En Guinée, la consultation prénuptiale reste encore peu connue et peu pratiquée, alors qu’elle permet de dépister et prévenir certaines maladies transmissibles ou héréditaires. Le Dr Édouard TOLNO, médecin généraliste au centre de santé de Ratoma, appelle à la vulgarisation de cette démarche pour protéger les couples et leurs futurs enfants.
La consultation prénuptiale, est un examen médical effectué avant le mariage afin de dépister des maladies pouvant affecter la santé des futurs époux ou celle de leurs enfants à naître. Elle comprend généralement un bilan sanguin, des tests sérologiques et selon les antécédents, des examens génétiques.
Le Dr Édouard TOLNO médecin généraliste précise : « Cet examen permet d’identifier des pathologies comme le VIH, l’hépatite B, la syphilis, la drépanocytose ou encore certaines anomalies sanguines. Connaître son état de santé avant le mariage permet d’éviter des drames familiaux. »

Dépistage précoce pour une prise en charge adéquate
La consultation prénuptiale ne se limite pas à un simple bilan de santé : elle peut aussi éviter à des couples de prendre des décisions lourdes de conséquences pour la santé de leurs futurs enfants. Pour le Dr TOLNO : « dans certains couples, le dépistage révèle que les deux partenaires sont porteurs du gène de la drépanocytose. Dans ce cas, il est possible de leur expliquer les risques et de proposer un suivi médical adapté. Quel que soit le résultat de la consultation il ne peut en aucun cas annuler un mariage déjà conclu. Elle vise avant tout à informer, dépister et protéger la santé des futurs époux, mais intervient généralement avant l’union officielle. »
Une pratique peu courante en Guinée
En Guinée, la consultation prénuptiale n’est pas obligatoire, contrairement à certains pays où elle est imposée par la loi. Cette absence de cadre légal, associée à un manque de sensibilisation, explique son faible taux d’adoption.
« Beaucoup de jeunes ne connaissent pas l’existence de cet examen, ou pensent à tort qu’il peut empêcher leur mariage. En réalité, il s’agit d’une démarche de protection, pas d’interdiction », souligne le Dr TOLNO.
Les avis des futurs époux
Luis Robert, citoyen rencontré à la Cimenterie, est favorable à l’idée de réaliser cette consultation avec sa future conjointe avant leur union.
« Malgré le fait que, dans notre pays, nous n’ayons pas suffisamment d’informations sur cet examen médical, moi, je serai heureux de le faire. Cela nous permettra, ma future épouse et moi, de connaître d’éventuelles complications pouvant concerner nos enfants », affirme-t-il.
De son côté, Alhassane Cheick, citoyen rencontré à Kabgelen, semble mieux informé.
« Personnellement, je suis tout à fait d’accord pour réaliser cette consultation avec ma future femme. D’ailleurs, je me sens même obligé de le faire. Parce que cela me permettra d’éviter certaines maladies à mes futurs enfants. Si cette consultation est faite, cela nous permettra d’éviter certains handicaps ou maladies à un enfant qui est innocent », précise-t-il.
Pour mieux informer les jeunes, les spécialistes préconisent de mener des campagnes d’information et de sensibilisation dans les médias, les écoles et les lieux de culte.
« Plus les couples seront informés, plus ils comprendront que la santé doit être une priorité avant le mariage. C’est une assurance pour un avenir familial plus serein », conclut le Dr Édouard TOLNO.
Kadiatou SOW













