mercredi 21 janvier 2026 :
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Mamadou Boundhoukoura Bah : le jeune chercheur qui a transformé un rêve contrarié en vocation pour la science

Chercheur à l’Institut de Recherche en Biologie Appliquée de Guinée (IRBAG) et membre du laboratoire de virologie, Mamadou Boundhoukoura Bah incarne une génération de scientifiques guinéens portés par la rigueur, la patience et la passion. Derrière son parcours se cache une histoire faite d’obstacles surmontés, de détermination profonde et d’un engagement sans faille pour la recherche biomédicale.

De l’enfance agitée au rêve de soigner

Lorsqu’il évoque son enfance, Mamadou Boundhoukoura Bah sourit. «J’étais perturbateur, franchement. Tous ceux qui me connaissent sont étonnés de voir ce que je fais aujourd’hui », confie-t-il.

Mais derrière l’image du garçon turbulent se trouvait déjà une sensibilité particulière, une attirance instinctive pour le soin. Cette vocation prend racine auprès de sa grand-mère, souvent malade. Il était donc chargé d’aller chercher le médecin et d’assister la vieille femme. Ces moments ont forgé en lui une idée simple mais puissante : être utile aux autres, à sa famille comme à sa communauté.

Un rêve de médecine détourné, mais jamais perdu

Après un parcours scolaire long et exigeant, ponctué de trois tentatives au baccalauréat qu’il décroche en 2010, son rêve de médecine s’éloigne. Il est orienté à l’Institut des Sciences et Techniques (IST) de Mamou, dans le département biologie-chimie. « Moi qui rêvais d’être médecin, je vois la biologie auprès de moi. Mais c’était une opportunité. Je me suis dit : ce n’est pas la destination qui compte, mais ce que je ferai du chemin », raconte le chercheur.

Il se lance alors dans les techniques de laboratoire, sans imaginer que cette réorientation deviendrait la porte d’entrée d’une carrière scientifique. Chercheur engagé et contributeur à plusieurs études majeures, aujourd’hui, Mamadou Boundhoukoura Bah est chercheur confirmé.

Des publications scientifiques à son actif


Il compte plus de sept publications scientifiques, dont plusieurs études en collaboration. La plus récente, en 2025, porte sur la séroprévalence post-Ebola. Son équipe a démontré que les personnes ayant survécu au virus développent des immunoglobulines G anti-Ebola, une avancée utile pour comprendre l’immunité à long terme. Son domaine ; la virologie, un champ qu’il décrit comme « la vie actuelle ». Pour lui, étudier les virus, c’est contribuer directement à la protection des populations. Patience, rigueur et méditation sont les ressorts d’une vocation déjà célébrée.

Parmi ses qualités, il cite la patience, l’amour du travail bien fait, et une grande capacité d’attention. Son principal défaut, « Je ne suis pas éloquent », reconnaît-il humblement.

Le chercheur confie aussi son besoin de moments d’isolement pour se ressourcer.
Sa journée idéale se déroule au bord de la mer, ou dans un lieu calme, consacré à la méditation, pour « réfléchir profondément à moi-même, à mon environnement et au futur », dit-il.

Sa thèse, sa priorité absolue et son tremplin pour demain

Actuellement doctorant, il voit l’achèvement de sa thèse comme son défi central.
« Finir ma thèse, c’est résoudre l’un de mes plus grands problèmes. Je m’en suis toujours rêvé, et aujourd’hui je suis sur le chemin », affirme le chercheur. Mais il le souligne : « après ce diplôme, je ne compte pas m’arrêter. La recherche sur les virus est devenue sa mission de vie ».

Un parcours semé d’obstacles, mais jamais de renoncement

Les difficultés, il en a connu : contraintes sociales et familiales, défis administratifs, manque de moyens. « Les problèmes ne finissent jamais », dit-il simplement.

Pourtant, il avance. Grâce aux conseils reçus, à la formation continue, à l’ouverture internationale, et surtout à la passion. Il voyage, échange, apprend, partage. C’est cela, selon lui, le moteur du jeune chercheur : « Le courage de commencer, la persévérance de continuer ». Aujourd’hui, son parcours inspire. Lui-même en est conscient.

« Il y a eu beaucoup de défis relevés. Ce que je fais aujourd’hui, c’était ma passion personnelle. Même un rêve contrarié peut conduire à une vocation encore plus forte », s’adressant à la jeunesse.  La famille, pilier incontournable chercheur souvent en déplacement, il n’oublie jamais l’essentiel. « Je peux partir deux mois, six mois. Mais la famille reste la famille. C’est une question de complémentarité. Il faut communiquer pour qu’elle comprenne que ce que nous faisons, c’est pour nous tous »,dit le chercheur.

Le parcours de Mamadou Boundhoukoura Bah n’est pas celui d’une ligne droite, mais celui d’une ascension patiente, forgée par les épreuves. Entre ambition scientifique, engagement communautaire, passion pour la virologie et quête de sens, il incarne une nouvelle génération de chercheurs africains, résiliants et déterminés.

Mamadou Kindy Bah

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