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Environnement

Fossiles, publicités et diplomatie : pendant que le monde négocie, Amsterdam agit

Les centrales à énergie fossile sont parmi les plus grandes émettrices de gaz à effet de serre. © © Unsplash/Ella Ivanescu

Pour tracer une ligne claire au nom de l’urgence climatique, Amsterdam est devenue la première capitale au monde à bannir de l’espace public les publicités pour la viande et les énergies fossiles.

La décision, adoptée par le conseil municipal en janvier par 27 voix contre 17, couvre l’ensemble des espaces publics de la ville, panneaux d’affichage, transports en commun, abribus et stations. Elle est entrée en vigueur le 1er mai.

La ville ne commencera cependant à appliquer des sanctions qu’en 2027, les mois à venir servant de période de transition pour permettre aux opérateurs et annonceurs de s’adapter. Mais le signal envoyé, lui, est immédiat selon le NL Times.

Ce geste d’une capitale européenne contraste avec ce qui se passait simultanément à l’autre bout du monde. Du 24 au 29 avril, à Santa Marta, en Colombie, s’est tenue la première conférence internationale sur une ère sans énergies fossiles, réunissant une « coalition des volontaires » composée de plus de 50 pays. Leur objectif : identifier des solutions concrètes pour accélérer la transition énergétique mondiale et doter leurs États d’une feuille de route d’ici à la COP31, rapporte Greenpeace Belgique.

Le paradoxe est criant. D’un côté, une conférence co-organisée par la Colombie et les Pays-Bas, pays dont la capitale vient justement d’effacer les logos pétroliers de ses rues. De l’autre, des puissances mondiales dont l’économie, la politique étrangère et parfois la survie reposent intégralement sur ces mêmes ressources. Les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre de la planète, notamment les États-Unis, la Chine et l’Inde, n’étaient pas présents, pas plus que les États du Golfe riches en pétrole.

Le président colombien Gustavo Petro a établi un lien direct entre les conflits actuels et la dépendance énergétique, affirmant que « les guerres auxquelles nous assistons sont motivées par des stratégies géopolitiques désespérées autour des ressources fossiles » peut-ont lire sur Euronews. Une phrase qui sonne comme un diagnostic brutal.

De son côté, la ministre néerlandaise du Climat Stientje van Veldhoven a déclaré que « la conclusion est inévitable : nous devons abandonner les combustibles fossiles, non seulement parce que c’est bon pour le climat, mais aussi parce que cela renforce notre indépendance et notre sécurité énergétiques » écrit Euronews.

Reste à savoir si les actes suivront les discours ou si la décision d’Amsterdam demeurera, pour l’heure, l’exception qui confirme la règle.

 

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