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Dermatologie : trois jours de science, de formation et d’engagement à Conakry

vue d'ensemble lors des 6èmes journées de dermatologie, avril 2026 à Conakry © Moudias

Pendant trois jours, dermatologues, chercheurs et experts de la sous-région se sont réunis à Conakry pour renforcer les compétences, partager les avancées scientifiques et améliorer la prise en charge des maladies de la peau. Entre formation pratique, échanges scientifiques et enjeux de santé publique, la dermatologie guinéenne amorce un tournant stratégique.

Une ouverture sous le signe des priorités sanitaires

Les activités ont débuté au CHU Ignace Deen avec un atelier consacré à la chirurgie dermatologique. Dès la cérémonie d’ouverture, Fatoumata Batouly Diallo, conseillère chargée de mission au ministère de la Santé, a inscrit cette rencontre dans les priorités sanitaires nationales. « Le renforcement des compétences en dermatologie, notamment chirurgicale, répond à un besoin réel de santé publique. Il s’agit d’améliorer l’offre de soins spécialisés et de rapprocher les services des populations », a-t-elle affirmé.

Un message qui a donné le ton d’une rencontre résolument orientée vers la formation, l’amélioration des pratiques médicales et la réduction des évacuations sanitaires.

Immersion dans la chirurgie dermatologique

La première journée a été consacrée à la formation pratique, alternant communications scientifiques et démonstrations techniques. Les participants ont suivi des présentations sur l’exérèse des tumeurs cutanées, la reconstruction cutanée et la prise en charge des complications. Les organisateurs ont insisté sur l’importance stratégique de cette spécialité encore émergente en Guinée.

« Le thème de ces journées, médecine et peau, chirurgie dermatologique et maladies tropicales négligées, est au cœur des enjeux actuels de santé publique en Afrique. Car la peau n’est pas une simple enveloppe esthétique : elle est une interface vitale, un miroir des pathologies systémiques et un champ d’innovation médicale et chirurgicale », souligne le Pr Mohamed Cissé, président de la SOGUIDERM.

Dans les salles de formation, les gestes techniques ont été au cœur de l’apprentissage : blouse, gants, masque, instruments en main, les participants ont été plongés dans les réalités de la chirurgie cutanée.

« Nous sommes en Afrique avec des réalités particulières. Des pathologies comme l’albinisme et les cancers cutanés liés au soleil sont très fréquentes. La prévention et la prise en charge précoce sont essentielles », explique le Pr Kouamé Kanga, maître de conférences en dermatologie et chirurgie cutanée.

Science et coopération régionale à l’honneur

La deuxième journée a marqué l’ouverture des sessions scientifiques, réunissant praticiens, enseignants-chercheurs et spécialistes venus de plusieurs pays. Les communications ont porté sur les cancers cutanés, les maladies infectieuses dermatologiques, les dermatoses chroniques et les innovations thérapeutiques adaptées aux contextes africains.

Le président scientifique des 6èmes Journées de dermatologie a mis en avant l’importance du partage d’expériences et des valeurs fondamentales du métier. « Le savoir, le savoir-faire et le savoir-être constituent les trois piliers essentiels de notre profession. Le savoir seul peut devenir insuffisant, le savoir-faire sans savoir-être peut manquer d’humanité, et le savoir-être sans savoir-faire peut manquer d’efficacité », a déclaré le Pr Adama Traoré.

Selon lui, « c’est cet équilibre qui guide l’action d’un dermatologue ». Les débats ont également souligné la nécessité de renforcer la recherche et la formation continue dans la discipline.

Maladies tropicales et défis sanitaires au cœur des échanges

La troisième journée a été consacrée aux communications scientifiques et aux perspectives pour la dermatologie en Guinée. Les discussions ont mis en avant plusieurs priorités : développer la chirurgie dermatologique, améliorer l’accès aux soins spécialisés, renforcer la formation et encourager la recherche.

« Notre ambition est de réduire les évacuations sanitaires pour des actes dermatologiques et de permettre aux patients d’être pris en charge localement avec des standards de qualité élevés », affirme le Pr Mohamed Maciré Soumah, dermatologue-vénérologue, enseignant-chercheur à la Faculté des sciences et techniques de santé de l’UGANC.

Les conférences ont également mis en lumière l’actualité de plusieurs maladies tropicales négligées, telles que la lèpre, le pian, le mycétome et l’ulcère de Buruli, tout en présentant les avancées diagnostiques et thérapeutiques ainsi que les défis persistants en Afrique.

Une attention particulière a été accordée à la prévention des cancers cutanés, notamment chez les personnes atteintes d’albinisme, à la prise en charge d’infections émergentes comme le Mpox, ainsi qu’aux enjeux liés au VIH et aux effets des traitements antirétroviraux. Les présentations ont également illustré la diversité des recherches menées dans la sous-région : qualité de vie des patients, apport de la biopsie cutanée, innovation numérique en santé communautaire et potentiel des plantes médicinales.

Une dynamique appelée à se renforcer

Au terme de ces trois jours d’échanges scientifiques et de formation, les participants ont salué une forte mobilisation autour de la dermatologie en Guinée. « Nous avons beaucoup appris. C’est une rencontre scientifique très instructive », témoigne le Dr Mamadou Aliou Souaré, participant.

Dans son discours de clôture, le président de la Société Guinéenne de Dermatologie a invité les participants à transformer ces acquis en actions concrètes, afin de consolider les engagements pris et de poursuivre le développement de la discipline dans le pays.

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