Les douleurs menstruelles, souvent minimisées dans la société, sont en réalité un calvaire mensuel pour de millions de femmes. Entre crampes, vomissements, fatigue extrême et absences répétées à l’école ou au travail, ces douleurs peuvent devenir un véritable handicap. En Guinée, peu de femmes consultent un gynécologue, par manque d’informations ou par banalisation de la douleur. Pourtant, il est urgent de sensibiliser et de consulter un spécialiste dès les premiers signes anormaux.
La menstruation est un phénomène physiologique au cours duquel l’utérus évacue du sang et des tissus par le vagin. C’est un processus mensuel, naturel et sain chez les personnes qui ont un utérus, non enceintes en âge de procréer (femmes, filles, hommes transgenres ou personnes non-binaires).
Les femmes, qu’elles soient ministres, présidentes, miss ou simples citoyennes, peuvent être victimes de règles douloureuses. De l’âge de la puberté à la ménopause, certaines vivent cette réalité alarmante sans être comprises par leur entourage (employeur, mari, frère, père…).
Pourtant, celles qui en sont victimes souffrent en silence, se tordant de douleur dans les bureaux, les salles de classe, les marchés… Quoi qu’on dise, ces douleurs féminines sont réelles et non imaginaires.
Deux types de douleurs menstruelles
« Il existe deux grandes catégories de douleurs menstruelles : la dysménorrhée primaire et la dysménorrhée secondaire. La dysménorrhée primaire survient dans les premiers jours des règles, sans cause médicale identifiée. Elle est souvent liée aux contractions de l’utérus. Ces douleurs sont fréquentes, mais peuvent être très intenses », explique le Dr Guilavogui Foromo Nestor, médecin généraliste.
En revanche, la dysménorrhée secondaire est généralement observée après plusieurs cycles. Elle est souvent due à des infections, à certains moyens de contraception ou à des pathologies comme l’endométriose, les fibromes ou les kystes ovariens.
« Ce type de douleurs doit alerter. Il est essentiel de consulter un spécialiste pour poser un diagnostic précis et éviter des complications, notamment sur la fertilité », affirme le médecin.
Chaque mois, un combat contre la douleur
« Souvent, des patientes se présentent avec des douleurs intenses au bas-ventre, principalement au début des règles. C’est une douleur cyclique qui revient chaque mois et qui perturbe profondément leur quotidien », explique le Dr Nestor. Il rappelle que certaines femmes attendent que la douleur soit insupportable avant de se rendre à l’hôpital. « En général, les patientes ne viennent consulter que lorsque la situation devient intenable. Pourtant, il existe des alternatives médicales comme les anti-inflammatoires, mais aussi des solutions naturelles comme le sport ou les exercices physiques réguliers », ajoute-t-il.
Témoignage d’une, prisonnière de ses règles
Un combat que mène chaque mois Marianne Bangoura, victime de douleurs menstruelles intenses « Je souffre de règles douloureuses depuis 5 ans. Les douleurs sont variées, telles que des crampes dans les jambes, des douleurs intenses dans le bas-ventre, des vomissements et surtout une fatigue extrême. Ces douleurs sont parfois si intenses que je suis obligée de rester à la maison et de manquer l’école ou le travail jusqu’à ce que la douleur se calme. C’est un véritable handicap qui m’empêche de vivre normalement », témoigne Marianne Bangoura.
Malgré les traitements, certaines femmes continuent de souffrir intensément, comme Marianne Bangoura, qui tente tant bien que mal de soulager ses douleurs au quotidien.
« Quand les douleurs deviennent trop fortes, je consulte mon gynécologue qui me prescrit des traitements, notamment des injections pour soulager. Je complète aussi avec du thé Lipton et du sport pour mieux gérer les symptômes. Cependant, je ressens parfois des envies étranges et une colère constante. Heureusement, mon entourage me soutient et comprend que ce n’est pas une simple douleur, mais une véritable épreuve », poursuit-elle.
Quand faut-il consulter ?
Selon le Dr Guilavogui, médecin généraliste, si la douleur persiste malgré les traitements de base, il faut absolument faire des examens médicaux. Il souligne également que certains cas nécessitent des antibiotiques, notamment si une infection est détectée à travers des analyses. « Ce n’est pas une fatalité. Une femme qui ressent ces signes doit se rendre à l’hôpital immédiatement pour comprendre ce qui se passe. Sinon, cela peut aller jusqu’à affecter sa fertilité », prévient le médecin.
Vivre avec la douleur au quotidien
Les règles douloureuses sont à ce jour un véritable problème pour l’épanouissement des femmes. Ainsi, c’est un combat à mener pour préserver l’avenir et la santé féminine. « Si une jeune fille ou une femme souffre de douleurs menstruelles, il faut les traiter, consulter un médecin spécialiste et trouver des solutions pour qu’elle puisse poursuivre ses études et sa vie professionnelle », conclut le Dr Guilavogui Foromo Nestor, médecin généraliste.
Kadiza SOW













