Rougeole en Guinée : le retour d’une maladie oubliée !

Alors que l’agence nationale de sécurité sanitaire déploie toutes ses forces à maîtriser la pandémie liée de coronavirus, la rougeole refait surface dans le pays. Il y a une semaine, le directeur général de l’agence nationale de sécurité sanitaire, Docteur Sakoba Keita, annonçait lors d’une conférence, de la présence de la maladie sur le territoire national.

Un dur front s’ouvre à nouveau pour les autorités sanitaires du pays et leurs partenaires. La rougeole revient en force dans les communes de Matam, Ratoma, Matoto – dans le grand Conakry et Dinguiraye, Mamou – à l’intérieur du pays, qui sont les localités les plus touchées par la maladie. En se référant à une étude d’analyse de l’année dernière sur la maladie, elle laisse à faire comprendre que la maladie cherche à chaque occasion à continuer son élan de progression.

« Au cours de l’année 2020, 6293 cas suspects de rougeole ont été notifiés en Guinée. Parmi les 919 échantillons de sérum analysés au laboratoire, 552 se sont révélés positifs à la rougeole, soit 60%, » rappelle Docteur Sory Condé, gestionnaire de données au département surveillance de l’agence nationale de sécurité sanitaire.

Les adultes doivent aussi s’en méfier

Connue comme une maladie infantile, la rougeole sévit en Guinée, mais elle peut également toucher les adultes avec des conséquences plus importantes. Les populations doivent impérativement vérifier leur statut vaccinal, pour avoir l’assurance de se protéger contre cette maladie virale très contagieuse qui provoque des éruptions et la fièvre, pour laquelle il n’existe pas de traitement. Alors les adultes doivent aussi s’en méfier.

« Les personnes à risque, ce sont les enfants de moins de 5 ans. Elle se transmet par voie aérienne d’une personne à une autre par les gouttelettes respiratoires en suspension, » affirme Docteur Condé.

Grand taux de morbidité et mortalité

La rougeole est une maladie infectieuse causée par un virus. C’est une des plus grandes causes de morbidité et mortalité dans le monde, notamment en Guinée. Il n’y a pas de traitement spécifique et la seule mesure permettant de diminuer le nombre de cas est de vacciner les enfants qui représente la couche la plus vulnérable.

« La rougeole est une maladie évitable par la vaccination. Une couverture vaccinale d’au moins 90%  permettra de l’éviter moyennement. C’est dans ce  souci que le Ministère de la santé a élaboré en 2019, le plan d’élimination de la rougeole assorti du plan de contrôle accéléré des flambées de rougeole. La mise en œuvre du plan de contrôle accéléré des flambées de rougeole ciblait 16 préfectures/communes, » explique Docteur Sory.

Et d’ajouter : « Il s’agit des activités de dénombrement des enfants cibles, des activités de la vaccination de masse et de soutien à la vaccination de routine. 11 des 16 préfectures/communes ont été couvertes entre mars 2019 et janvier 2020. Malheureusement, l’épidémie de covid-19 est venue nous freiner dans notre élan. Mais cette année, nous comptons couvrir les zones restantes ».

Déclarée comme étant une épidémie qui va certainement se propager, l’organisation d’une campagne de vaccination à travers le pays est nécessaire. Mais au niveau de l’agence nationale de sécurité sanitaire, se lancer immédiatement à cette campagne serait allé vite en besogne.

« La situation épidémique actuelle de la rougeole en Guinée n’indique pas la nécessité d’une campagne de vaccination de riposte à l’échelle nationale. Pour l’instant, ce sont 3 communes de Conakry et 2 préfectures de l’intérieur du pays qui sont concernés. Cependant, la phase préparatoire est en cours. Il s’agit de la prise de contact et la sensibilisation des autorités et leaders ainsi que des populations, de l’acheminement des vaccins, matériels de vaccination et autres intrants…» souligne ce gestionnaire de données.

Malgré le vaccin, beaucoup de personnes ne sont pas protégées

Bien qu’il existe un vaccin contre la rougeole, de nombreuses personnes ne sont toujours pas protégées. Pourtant elle présente de nombreux dangers : fausse couche, accouchement prématuré et même décès. Le vaccin de la rougeole doit se faire dès la première année de bébé. Et il faut suivre à la lettre le calendrier vaccinal de l’enfant.

Si malgré toutes les précautions, l’enfant attrape la rougeole, il y a lieu de comprendre que plusieurs symptômes sont révélateurs de cette maladie : toux, les yeux rouges, sensibles et larmoyants, une fièvre importante ou encore l’apparition de petits points blancs à l’intérieur des joues suivie d’une éruption cutanée sur le visage et le corps.

« On reconnaît la rougeole à travers un certain nombre de signes et de symptômes dont la fièvre, l’éruption généralisée maculopapulaire (non vésiculaire), la toux et/ ou le rhume, la conjonctivite. Dès qu’un enfant présente cette symptomatologie, il faut immédiatement le conduire dans une formation sanitaire pour sa prise en charge. Cela permet  non seulement d’éviter les complications, mais aussi de mettre à l’abri les autres enfants de la contamination, »  conseille Docteur Sory Condé.

L’aide du pédiatre à apaiser l’enfant

Dès  l’apparition des premiers signes, pas d’hésitation : rendez-vous chez le pédiatre, qui procèdera à la déclaration de la maladie et aidera à apaiser l’enfant.

 

Amadou Dari Diallo

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