Guéri du coronavirus, Boubacar Sanso Barry témoigne : ‘’ je n’ai pas vécu de la stigmatisation… »

Si l’épidémie de covid-19 continue de se propager en Guinée, certains patients sont déjà guéris. Boubacar Sanso Barry, administrateur général du site ledjely.com, fait partie de ceux-là. Après avoir séjourné au centre de traitement épidémiologique de Donka, et plusieurs semaines de confinement à la maison, il raconte son vécu au micro d’Universciences.

 Universciences : comment êtes vous senti, quand vous avez été confirmé positif du coronavirus ?

 Boubacar Sanso Barry : je dirais relativement avec de la sérénité parce que j’étais un tout petit peu préparé à accueillir ce statut, vu que des confrères à moi avec lesquels j’ai travaillé quelques jours plutôt avaient été préalablement confirmés positifs. Je venais de déjeuner quand on m’a appelé pour m’annoncer que j’étais positif. J’ai justement dit qu’est-ce qu’il y avait à faire maintenant que je suis positif ? Et ils m’ont dit de me préparer pour me rendre à l’hôpital. Je me suis employé à rassurer mon épouse qui était à mes côtés que je devais partir, déjà que, je n’avais pas de symptômes en tant que tel. Et ça plutôt bien fonctionné.

 Universciences : comment vos proches ont accueilli la nouvelle ?

BSB : quelques-uns avaient peu d’inquiétudes avec tout ce qui se disaient dans les médias occidentaux. Mais moi-même, bien que je n’avais pas de symptômes, j’ai essayé de rassurer tous ceux qui m’avaient appelé en leur disant que je me porte bien, je n’ai aucune douleur particulière. Je viens juste à l’hôpital pour me soumettre à la prise en charge. D’autres m’avaient dit de ne pas me rendre à l’hôpital, parce que, selon eux, c’est une maladie inventée, qui n’existerait pas. Je les ai écoutés, mais je suis parti.

Universciences : racontez-nous votre séjour à l’hôpital ?

 BSB : plutôt tranquillement. Quand je suis allé, vu mon état physique, j’ai souhaité que je sois admis dans une salle du rez-de-chaussée. Ce n’était pas possible, ni au 1er étage, ni au 2eme et il a fallu carrément aller au 3eme où il y avait mes confrères. Les termes d’hygiène se posaient comme problème durant les premiers jours : les salles et les toilettes n’étaient pas nettoyées quotidiennement. Pour ce qui est de la restauration, elle n’était pas fournie dans le cadre de la prise en charge. Ce sont nos familles respectives qui nous apportaient le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner. Avec les médecins, ils étaient courtois, attentifs, ils venaient s’enquérir de nos nouvelles matin et soir. Mais quand je suis sorti toutes ces situations ont évolué pour le bien des malades.

Universciences : parlez-nous de votre vie post-maladie ?

BSB : depuis que je suis sorti, je suis resté à la maison deux semaines conformément à la recommandation des médecins qui nous avaient demandé de nous auto-confiner pour 15 jours avant de reprendre le travail. Quand j’ai repris, j’ai essayé le mieux que je peux, de mettre à distance des autres, histoire de les ménager.

Universciences : avez-vous été stigmatisé ?

BSB : je n’ai pas vécu de la stigmatisation en tant que telle. C’est vrai une fois, je suis allé à la banque, j’ai vu que les gens me regardent de travers avec inquiétude.

 

Propos recueillis par Ibrahima Sory Bah

Décryptage par Amadou Dari Diallo

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