Aller au contenu
À la une
Virus des moustiques en Guinée : une étude révèle une circulation discrète dans huit régions16 séances de chimiothérapie : M’balia Batchily raconte son combat contre le cancer du seinSurdité en Guinée : quand la perception sociale complique le suiviÀ l’UGANC, 206 diplômés appelés à transformer leurs recherches en solutions pour la GuinéeLe vinaigre de cidre, la cannelle, le thé vert et le clou de girofle ne « tuent » pas le sucre dans l’organisme des diabétiquesRetards cardiaques à Conakry : ce que révèle une étude guinéenneDécoction de corossol, citronnelle et cendre pour traiter tous les cancers : attention à ce remède dangereux pour la santé NON, les graines de fenugrec ne peuvent pas remplacer les médicaments contre le diabète comme l’affirme Barry PellalVirus des moustiques en Guinée : une étude révèle une circulation discrète dans huit régions16 séances de chimiothérapie : M’balia Batchily raconte son combat contre le cancer du seinSurdité en Guinée : quand la perception sociale complique le suiviÀ l’UGANC, 206 diplômés appelés à transformer leurs recherches en solutions pour la GuinéeLe vinaigre de cidre, la cannelle, le thé vert et le clou de girofle ne « tuent » pas le sucre dans l’organisme des diabétiquesRetards cardiaques à Conakry : ce que révèle une étude guinéenneDécoction de corossol, citronnelle et cendre pour traiter tous les cancers : attention à ce remède dangereux pour la santé NON, les graines de fenugrec ne peuvent pas remplacer les médicaments contre le diabète comme l’affirme Barry Pellal
MaladieSanté

Contraception en Guinée : un sujet encore tabou malgré les enjeux de santé publique

Pilule OMS 1B © OMS

Manque d’information, difficultés d’accès, préjugés socioculturels… La planification familiale reste un défi majeur en Guinée. Le médecin généraliste Dr Ben Yousouf KEÏTA alerte sur cette réalité préoccupante et appelle à une meilleure sensibilisation.

En Guinée, malgré la disponibilité de plusieurs méthodes contraceptives (pilules, implants, injections, préservatifs…), la contraception demeure un sujet sensible. Selon le Dr Ben Yousouf KEÏTA, la contraception « consiste à éviter une grossesse non désirée », qu’elle soit hormonale ou mécanique.

Elle constitue un outil essentiel pour la santé reproductive, notamment dans la lutte contre les grossesses précoces et les complications maternelles.

Pourtant, le dernier rapport du Programme de Demande Démographique (DHS) de 2018 révèle un faible taux de communication sur la planification familiale : seulement 3 % des femmes non utilisatrices avaient été contactées par des agents de terrain, et 4 % des femmes ayant visité un établissement de santé avaient discuté de ce sujet.

Les bénéfices de la contraception

La planification familiale ne se limite pas à la prévention des grossesses non désirées. Elle joue également un rôle majeur dans la réduction des risques liés aux avortements clandestins et dans l’espacement des naissances, ce qui contribue à protéger la santé maternelle. Elle représente aussi un moyen d’émancipation pour les femmes, en leur donnant plus d’autonomie dans leurs choix de vie, et participe à la lutte contre les infections sexuellement transmissibles, notamment grâce à l’utilisation du préservatif.

Pour le Dr KEÏTA : « la contraception est un droit fondamental. Elle permet aux femmes et aux couples de mieux organiser leur vie familiale et de préserver leur santé. »

Dr Ben Youssouf Keita, médecin généraliste

Il souligne également que : « les grossesses fatiguent les femmes et peuvent mettre leur vie en danger. Contrairement aux hommes, les femmes ont une ménopause qui limite leur fertilité, d’où l’importance des méthodes contraceptives. »

Des obstacles persistants

Malgré ses nombreux avantages, la contraception reste entravée par des obstacles bien connus. Les croyances religieuses et socioculturelles continuent d’influencer les choix des familles. Le manque d’information fiable alimente les hésitations, tandis que la peur des effets secondaires, réels ou supposés, freine l’adoption de ces méthodes. À cela s’ajoutent des difficultés économiques et logistiques qui limitent l’accès aux produits contraceptifs.

Le Dr KEÏTA insiste sur la nécessité du dialogue au sein du couple avant toute décision. Selon lui : « Il est important pour la femme de s’assurer de sa situation familiale avant toute méthode contraceptive. Le dispositif intra-utérin, par exemple, doit être posé pendant les règles ou juste après, avant tout rapport. »

Il recommande aussi une consultation préalable auprès d’un gynécologue ou d’une sage-femme.

Vers une meilleure sensibilisation

Les autorités sanitaires et les partenaires au développement multiplient les campagnes d’information, mais les résultats restent limités. Selon les données du Programme Demographic and Health Surveys (DHS), parmi les femmes ayant visité un établissement de santé, seules 4 % ont abordé la planification familiale, contre 41 % qui ne l’ont pas fait.

Selon Dr KEÏTA, la solution passe par une éducation plus précoce et adaptée : « Il faut une éducation sexuelle des adolescents et des jeunes adultes. Plus ils sont informés, plus ils prendront des décisions responsables. »

La contraception reste donc un enjeu central de santé publique en Guinée, où briser les tabous et renforcer la sensibilisation sont indispensables pour protéger la vie et la santé des femmes.

Issa Barry

Partager

À lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *