Covid-19/ : les réseaux sociaux mis à contribution pour écouler les produits en Guinée Forestière

Avec l’apparition du coronavirus, les exploitants agricoles au sein de la fédération des producteurs de la Guinée forestière ont dû prendre de nouvelles habitudes dans l’écoulement des produits prêts à la consommation. Alors que la pandémie de covid-19 n’est pas déclarée finie, le groupement apprend à faire face à ses diverses répercussions pour arrêter les activités de production et d’écoulement. Dans cet entretien, Universciences reçoit  Isaac Koi, technicien au sein de la Fédération des producteurs de Guinée, pour découvrir ce que fait le groupement agricole pour renforcer la résistance au travail.

S’intéresser aux réseaux sociaux, créer des pages Facebook de vente en ligne, il fallait nécessairement en faire recours pour assurer la continuité d’écoulements des produits. Et de ce fait, la fédération a salué l’expérience et cela a bien fonctionné. « Nous avons initié certaines innovations : des pages Facebook, pour faire la promotion des marchandises et finalement on a compris que c’était un atout où il fallait vraiment passer pour créer des conditions pour une agriculture résiliente » explique Isaac Koi, technicien au sein de la Fédération des producteurs de Guinée.

Des pages Facebook et des blogs créés pour écouler les marchandises

Du moment que les clients ne venaient plus, les frontières fermées, à travers des pages Facebook et des blogs qui ont été créés par des jeunes ont quand même permit d’approvisionner la capitale Conakry. Une belle réussite qui a fait éviter le pourrissement des produits. « Effectivement, par ce qu’à travers ces pages, on a compris que même en ligne ils ont pu avoir des contacts. Certains même on fait des achats en ligne. Ils ont embarqué des stocks ici pour Conakry et c’est arrivé au bon port. Donc cela a été un ouf de soulagement pour ces jeunes-là », ajoute-t-il.

Bien que les mesures restrictives ont été nombreuses à tous les niveaux, la vente en ligne est devenue un goût pour vendeurs et acheteurs des produits au sein de la fédération ; même si d’autres sont revenus à la vente habituelle. «Je dirai que c’était une innovation et que les gens ont compris. Parce que l’innovation est partie d’une situation où les gens ne pouvaient se déplacer. Mais à partir de l’instant où les mesures restrictives ne sont plus comme avant, les gens ont pris goût à ça. Le shopping, où les gens font la vente directe à la main. Mais l’autre vente en ligne vraiment c’est encourageant et ça continue aussi », affirme le technicien.

Le constat est que depuis le début de la crise sanitaire, les producteurs de la filière agricole ont connu des difficultés sur toute la ligne. En cause, les paysans ne pouvaient se regrouper dans les champs… Les activités sont totalement mises à rude épreuve. « Il faut savoir que depuis l’avènement de la covid-19 en Guinée, jusqu’à nos jours le secteur agricole a été perturbé, surtout le monde paysan. Parce que nous, nous accompagnons nos organisations à la base. Depuis le mois de mars 2020 jusqu’à nos jours les paysans ont été perturbés. D’abord il a été dit aux paysans de ne pas se regrouper et cela a créé la méfiance entre les producteurs à la base et même les activités agricoles, les travaux champêtres, où les gens pouvaient se mettre en groupe pour aller travailler, cela n’était pas facile », a déploré Isaac Koi.

La fédération a connu de pertes et des difficultés

Quant à la production, la covid-19 a fait subir de fortes baisses à la fédération. Et de même que le rendement a été affecté, le manque des intrants agricoles, les prix se sont revus à la hausse. Isaac Koi, rappelle les pertes enregistrées : « En décembre 2019, nous nous sommes retrouvés à plus de 1.775 tonnes de riz paddy. Et à la fin de l’année 2020, quand nous avons fait le bilan, de 1000 tonnes, nous nous sommes retrouvés à 775 tonnes. Regardez un peu l’écart, donc une fois que le rendement est affecté, cela impacte directement le revenu des producteurs. Si je prends par exemple le prix des denrées de première nécessité, à ce jour le prix est parti à la hausse, parce que cela est dû à la baisse de la production de l’année précédente. Notre constat majeur vers Lola, étant très proche de la frontière guinéo-ivoirienne, elle a été fermée, et c’est de la Côte d’Ivoire, on faisait venir beaucoup de produits phytosanitaires, et les paysans s’approvisionnent facilement pour mener leurs activités agricoles à la base. Et quand la frontière a été fermée du coup le prix des produits agricoles a augmenté. Et cela a fait que les paysans étaient confrontés à des difficultés d’accès à des intrants pour la mise en œuvre de leurs activités agricoles ».

La vente en ligne expérimentée par beaucoup de groupements

Vendre les produits agricoles en ligne est possible. La pandémie de coronavirus a accéléré l’expansion du commerce électronique vers de nouvelles catégories de produits et de consommateurs dans beaucoup de regroupements agricoles du pays. La fédération travaille davantage pour développer la vente en ligne d’autres produits, c’est pour cela que Isaac Koi promet : « On est en train de voir à travers des produits initiés pour développer le numérique ».

 

Propos recueillis : Aissatou Barry et Lancinet Sidibé

Décryptage : Amadou Dari Diallo

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