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16 séances de chimiothérapie : M’balia Batchily raconte son combat contre le cancer du sein

M'balia Batchily, survivante du cancer du sein © La Guinée Fréquence

Un geste simple, une masse découverte à temps, seize séances de chimiothérapie. Invitée de l’émission Les Impertinents, sur La Guinée Fréquence, M’balia Batchily, survivante du cancer du sein, a raconté son parcours, de la découverte de la maladie à ce qu’elle lui a appris.

Un jour, couchée dans la chambre avec sa mère, M’balia Batchily se palpe les seins, comme elle en a l’habitude. Sous ses doigts, une masse, dans le sein gauche. « J’ai dit à ma maman : il faut voir ça. Elle m’a dit, c’est juste une inflammation due aux hormones. »

Ce geste, elle en est convaincue, lui a permis d’être soignée à temps. En ce mois d’octobre, consacré à la sensibilisation au cancer du sein, la maladie la plus fréquente chez les femmes dans le monde, elle est revenue sur son parcours.

« Je me suis effondrée sur le coup »

De retour à Kamsar pour son travail, M’balia prend des anti-inflammatoires, mais la masse est toujours là. Sa sœur lui conseille de venir à Conakry pour une échographie, qui conduit à une biopsie. Là encore, sa sœur est catégorique : « il ne faut pas faire ça ici… ». M’balia part donc en Côte d’Ivoire. Un mois plus tard, le résultat tombe : un cancer du sein de stade 2, de type triple négatif.

Elle l’apprend seule. « Je me suis effondrée sur le coup. Je me dis, à mon jeune âge, je tombe malade. » Les questions l’assaillent : « comment j’ai eu ça, j’ai fait quoi ? » Puis elle pense à sa mère, à sa grande sœur, et se ressaisit : « je ne suis pas encore morte, je peux me battre ».

Le cancer du sein triple négatif, ce que c’est ?

Il est dépourvu de récepteurs hormonaux pour les œstrogènes et la progestérone , et produit peu ou pas de protéine HER2 . Autrement dit, il est négatif pour les trois biomarqueurs . 

Le cancer du sein triple négatif (CSTN) représente environ 15 % de tous les cancers du sein selon des données publiées sur le national cancer institute. Il est généralement diagnostiqué à un stade plus avancé, se développe plus rapidement et présente un risque de récidive plus élevé que les autres types de cancers du sein invasifs. Du fait de sa croissance rapide, le CSTN est rarement diagnostiqué comme un carcinome canalaire in situ (stade 0) et est presque toujours invasif. Le sien a été détecté tôt. « Dieu merci. Je l’ai découvert à temps… » affirme la jeune dame

Seize séances, et une famille pour tenir

Les médecins jugent la tumeur « gérable » : on opère d’abord, puis vient la chimiothérapie. Seize séances au total. M’balia perd les cheveux, le goût, les ongles, et lutte contre les nausées. « C’est la phase la plus difficile dans le traitement du cancer », résume-t-elle. Elle ne cache pas la douleur : « ça fait très mal. Pour ne pas mentir. » Et il y a les moments de découragement, qu’elle garde pour elle : « tu n’as pas envie d’inquiéter ton entourage. Donc, tu es obligé d’être fort pour soi et pour les autres. » Ce qui la fait tenir ? « C’est ma famille qui m’a aidée à tenir le traitement. »

Ce que la maladie lui a pris en chemin

L’épreuve n’est pas que médicale. Partie se faire soigner en Côte d’Ivoire, M’balia perd son emploi. Elle l’apprend au moment même où tombe le diagnostic : « j’ai appris que j’avais perdu mon boulot aussi. En même temps. » Viennent ensuite les amitiés. « J’ai perdu certains amis à cause de ma maladie », confie-t-elle. Le regard des autres change : « Il y en a qui ont pitié de toi. Ton entourage, il y en a qui pensent que c’est fini. »

La peur du retour, puis l’envie d’aider

Récemment encore, un examen a fait craindre une récidive. « Ça m’a bouleversée et je n’avais même plus envie de vivre. » Quand elle apprend ensuite qu’elle est guérie, « j’étais très contente ». Mais elle reste prudente : « Je ne peux pas dire que je suis complètement guérie, mais ça va aujourd’hui, si ça continue ainsi. »

Aujourd’hui, M’balia a repris ses recherches d’emploi, même si le retour à la vie professionnelle n’est pas simple. De cette épreuve, elle retient une leçon : « J’ai appris à être forte, à ne compter que sur moi et ma famille. » Elle voudrait maintenant se mettre au service des autres : « Si j’ai les opportunités, je veux aider beaucoup de personnes autour de moi, parce que c’est très difficile à vivre avec le cancer. »

Le cancer du sein résulte d’un dérèglement de certaines cellules, qui se multiplient de façon incontrôlée et forment le plus souvent une tumeur. L’OMS estime qu’en 2024 le cancer du sein a entraîné 694 000 décès dans le monde et a été le cancer le plus fréquent chez les femmes dans 164 pays sur 186. C’est le cancer le plus fréquent chez les femmes dans 157 pays sur 185. Une femme sur 20 en reçoit le diagnostic au cours de sa vie. En Guinée, on estime à 11 592 le nombre de nouveaux cas en 2022, dont 7 746 décès selon le programme national de lutte contre le cancer.

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