Covid19 en Guinée : une 2ème vague ? Pléthore dans les CTEPI ? Dr Dimai Ouo Ouo nous dit tout…

Au 09 avril 2021, la Guinée totalise officiellement 20.807 cas confirmés de covid-19, pour 133 décès. Mais le nombre de malades qui affluent dans les centres de traitements a connu ces derniers temps une forte augmentation. Cette situation est d’autant préoccupante surtout quand on sait que le pays fait face, depuis le 14 février 2021, à une autre épidémie, celle d’Ebola. Forte affluence des malades qui n’arrivent plus à trouver de la place dans les CTEPI, stratégie de confinement à domicile… Dr Dimai Ouo Ouo Kpamy, chef d’unité chargé du suivi et de l’évaluation de la prise en charge à l’Agence nationale de sécurité sanitaire, répond à Universciences.

Portes closes dans les CTEPI : il ya un problème de capacité d’accueil. Sur les 33 que compte le pays, c’est le même constat : saturés, débordés, pleins. Malgré que l’ANSS ait ouvert tout récemment un autre centre à Sonfonia – commune de Ratoma – qui a une capacité d’accueil de 200 lits ; l’équation est loin d’être résolu. Pour un début de solution, le département suivi et évaluation de la prise en charge à l’Agence nationale de sécurité sanitaire travaille sur la stratégie de confinement à domicile des personnes malades de covid-19 avec tout le nécessaire de sécurité sanitaire y affèrent.

« Avec cette stratégie de confinement à domicile, ça va nous permettre de ne pas aller à certains pléthores au niveau des CTEPI. Au sein de la communauté, il s’agit de couper la chaine de transmission et cela ne peut marcher qu’avec la vaccination et le respect des gestes barrières, » fait savoir Dr Dimai Ouo Ouo Kpamy.

La Guinée fait face à une flambée des cas de covid-19. Ce qui explique un débordement dans les centres de traitement épidémiologique. A ce jour, le pays comptabilise plus de mille cas dans ces structures.

« Il ya assez de personnes qui sont confirmés chaque jour, cela veut dire qu’on est à la 2eme vague. Et rapidement, l’ANSS a adopté sa stratégie de riposte ; vu qu’à Conakry, il n’y avait que 5 CTEPI fonctionnels, on était obligé d’ouvrir le CTEPI de Sonfonia d’une capacité de 200 lits. Nous sommes en train de tisser le lien avec les communes dans le but qu’on puisse développer une prise en charge communautaire, lorsque les critères de confinement s’y prêtent ; puisqu’on a fait une fiche technique pour pouvoir regarder qui peut être confiné ou pas à domicile, » affirme Dr Kpamy, chef d’unité chargé du suivi et de l’évaluation de la prise en charge à l’Agence nationale de sécurité sanitaire.

Les conséquences du relâchement des mesures barrières sont présentes

Le non-respect des mesures barrières par la majorité des citoyens peut entrainer la propagation du virus dans les populations. C’est pourquoi le Docteur Dimai rappel un fait récent dans la prise en charge des CTEPI, et les conséquences de ce comportement incivique sont présents, « à un moment donné, jusqu’en novembre 2020, les règles étaient strictes, et on avait assisté à une baisse du taux des cas de covid-19 et aussi cette baisse avait poussé l’Etat d’alléger ses mesures barrières sanitaires. Après cet allégement, les gens sont restés dans ça et finalement, ils ne respectaient pas. Cela nous a emmenés à une seconde vague. »

Les malades obligés de rester chez eux

Faute d’avoir de place dans les centres de traitement épidémiologique, les malades de covid-19 sont obligés de s’isoler à domicile, sur recommandation de l’Agence nationale de sécurité sanitaire. Une raison de plus de craindre le pire d’arriver alors que les malades ne savent que faire.

 

 Propos recueillis par Mamadou Kindy Bah

Décryptage : Amadou Dari Diallo

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