Santé publique : AMMnet Guinée mise sur l’intelligence des données et la modélisation pour terrasser le paludisme

Participants et responsables au lancement de l'atelier sur la modélisation au CERFIG © Dari Diallo
AMMnet Guinée -Applied Malaria Modeling Network en partenariat avec le CERFIG, ambitionne de franchir un cap technologique dans la lutte contre le paludisme en Guinée. Un atelier de formation dédié au renforcement de capacités en modélisation mathématique s’est ouvert lundi 24 août 2026 au Centre de Recherche et de Formation en Infectiologie de Guinée.
Objectif affiché : rompre avec la répartition uniforme des ressources et adopter une stratégie de précision, guidée par les données épidémiologiques locales.
Un défi sanitaire
Le paludisme reste le premier défi de santé publique en Guinée, frappant de manière disproportionnée les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans. Pourtant, la transmission de la maladie n’est pas la même à N’Zérékoré, à Labé ou sur le littoral en Basse Guinée. C’est pour répondre à cette hétérogénéité qu’AMMnet Guinée déploie l’arme de la modélisation pendant cinq jours tout en misant sur l’intelligence des données pour terrasser le paludisme. Cette phase en présentielle réunit 30 participants axée sur les notions de modélisation spatiale et modélisation mathématique des maladies infectieuses.
Cet atelier vise à marquer un tournant. Il prépare à ne plus simplement constater les cas de paludisme après coup. Il veut prédire la dynamique de la maladie et adapter des ripostes en temps réel. « La modélisation mathématique est une des stratégies qu’on utilise actuellement pour pouvoir convertir les données en prenant des décisions. Comment fait-on pour être le plus optimal possible dans les décisions que nous prenons. Disons habituellement, on utilisait une donnée pour pouvoir prendre des décisions », explique le Pr Alioune Camara, directeur du master en santé publique et le principal investigateur du projet Wamcad en marge de l’ouverture de la session.
« Aujourd’hui grâce à la modélisation mathématique, on a cette capacité de prendre plusieurs données de différents types : sur la santé, l’épidémiologie, sur le climat, pour pouvoir aider à une meilleure prise de décision au profit d’une meilleure santé de la population guinéenne. Voilà ce que nous sommes en train de promouvoir à travers cet atelier », ajoute le Pr Alioune Camara.
Initier les professionnels de santé
Une approche novatrice qui va regrouper un ensemble d’acteurs pour des résultats plus concrets pour venir à bout du paludisme en Guinée. « L’objectif de cette session de formation est aussi de réunir des mathématiciennes, des pharmaciens, des médecins qui chacun dans ses compétences peut aider à promouvoir la modélisation mathématique sur le paludisme. Afin que nous puissions prendre des décisions pour la santé de la population en fonction des réalités du terrain. Et de produire des résultats qui puissent aider les autorités à mieux faire face aux épidémies, à mieux faire face aux maladies et à contrôler et voir même éradiquer le paludisme dans notre pays », déclare le Docteur Seydouba Cherif Camara, président du Réseau AMMnet Guinée.
Cette formation répond forcément au besoin des professionnels de santé pour appliquer les compétences acquises dans le travail quotidien. Pour Adama Diallo, participante à cet atelier, la modélisation mathématique est utile dans la prévention du paludisme.
« La modélisation m’intéresse beaucoup, car elle est très importante, elle nous permet de prendre des décisions qui vont nous permettre d’agir dans le bon sens », insiste-t-elle.
Stoppé le paludisme
La science et la donnée s’allient désormais à la médecine de terrain. Pour AMMnet Guinée, la trajectoire vers l’élimination du paludisme n’est plus une simple ambition, c’est une équation en passe d’être résolue.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le paludisme a causé en 2024 environ 282 millions de cas et 610 000 décès dans le monde. La Région africaine concentrait à elle seule 95 % des cas et des décès, avec 265 millions de cas et 579 000 décès et les enfants de moins de cinq ans restent les plus durement touchés, représentant près de 75 % des décès liés à la maladie dans la région africaine.
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