Après l’échec cuisant des discussions tenues à Busan, en Corée du Sud, fin 2024, les regards de la planète se tournent vers Genève. Près de 180 pays se sont réunis ce mardi 5 août pour une nouvelle session de négociations intergouvernementales placée sous l’égide de l’ONU, avec un objectif aussi ambitieux qu’urgent : élaborer un traité mondial contraignant contre la pollution plastique.
La consommation mondiale de plastique pourrait tripler d’ici 2060, selon les projections de l’organisation de coopération et de développement économiques (l’OCDE) publiées en 2023. « Chaque année, environ 460 millions de tonnes de plastique dans le monde, dont la moitié à usage unique. Moins de 10% des déchets plastiques sont recyclés », déclare l’OCDE.
Un volume colossal dont une part importante échappe aux filières de recyclage et se retrouve dans les rivières, les océans, la faune marine et jusqu’à nos propres assiettes. Le plastique est désormais omniprésent : dans l’eau que nous buvons, les poissons que nous consommons, et même dans notre organisme, via les microplastiques.
Une dichotomie Nord-Sud au cœur des négociations
Face à cette urgence, une coalition de 85 pays, principalement d’Afrique, d’Amérique latine et des îles du Pacifique, plaide en faveur d’un traité ambitieux et juridiquement contraignant. Elle réclame notamment : la limitation de la production de plastique à la source, l’interdiction de certains plastiques à usage unique, et une responsabilisation accrue des grandes industries productrices de plastique.
Selon certaines ONG sur place, ces revendications se heurtent à la résistance de plusieurs grandes puissances industrialisées, souvent soutenues par les puissants lobbys de l’industrie pétrochimique. Pour ces pays, les enjeux économiques pèsent lourdement, au risque de vider le traité de sa substance.
Un compte à rebours pour la planète
Le temps presse. Selon les données de l’ONU, chaque minute, l’équivalent d’un camion de plastique est déversé dans l’océan. Si les négociations échouent une nouvelle fois, le monde pourrait se retrouver avec un accord flou, non contraignant et sans effet réel sur la crise plastique mondiale.
« La lutte contre la pollution plastique ne peut plus attendre. Le traité discuté à Genève doit être un tournant historique, pas un simple compromis diplomatique », alertent les ONG présentes sur place.
Un test pour la gouvernance environnementale mondiale
Ce rendez-vous de Genève représente bien plus qu’un simple cycle de négociations. Pour plusieurs observateurs cette négociation est perçue comme un test majeur pour la capacité des États à agir collectivement face à une crise écologique mondiale.
À l’heure où les conséquences de la pollution plastique sont visibles sur tous les continents, la communauté internationale n’a plus le droit à l’erreur. Le monde attend un traité fort avant la clôture du sommet le 14 août prochain. Genève pourrait en être le berceau ou le tombeau.
Issa BARRY













