Après une pollution constatée des cours d’eau dans la préfecture de Siguiri, un communiqué conjoint n°001/MEDD/MMG/2025, a été signé le 13 juillet 2025 par les ministères de l’Environnement et du Développement Durable et celui des Mines et de la Géologie.
Ce communiqué sonne comme une énième sonnette d’alarme face à un fléau bien connu de tous et qui perdure : la dégradation environnementale accélérée liée à l’exploitation minière dans la préfecture de Siguiri, mais aussi dans la région de Boké. Entre constats accablants, rappels à l’ordre et promesses de fermeté, ce document traduit une inquiétude réelle des autorités. Pour les organisations de défense de l’environnement, il constitut même un aveu d’impuissance.
Une dégradation déjà bien avancée
Selon les propres termes du communiqué, la mission conjointe ayant séjourné du 10 au 23 juin dans la préfecture de Siguiri a mis en lumière un « état de dégradation avancée de l’environnement », notamment par la pollution des cours d’eau due aux pratiques minières illégales. Cette situation, dénoncée depuis des années par les populations locales, les ONG environnementales et même certains médias, ne date pas d’hier. Et pourtant, les mesures correctives tardent à produire des résultats visibles.
Des mesures annoncées… encore une fois
Face à cette situation, le gouvernement annonce la saisie systématique des équipements utilisés illégalement, des poursuites judiciaires contre les auteurs d’exploitation sans autorisation, et l’interdiction de futures autorisations pour les contrevenants. Des mesures certes nécessaires, mais qui ne sont pas nouvelles.
La vraie question est, seront-elles réellement appliquées ? Et surtout, pourquoi n’ont-elles pas été mises en œuvre plus tôt ?
Ce communiqué met aussi en lumière un manque chronique de contrôle et de suivi sur le terrain. Comment expliquer que des exploitations non autorisées, parfois mécanisées, puissent continuer à opérer sans être inquiétées pendant des mois, voire des années ? La réponse réside souvent dans la faiblesse des moyens alloués à l’administration environnementale, mais aussi dans la complicité passive ou active de certains responsables locaux ou nationaux.

Pendant que les autorités publient des textes et organisent des missions, les communautés riveraines paient le prix fort. Eau impropre à la consommation, terres agricoles stérilisées, maladies liées à la pollution, ce sont des impacts sociaux et sanitaires énormes pour les populations locales.
Pour que ce communiqué ne soit pas un simple document de plus dans les archives de la République, il faut des actes concrets. Cela passe par des sanctions effectives contre les exploitants illégaux, la transparence sur les résultats des inspections, l’implication des populations dans la surveillance environnementale, et surtout, une volonté politique ferme de rompre avec les complicités et l’inaction.
La situation à Siguiri est un révélateur brutal de la faiblesse de la gouvernance environnementale qui doit aller au-delà des campagnes de reboisement.
Alpha Oumar Bagou Barry













