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MédicamentSanté

Automédication en Guinée : un fléau qui menace la santé publique

Une femme prenant des comprimées © Internet

En Guinée, l’automédication est une pratique quotidienne, surtout dans les zones rurales. Sans prescription médicale, de nombreuses personnes consomment des antibiotiques, des antipaludéens, des antalgiques ou encore des plantes médicinales, pensant se soigner efficacement. Pourtant, cette pratique comporte de graves risques pour la santé publique.

L’automédication favorise la résistance aux antibiotiques, augmente le risque d’intoxication médicamenteuse et peut entraîner des problèmes hépatiques ou cardiovasculaires.
« Plusieurs patients arrivent à l’hôpital après avoir développé des complications liées à un usage abusif ou inapproprié de médicaments », affirme le Dr Karamo Kaba, spécialiste en santé publique.

Des citoyens partagés sur la question

Oumar Sylla reconnaît y avoir recours, en ignorant les conséquences qui pourraient survenir.
« Il m’arrive parfois de pratiquer l’automédication, surtout pour les maux de tête ou la fatigue. Jusqu’ici, je n’ai pas eu de problème de santé lié à cette pratique et je ne connais personne qui en ait souffert », affirme Oumar Sylla.

Contrairement à certains citoyens, d’autres ont pris conscience de la dangerosité de cette pratique et rejettent totalement cette habitude.
« Personnellement, je ne fais pas d’automédication. Quand j’ai un problème de santé, je vais à l’hôpital pour connaître la cause avant de me traiter », explique Moussa Kourouma, citoyen.

Les principales causes de l’automédication

En Guinée, comme dans de nombreux pays d’Afrique Subsaharienne, l’automédication s’explique par une combinaison de facteurs sociaux, économiques et culturels.
« Le coût élevé des consultations médicales pousse de nombreux citoyens à éviter les structures de santé, préférant se soigner eux-mêmes. À cela s’ajoute le manque d’accès aux centres de santé, surtout dans les zones rurales où les distances et le mauvais état des routes compliquent les déplacements », regrette le Dr Kaba.

Par ailleurs, l’achat de médicaments reste très facile, y compris dans les pharmacies agrées ou non agréées et sur les marchés clandestins, où l’on trouve souvent des produits vendus sans ordonnance et parfois mal conservés. Le déficit d’éducation sanitaire joue un rôle majeur.
Selon le Dr Kaba, beaucoup ignorent les dangers liés à la consommation inappropriée de médicaments ou se fient à des conseils non médicaux donnés par des proches ou des vendeurs.

Les conséquences possibles

Cette pratique n’est pas sans danger. L’automédication peut favoriser l’apparition d’une résistance aux traitements, notamment aux antibiotiques, rendant certaines maladies plus difficiles à soigner. « Elle expose également à des effets secondaires graves, allant à des allergies aux intoxications médicamenteuses. De plus, en masquant ou en modifiant les symptômes, elle complique le travail de diagnostic des médecins, ce qui peut conduire à un traitement inadapté et retarder la prise en charge appropriée », affirme le Dr Kaba.

Des solutions pour y mettre fin

La lutte contre l’automédication passe par un renforcement de la réglementation pharmaceutique, des campagnes de sensibilisation à grande échelle et une meilleure couverture sanitaire. « Seul un professionnel de santé peut déterminer le bon traitement. La santé ne s’improvise pas, elle se soigne avec rigueur », conclut le Dr Kaba.

Yaya Berete

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