025, les importations cumulées sur douze mois avoisinent 100 mégawatts, un record historique pour le pays », peut-on lire sur la carte graphique publiée par Ember Energi.
L’hydroélectricité ne suffit pas
Malgré les barrages hydroélectriques de Garafiri, Souapiti et Kaléta, entre autres, la capacité actuelle reste insuffisante pour couvrir les besoins énergétiques du pays. La saison pluvieuse, qui s’étend sur sept mois, ne garantit pas une production stable et annuelle. Selon la Banque mondiale, seuls 47,7 % des Guinéens avaient accès à l’électricité en 2022. Ce taux grimpe à environ 75 % en milieu urbain mais chute à 33 % en zones rurales, où la majorité des habitants restent dans l’obscurité, ajoute la Banque mondiale.
Une opportunité pour les investisseurs
Si la Guinée est encore loin des champions africains comme l’Algérie (1 000 MW), le Kenya ou la RDC, sa progression symbolise un tournant. Elle traduit l’intérêt croissant des acteurs privés pour l’énergie solaire et l’urgence de diversifier les sources énergétiques afin de réduire les délestages chroniques qui freinent l’économie.
Derrière ces statistiques du groupe Ember Energi, une entreprise allemande a obtenu l’approbation d’un projet de 84 MW dans les villes de Kankan et Siguiri. « Avec deux centrales solaires de 42 MW chacune, il s’agit de l’un des projets indépendants les plus ambitieux d’Afrique de l’Ouest », peut-on lire sur le site du groupe CleanPower Generation GmbH.
Le solaire comme réponse double
En Guinée, tout comme dans d’autres pays comme l’Afrique du Sud, le solaire n’est plus une alternative marginale mais une véritable solution stratégique. Il apparaît désormais comme une réponse double : améliorer l’accès à l’électricité pour les ménages et réduire la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles et des aléas hydrauliques.
Ibrahima Sory Diallo Moudias













