<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>UniverSciences</title>
	<atom:link href="https://universciences.com/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://universciences.com</link>
	<description>Accès à l&#039;info scientifique</description>
	<lastBuildDate>Tue, 13 Oct 2026 11:34:27 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1.3</generator>

<image>
	<url>https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/Logo_Universciences-1.svg</url>
	<title>UniverSciences</title>
	<link>https://universciences.com</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Virus des moustiques en Guinée : une étude révèle une circulation discrète dans huit régions</title>
		<link>https://universciences.com/virus-des-moustiques-en-guinee-une-etude-revele-une-circulation-discrete-dans-huit-regions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bagou Barry]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2026 11:27:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Epidémie]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://universciences.com/?p=1787</guid>

					<description><![CDATA[Une enquête menée dans huit régions du pays révèle une circulation étendue, mais discrète, de virus transmis par des insectes. Le Zika et le virus du Nil occidental…]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une enquête menée dans huit régions du pays révèle une circulation étendue, mais discrète, de virus transmis par des insectes. Le Zika et le virus du Nil occidental arrivent en tête. L’étude ne signale aucune épidémie en cours, elle montre surtout combien ces virus sont difficiles à repérer.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune épidémie de grande ampleur n’a été officiellement signalée, et pourtant ces virus circulent. C’est ce que montre une étude conduite par des chercheurs guinéens du <a href="https://www.cerfig.org/" target="_blank" rel="noopener">Centre de recherche et de formation en infectiologie de Guinée (CERFIG)</a>, rattaché à <a href="https://uganc.edu.gn/" target="_blank" rel="noopener">l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry</a>, en collaboration avec des équipes françaises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces travaux ont été publiés dans <a href="https://academic.oup.com/ije/article-abstract/55/5/dyag203/8832611?redirectedFrom=fulltext" target="_blank" rel="noopener">l’<em>International Journal of Epidemiology</em></a>, une revue scientifique internationale éditée par Oxford University Press pour le compte de l’Association internationale d’épidémiologie. Mis en ligne le 23 septembre 2026, ils figurent dans le volume 55, numéro 5 (octobre 2026), sous le titre «&nbsp;<em>Spatial distribution and factors associated with the seroprevalence of arboviruses in Guinea: a nationwide cross-sectional survey</em>&nbsp;», que l’on peut traduire par «&nbsp;<strong>Répartition géographique et facteurs associés à la séroprévalence des arbovirus en Guinée&nbsp;: une enquête transversale à l’échelle nationale&nbsp;</strong>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chercheurs ont analysé le sang de 1&nbsp;098 personnes à la recherche des traces d’un contact passé avec huit virus. Résultat&nbsp;: 25&nbsp;% d’entre elles (entre 22 et 28&nbsp;% en tenant compte de la marge d’erreur, après ajustement statistique) en avaient rencontré au moins un.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Arbovirus, anticorps, séroprévalence&nbsp;: de quoi parle-t-on&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les <a href="https://tdr.who.int/our-work/research-for-implementation/vector-borne-diseases/arboviral-diseases" target="_blank" rel="noopener">arbovirus</a> sont des virus transmis à l’être humain par des insectes ou d’autres arthropodes, le plus souvent des moustiques, parfois des tiques. L’étude en a recherché huit&nbsp;: la dengue, le Zika, le virus du Nil occidental, le virus Usutu, le chikungunya, le virus O’nyong-nyong, la fièvre de la vallée du Rift et la fièvre hémorragique de Crimée-Congo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chercheurs n’ont pas cherché des malades. Ils ont cherché dans le sang des anticorps de type <a href="https://my.clevelandclinic.org/health/body/igg" target="_blank" rel="noopener">IgG</a>, ces traces que le corps garde après avoir rencontré un virus. Mesurer la part de personnes qui portent ces traces, c’est calculer ce que les scientifiques appellent la séroprévalence. Le Dr <a href="https://www.linkedin.com/in/salifou-talassone-bangoura-8411471a2/" target="_blank" rel="noopener">Salifou Talassone Bangoura</a>, auteur principal de l’étude, la définit ainsi&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>«&nbsp;La séroprévalence correspond à la proportion de personnes dans la population chez lesquelles nous avons retrouvé des anticorps IgG dirigés contre les arbovirus. Autrement dit, la proportion des personnes ayant été en contact avec le virus à un moment de leur vie et qui ont développé des anticorps contre ce virus.&nbsp;»</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il insiste sur un point&nbsp;: <strong><em>«&nbsp;la présence de ces anticorps IgG chez une personne ne signifie pas qu’elle est actuellement malade. Elle indique plutôt une infection antérieure.&nbsp;»</em></strong> Le chiffre de 25&nbsp;% veut donc dire qu’une personne testée sur quatre avait déjà croisé l’un des huit virus, souvent sans le savoir. Pour le chercheur, cela <strong><em>«&nbsp;sous-entend que les arbovirus circulent dans les régions sans qu’on s’en rende compte&nbsp;».</em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi une telle enquête&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Guinée, la surveillance de ces maladies repose surtout sur les patients qui se rendent dans les établissements de santé. Entre 2000 et 2024, elle a permis de confirmer 947 cas de fièvre jaune, dont 284 décès, deux cas de dengue, dont un décès, et un cas de chikungunya, sans décès. Mais cette méthode laisse passer beaucoup d’infections, notamment celles qui ne provoquent aucun symptôme ou des symptômes légers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les signes de ces maladies ressemblent en outre à ceux du paludisme, première cause de consultation, ce qui complique le diagnostic. Les capacités des laboratoires sont limitées et les agents de santé sont encore peu familiarisés avec ces virus. Quelques études existaient, mais elles portaient sur des groupes ou des zones précis&nbsp;: aucune n’avait encore mesuré l’exposition de la population à l’échelle du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment l’enquête a été menée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Entre mai et juillet 2023, des équipes de terrain ont visité des ménages tirés au sort dans les capitales de huit régions administratives&nbsp;: Conakry (commune de Matoto), Boké, Faranah, Kankan, Kindia, Labé, Mamou et N’Zérékoré. Au total, 367 ménages, soit 1&nbsp;098 personnes âgées de 5 ans et plus, ont participé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sept équipes, chacune composée de trois enquêteurs, d’un superviseur et d’un infirmier ou d’un médecin, ont interrogé les familles sur leur logement, l’accès à l’eau, l’usage de la moustiquaire et les abords des habitations. Elles ont aussi relevé les endroits où les moustiques peuvent se reproduire&nbsp;: déchets, épaves, jardins potagers. Quatre gouttes de sang prélevées au bout du doigt ont ensuite été déposées sur du papier filtre, puis analysées au CERFIG. Les adultes ont donné leur accord par écrit&nbsp;; pour les mineurs, celui d’un parent ou d’un tuteur était exigé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que révèlent les résultats</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Zika arrive en tête, avec 12,0&nbsp;% des personnes testées, juste devant le virus du Nil occidental (11,6&nbsp;%). Viennent ensuite le virus Usutu (3,8&nbsp;%), le virus O’nyong-nyong (2,4&nbsp;%) et la dengue (2,0&nbsp;%).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les écarts entre régions sont importants. L’exposition globale atteint 61,9&nbsp;% à Kindia et 56,0&nbsp;% à Boké, contre 37,0&nbsp;% à Mamou et 22,2&nbsp;% à Conakry. Elle tombe à environ 11&nbsp;% à Faranah (10,8&nbsp;%) et à N’Zérékoré (10,9&nbsp;%). Boké se distingue pour le Zika (33,0&nbsp;%), Kindia pour le virus du Nil occidental (46,6&nbsp;%), et ces deux régions sont aussi les plus touchées par le virus Usutu (23,7&nbsp;% à Kindia, 19,0&nbsp;% à Boké).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’âge joue un rôle net&nbsp;: la part de personnes exposées passe de 10,3&nbsp;% chez les 5-14 ans à 49,1&nbsp;% chez les 45 ans et plus. Pour les auteurs, cela traduit une exposition qui s’accumule au fil de la vie et une transmission silencieuse, installée de longue date. Les femmes sont aussi davantage concernées (29,2&nbsp;% contre 22,4&nbsp;% chez les hommes), et cet écart persiste une fois les autres facteurs pris en compte. Les personnes vivant dans des ménages aisés sont elles aussi plus souvent exposées. Enfin, certains participants avaient des anticorps contre plusieurs virus à la fois, le plus souvent le Zika et le virus du Nil occidental.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi Boké et Kindia&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment expliquer ces écarts&nbsp;? Le Dr Bangoura avance plusieurs hypothèses&nbsp;: <strong><em>«&nbsp;La forte séroprévalence observée dans les régions de Boké et Kindia pourrait s’expliquer par plusieurs hypothèses, notamment des différences d’exposition humaine, la densité et la répartition des vecteurs (moustiques du genre Aedes, Culex et Anophèle), l’écologie et les conditions environnementales locales propres à chaque région.&nbsp;»</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux régions de Basse-Guinée reçoivent entre 3&nbsp;000 et 4&nbsp;000 millimètres de pluie par an. Elles se caractérisent aussi, explique le chercheur, par <strong><em>«&nbsp;des activités agricoles et minières intenses, favorisant la prolifération de gîtes larvaires&nbsp;»</em></strong>, c’est-à-dire de lieux où les larves de moustiques se développent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Kindia, ce sont surtout les cultures près des maisons qui sont en cause&nbsp;: <strong><em>«&nbsp;les pratiques agricoles à proximité immédiate des habitations, en particulier les jardins potagers, maintiennent des zones d’eaux stagnantes propices à la reproduction des moustiques&nbsp;».</em></strong> À Boké, c’est l’activité minière, <strong><em>«&nbsp;souvent organisée en continu&nbsp;»,</em></strong> qui favorise la création de lieux de reproduction. La ville est de plus un carrefour économique qui attire des populations d’autres régions et de pays voisins, et la région borde Kédougou, au Sénégal, déjà connue pour la circulation d’arbovirus. Pour le Dr Bangoura, cette mobilité compte&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<strong><em>La mobilité humaine, notamment celle de personnes infectées mais asymptomatiques, représente un mécanisme potentiel d’introduction et de circulation silencieuse des arbovirus dans les zones périurbaines et urbaines</em></strong> […].&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les «&nbsp;<strong>asymptomatiques&nbsp;</strong>», ce sont les personnes infectées qui ne présentent aucun signe de maladie. Quant aux femmes, les chercheurs évoquent leur place centrale dans les activités du foyer (gestion de l’eau, jardinage, entretien des espaces extérieurs, soin des animaux), qui pourrait les exposer davantage. Toutes ces explications restent des hypothèses&nbsp;: une enquête menée à un instant donné permet de repérer des liens, pas d’établir une cause.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que l’étude ne dit pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces chiffres se lisent avec précision. Avoir des anticorps signifie avoir rencontré un virus par le passé, pas être malade aujourd’hui, et l’étude ne rapporte aucune épidémie en cours. Elle ne comporte pas non plus de données sur les moustiques eux-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre limite&nbsp;: l’enquête s’est déroulée uniquement dans les capitales régionales. Les 25&nbsp;% concernent donc les personnes testées dans ces villes, et non l’ensemble de la population. Le Dr Bangoura le reconnaît&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>«&nbsp;Notre étude a été réalisée dans les capitales régionales et ne permet donc pas de décrire précisément la situation dans les zones rurales. Il serait nécessaire de mener des études complémentaires, notamment dans les différentes préfectures et en milieu rural, où les niveaux d’exposition et la dynamique de circulation des arbovirus pourraient différer de ceux observés en milieu urbain.&nbsp;»</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dernière précaution&nbsp;: l’absence d’un test dit de neutralisation, plus poussé, qui aurait permis de mieux distinguer des virus proches, a pu créer des confusions entre eux. Les auteurs soulignent toutefois que les cas d’anticorps multiples sont restés peu nombreux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, les faibles taux observés pour la dengue, le virus O’nyong-nyong, la fièvre de la vallée du Rift et la fièvre de Crimée-Congo ne signifient pas que ces virus sont sans importance&nbsp;: une large partie de la population ne les a jamais rencontrés et reste donc sensible. Les auteurs ajoutent que la circulation de plusieurs sérotypes (variantes) de dengue pourrait, comme ailleurs, accroître le risque de forme sévère.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelles suites&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les chercheurs, cette enquête apporte la première preuve, à l’échelle du pays, de la circulation simultanée de plusieurs arbovirus en Guinée. Ils appellent à renforcer la surveillance des maladies et celle des moustiques, à disposer de diagnostics fiables, à améliorer la lutte contre les vecteurs et la sensibilisation des communautés, et à mieux préparer la réponse aux épidémies futures. Ils recommandent aussi que les prochaines études croisent des données de santé, d’environnement et de climat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dr Bangoura conclut sur&nbsp;l’importance de renforcer la surveillance des arboviroses dans les structures sanitaires, ainsi que les mesures de prévention et de sensibilisation au niveau communautaire.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>16 séances de chimiothérapie : M&#8217;balia Batchily raconte son combat contre le cancer du sein</title>
		<link>https://universciences.com/16-seances-de-chimiotherapie-mbalia-batchily-raconte-son-combat-contre-le-cancer-du-sein/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bagou Barry]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Oct 2026 13:02:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://universciences.com/?p=1783</guid>

					<description><![CDATA[Un geste simple, une masse découverte à temps, seize séances de chimiothérapie. Invitée de l&#8217;émission Les Impertinents, sur La Guinée Fréquence, M&#8217;balia Batchily, survivante du cancer du sein,…]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un geste simple, une masse découverte à temps, seize séances de chimiothérapie. Invitée de l&rsquo;émission <em>Les Impertinents</em>, sur La Guinée Fréquence, M&rsquo;balia Batchily, survivante du cancer du sein, a raconté son parcours, de la découverte de la maladie à ce qu&rsquo;elle lui a appris.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un jour, couchée dans la chambre avec sa mère, M&rsquo;balia Batchily se palpe les seins, comme elle en a l&rsquo;habitude. Sous ses doigts, une masse, dans le sein gauche. <strong><em>« J&rsquo;ai dit à ma maman : il faut voir ça. Elle m&rsquo;a dit, c&rsquo;est juste une inflammation due aux hormones. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce geste, elle en est convaincue, lui a permis d&rsquo;être soignée à temps. En ce mois d&rsquo;octobre, consacré à la sensibilisation au cancer du sein, la maladie la plus fréquente chez les femmes dans le monde, elle est revenue sur son parcours.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Je me suis effondrée sur le coup »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De retour à Kamsar pour son travail, M&rsquo;balia prend des anti-inflammatoires, mais la masse est toujours là. Sa sœur lui conseille de venir à Conakry pour une échographie, qui conduit à une biopsie. Là encore, sa sœur est catégorique : <strong><em>« il ne faut pas faire ça ici… ».</em></strong> M&rsquo;balia part donc en Côte d&rsquo;Ivoire. Un mois plus tard, le résultat tombe : un cancer du sein de stade 2, de type triple négatif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle l&rsquo;apprend seule. <strong><em>« Je me suis effondrée sur le coup. Je me dis, à mon jeune âge, je tombe malade. »</em></strong> Les questions l&rsquo;assaillent : <strong><em>« comment j&rsquo;ai eu ça, j&rsquo;ai fait quoi ? »</em></strong> Puis elle pense à sa mère, à sa grande sœur, et se ressaisit : <strong><em>« je ne suis pas encore morte, je peux me battre ».</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le cancer du sein triple négatif, ce que c’est ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est dépourvu&nbsp;<a href="https://www.cancer.gov/publications/dictionaries/cancer-terms/def/44359" target="_blank" rel="noopener">de récepteurs hormonaux</a>&nbsp;pour&nbsp;<a href="https://www.cancer.gov/publications/dictionaries/cancer-terms/def/46076" target="_blank" rel="noopener">les œstrogènes</a>&nbsp;et&nbsp;<a href="https://www.cancer.gov/publications/dictionaries/cancer-terms/def/45158" target="_blank" rel="noopener">la progestérone</a>&nbsp;, et produit peu ou pas de protéine&nbsp;<a href="https://www.cancer.gov/publications/dictionaries/cancer-terms/def/793177" target="_blank" rel="noopener">HER2</a>&nbsp;. Autrement dit, il est négatif pour les trois&nbsp;<a href="https://www.cancer.gov/publications/dictionaries/cancer-terms/def/45618" target="_blank" rel="noopener">biomarqueurs</a>&nbsp;.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cancer du sein triple négatif (CSTN) représente environ 15 % de tous les cancers du sein selon des données publiées sur le <a href="https://www.cancer.gov/types/breast/breast-cancer-types/triple-negative" target="_blank" rel="noopener">national cancer institute</a>. Il est généralement diagnostiqué à un stade plus avancé, se développe plus rapidement et présente un risque de récidive plus élevé que les autres types de cancers du sein invasifs. Du fait de sa croissance rapide, le CSTN est rarement diagnostiqué comme <a href="https://www.cancer.gov/publications/dictionaries/cancer-terms/def/45674" target="_blank" rel="noopener">un carcinome canalaire in situ</a> (stade 0) et est presque toujours invasif. Le sien a été détecté tôt. « Dieu merci. Je l&rsquo;ai découvert à temps&#8230; » affirme la jeune dame</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Seize séances, et une famille pour tenir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les médecins jugent la tumeur « <strong>gérable</strong> » : on opère d&rsquo;abord, puis vient la chimiothérapie. Seize séances au total. M&rsquo;balia perd les cheveux, le goût, les ongles, et lutte contre les nausées. « <strong><em>C&rsquo;est la phase la plus difficile dans le traitement du cancer</em></strong> », résume-t-elle. Elle ne cache pas la douleur : « <strong><em>ça fait très mal. Pour ne pas mentir.</em></strong> » Et il y a les moments de découragement, qu&rsquo;elle garde pour elle : « <strong><em>tu n&rsquo;as pas envie d&rsquo;inquiéter ton entourage. Donc, tu es obligé d&rsquo;être fort pour soi et pour les autres</em></strong>. » Ce qui la fait tenir ? « <strong>C&rsquo;est ma famille qui m&rsquo;a aidée à tenir le traitement. »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce que la maladie lui a pris en chemin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;épreuve n&rsquo;est pas que médicale. Partie se faire soigner en Côte d&rsquo;Ivoire, M&rsquo;balia perd son emploi. Elle l&rsquo;apprend au moment même où tombe le diagnostic : « <strong><em>j&rsquo;ai appris que j&rsquo;avais perdu mon boulot aussi. En même temps.</em></strong> » Viennent ensuite les amitiés. « <strong>J&rsquo;ai perdu certains amis à cause de ma maladie</strong> », confie-t-elle. Le regard des autres change : « <strong><em>Il y en a qui ont pitié de toi. Ton entourage, il y en a qui pensent que c&rsquo;est fini.</em></strong> »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La peur du retour, puis l&rsquo;envie d&rsquo;aider</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Récemment encore, un examen a fait craindre une récidive. « <strong><em>Ça m&rsquo;a bouleversée et je n&rsquo;avais même plus envie de vivre.</em></strong> » Quand elle apprend ensuite qu&rsquo;elle est guérie, « <strong><em>j&rsquo;étais très contente</em></strong> ». Mais elle reste prudente : « <strong><em>Je ne peux pas dire que je suis complètement guérie, mais ça va aujourd&rsquo;hui, si ça continue ainsi.</em></strong> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, M&rsquo;balia a repris ses recherches d&#8217;emploi, même si le retour à la vie professionnelle n&rsquo;est pas simple. De cette épreuve, elle retient une leçon : « <strong><em>J&rsquo;ai appris à être forte, à ne compter que sur moi et ma famille. »</em></strong> Elle voudrait maintenant se mettre au service des autres : « <strong><em>Si j&rsquo;ai les opportunités, je veux aider beaucoup de personnes autour de moi, parce que c&rsquo;est très difficile à vivre avec le cancer. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cancer du sein résulte d&rsquo;un dérèglement de certaines cellules, qui se multiplient de façon incontrôlée et forment le plus souvent une tumeur. <a href="https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/breast-cancer" target="_blank" rel="noopener">L’OMS estime qu’en 2024 le cancer</a> du sein a entraîné 694 000 décès dans le monde et a été le cancer le plus fréquent chez les femmes dans 164 pays sur 186. <strong><em></em></strong>C&rsquo;est le cancer le plus fréquent chez les femmes dans 157 pays sur 185. Une femme sur 20 en reçoit le diagnostic au cours de sa vie. En Guinée, on estime à 11 592 le nombre de nouveaux cas en 2022, dont 7 746 décès selon le programme national de lutte contre le cancer.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Surdité en Guinée : quand la perception sociale complique le suivi</title>
		<link>https://universciences.com/surdite-en-guinee-quand-audition-la-perception-sociale-complique-le-suivi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bagou Barry]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Sep 2026 10:33:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://universciences.com/?p=1771</guid>

					<description><![CDATA[À l’occasion de la Journée mondiale des sourds, célébrée chaque année le dernier dimanche du mois de septembre, la surdité revient au cœur des préoccupations de santé publique…]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>À l’occasion de la Journée mondiale des sourds, célébrée chaque année le dernier dimanche du mois de septembre, la surdité revient au cœur des préoccupations de santé publique et d’inclusion.</strong> <a href="https://wfdeaf.org/" target="_blank" rel="noopener"><strong>En 2026, la Fédération mondiale des Sourds</strong></a> <strong>désigne comme thème « Affirmer les droits humains des personnes sourdes ». En Guinée, le Pr Alpha Oumar Diallo, chef du service ORL de l’hôpital Ignace Deen, appelle à mieux comprendre ce trouble auditif et surtout à ne pas le considérer comme une fatalité.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Entendre, communiquer, apprendre, travailler, des gestes du quotidien qui peuvent devenir difficiles lorsque l’audition est altérée. En Guinée, la surdité concerne une partie de la population, mais reste souvent entourée de préjugés et d’idées reçues. Selon le Pr Alpha Oumar Diallo, chef du service ORL de l’hôpital Ignace Deen, environ 8 % des Guinéens sont concernés par la surdité. « <strong><em>Si vous prenez 100 personnes, huit sont sourdes</em></strong> », affirme-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mais qu’est-ce qu’un sourd ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le spécialiste, il s’agit d’une personne qui n’a pas une capacité à entendre. Cette perte auditive peut être légère, modérée, sévère ou profonde et peut toucher une ou les deux oreilles. À l’échelle mondiale, le problème est également considérable. <a href="https://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/WHA78/A78_R7-fr.pdf" target="_blank" rel="noopener">L’Organisation mondiale de la Santé</a> (OMS) estime que plus de 1,5 milliard de personnes vivent avec une perte auditive, dont environ 430 millions présentent une perte auditive nécessitant une prise en charge. L’OMS prévoit que ce nombre pourrait atteindre plus de 700 millions d’ici 2050.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des causes multiples&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La surdité peut être présente dès la naissance ou apparaître au cours de la vie. Elle peut être liée à des facteurs génétiques, à certaines infections pendant la grossesse ou l’enfance, aux infections chroniques de l’oreille ou encore au vieillissement. L’exposition répétée à des sons très forts constitue également un facteur de risque. Le bruit professionnel et les traumatismes liés à des accidents peuvent aussi endommager les cellules de l’oreille responsables de l’audition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une détection très tôt est particulièrement importante chez les enfants. « <strong><em>Une perte auditive non prise en charge peut avoir des conséquences sur l’acquisition du langage, les apprentissages, la scolarité et les relations sociales</em></strong> », souligne le Pr Diallo.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1922" height="1064" src="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/09/Pr-Alpha-Oumar-ORL.jpg" alt="" class="wp-image-1774" style="aspect-ratio:1.8064516129032258;width:688px;height:auto"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>Pr Alpha Oumar Diallo, spéciale ORL, CHU Ignace Deen</em></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Consulter dès les premiers signes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une personne qui entend moins bien, qui demande régulièrement à son interlocuteur de répéter, augmente constamment le volume de la télévision ou éprouve des difficultés à comprendre une conversation dans un environnement bruyant devrait consulter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez l’enfant, certains signes doivent également alerter, par exemple l’absence de réaction aux sons, un retard dans l’acquisition du langage ou des difficultés à suivre les consignes. Pour le spécialiste du CHU d’Ignace Deen, le recours à un professionnel de santé reste essentiel afin d’identifier la cause du problème et de déterminer la prise en charge la plus adaptée.Le Pr Alpha Oumar Diallo, précise <strong><em>: « perdre l’audition ne doit pas être considéré comme une condamnation à l&rsquo;isolement. Car, la surdité n’est pas une fatalité »,</em></strong> dit-il<strong><em>.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une prise en charge existe en Guinée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En Guinée, plusieurs possibilités de prise en charge existent en fonction de la cause et du degré de la perte auditive. <strong><em>« Dans certains cas, nous suggérons une chirurgie, nous donnons des médicaments et nous plaçons des appareils auditifs, qui contribuent à améliorer considérablement l’audition et la communication des personnes sourdes»</em></strong>, explique le spécialiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’OMS considère d’ailleurs que de nombreuses causes de perte auditive peuvent être évitées ou prises en charge grâce à la prévention, au dépistage précoce et à l’accès aux soins et aux technologies d’aide auditive.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une perception sociale qui complique le suivi</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la médecine, le spécialiste pointe également du doigt un problème de perception sociale. Une personne qui porte des lunettes pour corriger sa vue est généralement acceptée sans difficulté. En revanche, le port d’un appareil auditif peut encore susciter des réticences, voire de la gêne. <strong><em>«&nbsp;Cette différence de regard doit changer. Un appareil auditif n’est pas un signe de faiblesse&nbsp;»</em></strong> explique le Pr Diallo. Pourtant, rappelle-t-il, ce dispositif est destiné à compenser une perte d’audition qui est avant tout une fonction médicale et qui permet à une personne sourde de mieux entendre et de communiquer plus facilement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La surdité n’est donc pas uniquement une question médicale. Elle touche également l’éducation, l’emploi, l’accès à l’information et la participation à la vie sociale. La Journée mondiale des sourds est ainsi l’occasion de rappeler que la surdité n’est pas seulement une question d’audition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cette journée qui leur est consacrée, le Pr Alpha Oumar Diallo lance un message fort. Il invite la population à se faire consulter. « <strong><em>Mieux connaître la surdité, c’est aussi mieux la prévenir, mieux la prendre en charge et surtout changer le regard porté sur les personnes qui vivent avec une perte auditive. C’est aussi contribuer à leur permettre de communiquer, d’apprendre, de travailler et de participer pleinement à la société</em></strong> », exhorte le Pr Alpha Oumar Diallo.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>À l’UGANC, 206 diplômés appelés à transformer leurs recherches en solutions pour la Guinée</title>
		<link>https://universciences.com/a-luganc-206-diplomes-appeles-a-transformer-leurs-recherches-en-solutions-pour-la-guinee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bagou Barry]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Sep 2026 15:03:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://universciences.com/?p=1768</guid>

					<description><![CDATA[L’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry (UGANC) a célébré, ce samedi 26 septembre 2026, la remise de diplômes de Master et de Doctorat à 206 récipiendaires. Une cérémonie…]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry (UGANC) a célébré, ce samedi 26 septembre 2026, la remise de diplômes de Master et de Doctorat à 206 récipiendaires. Une cérémonie placée sous le signe de la reconnaissance, de la recherche scientifique et, surtout, de la responsabilité de mettre les connaissances produites au service de la société guinéenne.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y avait de la fierté, de l’émotion et, derrière les sourires, le poids d’une responsabilité nouvelle. Ce samedi, l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry a honoré 206 diplômés, <strong>dont 138 titulaires d’un Master et 68 nouveaux</strong> docteurs dans plusieurs spécialités dont&nbsp;: santé publique, microbiologie, biologie médicale, mathématiques, informatique, environnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le professeur Alpha Kabinet Keita, recteur de l’UGANC, cette cérémonie ne pouvait être réduite à une simple remise de diplômes. Prenant la parole devant les récipiendaires, les enseignants, les familles et les représentants des institutions, il a d’abord invité l’assistance à observer une minute de silence en mémoire des enseignants et maîtres disparus ces derniers mois. « <strong><em>Aujourd’hui, c’est un jour pour rendre hommage</em></strong> », a-t-il déclaré, avant de saluer la mémoire de ceux qui ont contribué à transmettre le savoir et à bâtir l’université.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><a></a><strong>Plusieurs années de formation et de recherche</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La cérémonie intervient trois ans après le lancement de ces rendez-vous annuels de remise de diplômes. Mais, selon le recteur, celle de cette année revêt une portée particulière. Derrière les chiffres annoncés se cachent, selon lui, « <strong><em>des années de terrain, de paillasses, de calculs, de nuits de rédaction</em></strong> », souvent réalisées avec des moyens modestes. Une réalité qui concerne particulièrement une grande partie des récipiendaires, déjà enseignants-chercheurs ou chercheurs en activité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces derniers ont dû mener leurs travaux scientifiques tout en continuant à assurer leurs cours, leurs encadrements et leurs responsabilités professionnelles et personnelles. « <strong>Le mérite vous revient d’abord</strong> », a souligné le professeur Alpha Kabinet Keita, tout en rendant hommage aux encadreurs, aux directeurs de mémoire, aux membres des jurys et aux familles qui ont accompagné les diplômés tout au long de leur parcours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du diplôme, le recteur a rappelé ce que représente réellement une formation par la recherche : apprendre à poser une question, construire une méthode, produire des données fiables et soumettre ses résultats au jugement des pairs. « <strong><em>Un master, un doctorat, au-delà du concept, ce n’est pas simplement un certificat de présence</em></strong> », a-t-il insisté.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><a></a><strong>Des recherches tournées vers les réalités du pays</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Santé publique, microbiologie, biologie médicale, environnement, énergie, océanographie, chimie, produits naturels, mathématiques, informatique, génie civil ou encore télécommunications : les travaux présentés par les nouveaux diplômés couvrent des domaines directement liés aux besoins de la Guinée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le recteur, cette diversité montre que la recherche universitaire ne doit pas rester enfermée dans les amphithéâtres et les laboratoires. Les mémoires et les thèses produites portent, selon lui, des résultats et des recommandations qui peuvent contribuer à soigner la population, protéger l’environnement, gérer les ressources naturelles, produire de l’énergie ou encore développer les infrastructures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi il a lancé un appel clair aux institutions publiques, aux collectivités, aux entreprises et aux partenaires : <strong>faire sortir les travaux scientifiques des rayonnages pour leur donner une utilité concrète.</strong> « <strong><em>Un pays qui forme des chercheurs sans les utiliser, sans utiliser leurs résultats, paie deux fois leur formation</em></strong> », a-t-il averti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un message auquel a fait écho le représentant du ministère de l’Enseignement supérieur, Dr Mory Sidimé, responsable de la planification au sein du département. Selon lui, la cérémonie traduit concrètement les efforts engagés dans le cadre du programme de formation des formateurs, notamment à travers l’objectif de formation de <strong>5 000 Masters et 1 000 docteurs</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il estime que les recherches menées par les récipiendaires doivent désormais contribuer à la résolution des problèmes auxquels la société guinéenne est confrontée. « <strong><em>Ces problèmes sont dans notre société</em></strong> », a-t-il relevé, soulignant que les solutions issues de ces recherches sont pensées à partir des réalités du terrain. Pour le représentant du ministère, les mémoires et les thèses constituent ainsi non seulement une contribution à la communauté scientifique, mais aussi une source potentielle d’aide à la décision pour les responsables publics.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><a></a><strong>« Une grande responsabilité » pour les nouveaux diplômés</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les voix entendues au cours de la cérémonie, celle de la Dre Mariama Camara, enseignante-chercheure au département de chimie de l’UGANC et représentante des récipiendaires, traduit particulièrement cet état d’esprit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour elle, l’obtention du diplôme est certes un moment de « <strong>joie</strong> » et de « <strong>fierté</strong> », mais cette fierté s’accompagne immédiatement d’une responsabilité : celle de continuer à produire, transmettre et valoriser le savoir. Son propre travail de recherche porte sur <strong>la caractérisation des bauxites de Boffa pour la production de l’alumine par le procédé Bayer</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ce travail, la chercheure mesure la responsabilité qui accompagne l’investissement consenti par la nation dans la formation de ses cadres. « <strong><em>C’est ce que la nation a investi en nous. Il est de notre devoir de faire fructifier cet investissement au bénéfice du bien commun</em></strong> », a-t-elle déclaré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une phrase résume l’esprit de cette cérémonie : le diplôme ne constitue pas l’aboutissement du parcours scientifique, mais une étape supplémentaire au service de la connaissance et du développement.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><a></a><strong>52 femmes sur 206 diplômés : un défi qui reste posé</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Si la cérémonie est un moment de satisfaction, elle est également l’occasion de regarder les défis qui demeurent. Sur les 206 diplômés, seules <strong>52 sont des femmes</strong>, soit environ un quart des récipiendaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le professeur Alpha Kabinet Keita, cette situation appelle à poursuivre les efforts en faveur d’une meilleure représentation des femmes dans les formations avancées et la recherche scientifique. Le recteur a également insisté sur la nécessité de garantir des financements stables et prévisibles pour les laboratoires, les équipements, les bourses, la mobilité scientifique et la publication des travaux. Car, selon lui, investir dans la recherche nationale revient aussi à renforcer la capacité du pays à produire ses propres réponses plutôt qu’à dépendre systématiquement de solutions conçues ailleurs.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><a></a><strong>Une nouvelle étape commence</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les différentes interventions, un même message s’est finalement dégagé : <strong>le diplôme ne doit pas être une fin en soi.</strong> Aux nouveaux diplômés, le recteur a demandé de rester curieux, rigoureux et honnêtes avec les données produites, de continuer à publier, à partager leurs résultats et surtout à transmettre à leur tour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Former d’autres chercheurs, partager les connaissances et maintenir vivante la curiosité scientifique : pour lui, c’est aussi une manière de rester fidèle à ceux qui ont enseigné avant eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le Pr Aboubacar Oumar Bangoura, directeur du service des études avancées à l&rsquo;université Gamal Abdel Nasser de Conakry, les nouveaux diplômés de l’UGANC sont désormais appelés à franchir une nouvelle étape : transformer les connaissances acquises et les résultats obtenus en contributions concrètes à la société.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le vinaigre de cidre, la cannelle, le thé vert et le clou de girofle ne « tuent » pas le sucre dans l&#8217;organisme des diabétiques</title>
		<link>https://universciences.com/le-vinaigre-de-cidre-la-cannelle-le-the-vert-et-le-clou-de-girofle-ne-tuent-pas-le-sucre-dans-lorganisme-des-diabetiques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bagou Barry]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Sep 2026 13:56:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[FactuSciences]]></category>
		<category><![CDATA[Médicament]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://universciences.com/?p=1761</guid>

					<description><![CDATA[Cette vidéo de 2 minutes 36 secondes (lien archivé ici) dans laquelle l’auteur prétend partager des astuces «&#160;pouvant tuer&#160;» le sucre dans l’organisme des diabétiques est fausse. Publiée…]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.facebook.com/share/v/1HGSASTKA3/" target="_blank" rel="noopener"><strong>Cette vidéo de 2 minutes 36 secondes</strong></a> <strong>(</strong><a href="https://ghostarchive.org/archive/7Jhjm" target="_blank" rel="noopener"><strong>lien archivé ici</strong></a><strong>) dans laquelle l’auteur prétend partager des astuces «&nbsp;pouvant tuer&nbsp;» le sucre dans l’organisme des diabétiques est fausse. Publiée en novembre 2025 sur le réseau social Facebook par <a href="https://www.facebook.com/profile.php?id=100083009843283" target="_blank" rel="noopener">Barry Pellal Media</a> avec comme description « Astuces <u>qui tue le Sucre dans votre corps</u> », la vidéo totalisait, au moment de la publication de cet article, plusieurs millions de vues, plus de 33 000 partages et plus de 1 500 commentaires.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la vidéo, l&rsquo;auteur affirme que quatre remèdes naturels peuvent « <strong>tuer le sucre</strong> » dans l&rsquo;organisme des personnes diabétiques : <strong>le vinaigre de cidre de pomme dilué dans l&rsquo;eau, le thé à la cannelle, le thé vert, et le jus ou la poudre de clou de girofle</strong>. La vidéo cible explicitement les personnes diabétiques, prédiabétiques ou grandes consommatrices de sucre, en présentant ces remèdes comme immédiatement efficaces.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="355" height="642" src="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/09/image.png" alt="" class="wp-image-1765" style="width:254px;height:auto" srcset="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/09/image.png 355w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/09/image-166x300.png 166w" sizes="(max-width: 355px) 100vw, 355px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;abord, nous avons identifié et isolé chaque affirmation. La vidéo présente quatre remèdes distincts comme capables de « <strong>tuer le sucre</strong> » dans l&rsquo;organisme. Chaque affirmation a été vérifiée séparément, en confrontant les allégations aux preuves scientifiques sur chaque ingrédient. Pour chaque ingrédient, nous avons recherché des études cliniques et des méta-analyses publiées dans des revues, notamment <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/27/1/281/26582/Vinegar-Improves-Insulin-Sensitivity-to-a-High" target="_blank" rel="noopener">Diabetes Care, Journal of the Endocrine Society et Journal of Natural Medicine</a>, <a href="https://www.lanutrition.fr/les-veritables-bienfaits-du-vinaigre-de-cidre-pour-la-sante" target="_blank" rel="noopener">LaNutrition.fr</a> et aussi <a href="https://www.medisite.fr/diabete-diabete-digestion-infection-les-8-vertus-du-clou-de-girofle.5652599.60.html" target="_blank" rel="noopener">Medisite.fr</a>, ainsi que de la Fédération Française des Diabétiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons sollicité l&rsquo;avis d&rsquo;un spécialiste. Dr Amadou Bah, chef du service de diabétologie au CHU Donka, a été contacté pour contextualiser les données scientifiques dans la réalité médicale guinéenne et évaluer les risques concrets pour les patients. Enfin, pour plus de précision, nous sommes allés à la rencontre du Dr Tanou Valdez Bah, pharmacien et spécialiste en sciences des produits naturels et chercheur à l’Institut de recherche et de développement des plantes médicinales et alimentaires de Guinée (IRDPMAG).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le vinaigre de cidre de pomme : PARTIELLEMENT VRAI</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vinaigre de cidre n&rsquo;élimine pas le diabète, mais il peut faire baisser la glycémie. Il ne remplace pas les médicaments, mais il peut compléter le traitement du diabète, selon <a href="https://www.lanutrition.fr/les-veritables-bienfaits-du-vinaigre-de-cidre-pour-la-sante" target="_blank" rel="noopener">LaNutrition</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dr Amadou Bah précise que <em>« <strong>beaucoup de plantes et écorces ont un pouvoir hypoglycémiant immédiat, mais pas dans la durée, alors que les médicaments du diabète ont tous un temps d&rsquo;action et un temps d&rsquo;élimination scientifiquement établis</strong>. <strong>»</strong></em> L&rsquo;expression « <strong>tuer le sucre</strong> » est fausse et trompeuse : le vinaigre régule la glycémie, il ne l&rsquo;élimine pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est également l&rsquo;avis du Dr Tanou Valdez Bah. Pour lui, les espèces citées par ce tradipraticien ont montré, dans la littérature scientifique, un potentiel de réduction de la glycémie, <em>« <strong>je ne dirais pas tuer le diabète</strong> »</em>, nuance-t-il. Mais ce sont des tests qui restent au niveau du laboratoire, beaucoup plus des tests in vitro, même pas sur des souris, poursuit-il.&nbsp; <em>« <strong>Donc, on ne pourra pas dire que ce sont des remèdes forcément qui traitent le diabète, mais qui peuvent avoir des potentiels anti-diabétiques parce qu&rsquo;il faut faire la différence</strong> »</em>, explique le spécialiste des plantes médicinales et alimentaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le thé à la cannelle : PARTIELLEMENT VRAI</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des méta-analyses relayées par <strong></strong><a href="https://www.e-sante.fr/cannelle-ce-que-la-science-dit-de-ses-effets-sur-la-glycemie-le-cholesterol-et-linflammation/actualite/615205" target="_blank" rel="noopener">E-Santé.fr</a> publiées entre 2024 et 2025 rapportent une diminution significative de la glycémie à jeun chez les patients diabétiques de type 2 et les prédiabétiques, avec une réduction moyenne d’environ 15 mg/dL. La <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ptr.8026" target="_blank" rel="noopener">méta-analyse la plus récente (2025)</a>, qui regroupe 28 essais randomisés et 3 054 patients diabétiques de type 2, chiffre cette baisse à 15,26 mg/dL à jeun et 39,22 mg/dL après les repas, pour des doses inférieures ou égales à 2 g par jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces effets ne sont toutefois pas immédiats, car une supplémentation continue sur une période de 8 à 12 semaines est souvent nécessaire pour observer des changements biologiques significatifs, s&rsquo;accordent les chercheurs. Selon <strong></strong><a href="https://www.e-sante.fr/cannelle-ce-que-la-science-dit-de-ses-effets-sur-la-glycemie-le-cholesterol-et-linflammation/actualite/615205" target="_blank" rel="noopener">E-Santé</a>, la cannelle ne constitue en aucun cas un substitut aux traitements médicamenteux prescrits. Affirmer que ça « <strong>tue complètement</strong> » le sucre est scientifiquement inexact et exagéré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Dr Valdez Bah lui, il soulève des interrogations restées sans réponse dans la vidéo. Pour lui, il est nécessaire de savoir de quel type de cannelle il s&rsquo;agit, parce qu&rsquo;il y a deux types de cannelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« <strong>Il y a la cannelle de type cassia et il y a la cannelle de type Ceylan&#8230; Et en plus des plantes qu&rsquo;il cite, c&rsquo;est quelle partie de la plante qui est active ? Quel est le type de préparation qu&rsquo;il fait ? Quelle est la posologie qu&rsquo;il donne ?</strong></em> <strong><em>»</em></strong>, s&rsquo;interroge le spécialiste des plantes médicinales et alimentaires.La quasi-totalité des essais cliniques sur la glycémie portent sur la cannelle de Cassia. Or celle-ci contient jusqu’à <a href="https://www.compagnie-des-sens.fr/cannelle-ceylan-ou-cassia/" target="_blank" rel="noopener">250 fois plus de coumarine que la cannelle de Ceylan</a>, une molécule toxique pour le foie à doses élevées et répétées. Consommer quotidiennement de la cannelle Cassia pour « faire baisser le sucre » n’est donc pas sans risque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le thé vert : VRAI AVEC NUANCES</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;épigallocatéchine 3 gallate (EGCG), un composant du thé vert, peut jouer un rôle important dans la réduction des pics de glycémie. Consommée en même temps que des aliments riches en amidon, cette molécule réduit le pic de glycémie qui se produit après le repas, avec une réduction pouvant atteindre 50 % avec de l&rsquo;amidon de maïs, selon <a href="https://www.federationdesdiabetiques.org/federation/actualites/benefices-du-the-vert-sur-le-diabete-de-type-2-il-reduit-les-pics-de-glycemie" target="_blank" rel="noopener">la Fédération Française des Diabétiques.</a> Cette réduction de 50 % doit toutefois être relativisée. Elle a été mesurée <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/mnfr.201200206" target="_blank" rel="noopener">chez la souris, dans une étude publiée en 2012</a>, et non chez l’humain. Les auteurs estiment la dose testée à l’équivalent d’environ une tasse et demie de thé vert. Chez des personnes ne souffrant pas de diabète, le thé vert ne provoque pas d&rsquo;hypoglycémie : il abaisse le taux de glycémie seulement chez les diabétiques, précise <a href="https://www.creapharma.ch/news/the-vert-diabete-type-2.htm#gsc.tab=0" target="_blank" rel="noopener">Creapharma</a>. C&rsquo;est l&rsquo;affirmation la plus raisonnable de la vidéo, mais elle reste incomplète faute de préciser les doses et les limites de cet effet.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le clou de girofle : PARTIELLEMENT VRAI</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des chercheurs ont examiné l&rsquo;effet de 250 milligrammes d&rsquo;extrait de clou de girofle riche en polyphénols sur des adultes prédiabétiques. « <strong><em>Pendant 30 jours, les participants ont pris un supplément de clou de girofle après les repas. Le groupe prédiabétique a enregistré des taux de glucose inférieurs de 27 % par rapport à la valeur initiale. Les chercheurs ont conclu qu&rsquo;un extrait de clou de girofle riche en polyphénols peut aider à maintenir un métabolisme sain du glucose, en particulier chez les personnes atteintes de prédiabète</em></strong> », rapporte <a href="https://www.masantenaturelle.com/chroniques/conseil/clou_girofle_glycemie.php" target="_blank" rel="noopener">Ma Santé Naturelle</a>.&nbsp;&nbsp; L’<a href="https://link.springer.com/article/10.1186/s12906-019-2507-7" target="_blank" rel="noopener">étude d’origine, publiée en 2019 dans BMC Complementary Medicine and Therapies</a>, est un essai pilote en ouvert mené sur 13 volontaires seulement, dont 6 prédiabétiques. Ses résultats sont préliminaires et ne permettent aucune généralisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Dr Valdez Bah, on ne peut même pas parler pour l&rsquo;instant d&rsquo;efficacité à l&rsquo;échelle humaine, car ce sont des plantes, dans la littérature, qui ont été testées en laboratoire. <em>« <strong>Mais il faut savoir qu&rsquo;une plante peut être efficace parce qu&rsquo;elle contient des métabolites qui peuvent être différents d&rsquo;une zone à une autre »</strong></em> a-t-il renchéri.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Près de 589 millions d&rsquo;adultes vivaient avec le diabète en 2024</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <a href="https://www.federationdesdiabetiques.org/information/diabete/chiffres-monde" target="_blank" rel="noopener">la Fédération Internationale du Diabète</a>, près de 589 millions d&rsquo;adultes vivaient avec la maladie en 2024, soit 11,1 % de la population mondiale âgée de 20 à 79 ans. Le diabète de type 2 représente à lui seul 92 % des cas, et sa prévalence a doublé en trente ans. Ces données proviennent de la <a href="https://diabetesatlas.org/" target="_blank" rel="noopener">11e édition de l’Atlas du diabète de la FID</a>, publiée en 2025, qui projette 853 millions d’adultes diabétiques en 2050 et estime à 252 millions le nombre de malades qui s’ignorent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Afrique subsaharienne, la situation est particulièrement préoccupante. D&rsquo;après des données publiées sur <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1957255719300574" target="_blank" rel="noopener">ScienceDirect</a>, le nombre de personnes diabétiques devrait presque tripler entre 2017 et 2045, passant de 16 à 41 millions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Guinée, la tendance suit la même trajectoire. Selon le chef du service de diabétologie au CHU Donka, environ 5 % de la population guinéenne est diabétique, avec une progression constante touchant toutes les couches sociales. Ce taux, issu de l’enquête nationale STEPS, avait déjà été <a href="https://guineematin.com/2025/03/18/sante-5-des-guineens-sont-diabetiques-revele-le-chef-de-service-diabetologie-de-donka/" target="_blank" rel="noopener">avancé publiquement par le même spécialiste en mars 2025</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dr Amadou Bah est formel : « <strong><em>Aujourd’hui, on n&rsquo;arrive pas à guérir cette maladie métabolique liée à un défaut de production de l&rsquo;insuline par le pancréas ».</em> </strong>Il déplore par ailleurs les <strong>« <em>communications absurdes sur les réseaux sociaux sur le diabète, sans contrôle, qui ont un impact négatif sur la prise en charge des patients diabétiques</em></strong> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Dr Tanou Valdez Bah, on parle plutôt de la prise en charge du diabète, on ne parle pas d&rsquo;un traitement du diabète. <em>« <strong>Aller jusqu&rsquo;à dire que ces plantes tuent le diabète, c&rsquo;est peut-être trop dit, parce qu&rsquo;on ne sait pas comment on tue un diabète, c&rsquo;est une pathologie, on ne peut pas tuer la pathologie »</strong></em>, affirme le pharmacien, spécialiste en sciences des produits naturels et chercheur à l’Institut de recherche et de développement des plantes médicinales et alimentaires de Guinée (IRDPMAG)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce qui est réellement dangereux</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes les sources consultées s’accordent à dire que les conseils visant à « <strong>tuer le sucre</strong> » sont dangereux pour les diabétiques. Elles insistent également sur le fait que l’hypoglycémie sévère peut provoquer un coma ou la mort, et aucun traitement ne doit être modifié sans avis médical.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« <strong>Il ne faut pas associer ces remèdes proposés par les tradipraticiens à leur traitement anti-diabétique, parce que s&rsquo;il s&rsquo;avère que leur traitement traditionnel est efficace, il y aura une double chute de la glycémie et qui peut conduire à une hypoglycémie sévère</strong></em> <strong><em>»,</em></strong> prévient Dr Valdez.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dr Amadou Bah rappelle quant à lui que la prise en charge du diabète repose sur une alimentation adaptée, les médicaments ou l’insuline et l’activité physique régulière. Les experts soulignent aussi l’absence de dosages précis et rappellent que ces remèdes ne remplacent pas l’insuline, surtout pour les diabétiques de type 1.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Verdict</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les quatre ingrédients cités ont une base scientifique réelle pour aider à réguler la glycémie. Mais la vidéo exagère leurs effets avec des formulations comme « <strong>tuer le sucre</strong> » ou « <strong>complètement</strong> », et omet des mises en garde essentielles. Présentés comme des solutions suffisantes, ces remèdes peuvent conduire des malades à abandonner leur traitement, ce qui représente un risque vital.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« <strong>On parle plutôt de la prise en charge du diabète, on ne parle pas d&rsquo;un traitement du diabète. Donc aller jusqu&rsquo;à dire que ces plantes tuent le diabète, c&rsquo;est peut-être trop dit, parce qu&rsquo;on ne sait pas comment on tue un diabète, c&rsquo;est une pathologie, on ne peut pas tuer la pathologie. Ce n&rsquo;est pas une bactérie, ce n&rsquo;est pas un virus »</strong></em> conclut le spécialiste des plantes médicinales et alimentaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dr Amadou Bah le confirme sans ambiguïté : « <strong><em>Le diabète fait partie des maladies chroniques comme l&rsquo;hypertension, l&rsquo;asthme et le cancer. Pour le traiter, nous avons des références scientifiques des experts en la matière</em></strong> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cet article a été rédigé par Mamadou Kindy BAH dans le cadre du Projet Afri’Kibaaru 2 mis en œuvre par CFI, avec l’appui financier de l’AFD. Il a été édité par Carol Valade et approuvé par Sally Bilaly Sow.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Retards cardiaques à Conakry : ce que révèle une étude guinéenne</title>
		<link>https://universciences.com/retards-cardiaques-a-conakry-ce-que-revele-une-etude-guineenne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bagou Barry]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 10:05:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://universciences.com/?p=1741</guid>

					<description><![CDATA[Un patient ressent des douleurs à la poitrine depuis plusieurs semaines. Il consulte d&#8217;abord un centre de santé de quartier, puis patiente encore, avant d&#8217;être finalement orienté vers…]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un patient ressent des douleurs à la poitrine depuis plusieurs semaines. Il consulte d&rsquo;abord un centre de santé de quartier, puis patiente encore, avant d&rsquo;être finalement orienté vers le service de cardiologie du CHU Ignace Deen, à Conakry. Entre les premiers symptômes et la prise en charge spécialisée, il peut s&rsquo;écouler des jours, parfois davantage.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une équipe de médecins guinéens, rattachée au service de cardiologie d&rsquo;Ignace Deen, a voulu comprendre ce qui explique ces délais. Leur étude, publiée en juillet 2026 dans le World <a href="https://www.scirp.org/journal/paperinformation?paperid=152641" target="_blank" rel="noopener">Journal of Cardiovascular Diseases</a>, apporte des chiffres précis sur une réalité que beaucoup de familles guinéennes connaissent sans toujours pouvoir la nommer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« Dans notre pratique quotidienne au service de cardiologie, nous avons constaté que de nombreux patients nous étaient adressés à un stade tardif de leur parcours de soins, parfois après plusieurs jours ou plusieurs consultations dans différentes structures de santé »,</em></strong> raconte le Dr Ousmane Mamadama Camara, en spécialisation de cardiologie à Ignace Deen et coauteur de l&rsquo;étude. <strong><em>« C&rsquo;est donc à partir de cette réalité observée dans notre pratique quotidienne que nous avons décidé de mener cette étude. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une étude construite sur le terrain</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant six mois, les chercheurs ont suivi <strong>111 patients nouvellement adressés</strong> au service de cardiologie, en les interrogeant directement ainsi que le personnel soignant impliqué dans leur parcours. L&rsquo;objectif n&rsquo;était pas de mesurer la gravité des maladies cardiovasculaires elles-mêmes, mais bien le temps écoulé entre la première consultation dans un centre de santé périphérique et l&rsquo;arrivée effective au service spécialisé de Conakry, ainsi que les facteurs qui allongent ou raccourcissent ce délai.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les patients suivis ressemblent, à bien des égards, à une bonne partie de la patientèle cardiologique guinéenne : une majorité de plus de 45 ans, une légère prédominance féminine, et plus d&rsquo;un tiers sans instruction scolaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;argent et le manque d&rsquo;information, premiers freins</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogés sur les raisons de leur retard à consulter, <strong>53 % des patients ont cité le manque de moyens financiers, et 52 % l&rsquo;absence d&rsquo;information sur les maladies cardiovasculaires. Un quart environ a également mentionné la préférence pour la médecine traditionnelle, et environ un patient sur cinq a reconnu avoir retardé sa consultation par peur du diagnostic</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux chiffres presque à égalité, donc, mais qu&rsquo;il serait faux d&rsquo;opposer, selon le <a href="https://www.linkedin.com/in/ousmane-fofana-332050156/" target="_blank" rel="noopener">Dr Ousmane Fofana</a>, médecin de santé publique, spécialiste en épidémiologie et santé communautaire, également coauteur de l&rsquo;étude. <strong><em>« Le manque d&rsquo;information peut retarder la décision de consulter : une personne qui ne reconnaît pas la gravité de certains symptômes peut attendre avant de chercher des soins. Mais même lorsqu&rsquo;un patient comprend qu&rsquo;il doit consulter, les difficultés financières peuvent ensuite empêcher ou retarder l&rsquo;accès effectif aux services de santé »</em></strong>, explique-t-il. « <strong><em>L&rsquo;information permet de mieux reconnaître le besoin de soins, tandis que les ressources financières permettent de transformer cette intention en accès réel aux services de santé</em></strong>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le niveau de connaissance sur les maladies cardiovasculaires, mesuré à travers un petit questionnaire, confirme cette marge de progression : plus de la moitié des patients avaient un niveau de connaissance jugé seulement moyen, et près d&rsquo;un quart un niveau faible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la place à part qu&rsquo;occupe la médecine traditionnelle dans ce retard. Pour le Dr Fofana, elle ne doit pas être diabolisée : « <strong><em>Elle représente une pratique de soins accessible, familière et profondément ancrée dans les habitudes de la communauté. Le problème ne réside pas nécessairement dans le recours initial à ces pratiques, mais dans le retard que cela peut occasionner lorsqu&rsquo;une pathologie nécessitant une prise en charge médicale spécialisée n&rsquo;est pas reconnue suffisamment tôt.</em></strong> » L&rsquo;enjeu, insiste-t-il, n&rsquo;est pas d&rsquo;opposer systématiquement médecine traditionnelle et médecine moderne, mais d&rsquo;améliorer la reconnaissance des signes d&rsquo;alerte qui imposent une consultation rapide.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La distance, un facteur qui pèse lourd</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des perceptions individuelles, l&rsquo;étude a cherché des liens statistiques plus solides. Le résultat le plus marquant concerne la distance entre le domicile et l&rsquo;hôpital : au-delà de 10 kilomètres, le risque de complications cardiovasculaires liées au retard de prise en charge triple pratiquement, une association jugée très significative sur le plan statistique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, que signifie ce chiffre pour un patient qui vit loin de Conakry ? « <strong><em>La distance ne représente pas seulement un nombre de kilomètres. Elle peut signifier davantage de temps de trajet, des coûts de transport plus élevés, des difficultés à trouver un moyen de déplacement et parfois des retards supplémentaires liés à la circulation ou à l&rsquo;organisation du système de référence</em></strong> », détaille le Dr Camara. Il tient toutefois à une nuance méthodologique : « <strong><em>Notre étude étant transversale, elle met en évidence des associations et ne permet pas d&rsquo;établir une relation de causalité directe</em></strong>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le manque de personnel médical disponible dans les structures périphériques joue également un rôle, tout comme le niveau de revenu du patient et son niveau d&rsquo;instruction, ce dernier étant associé à plus du double du risque de retard chez les personnes n&rsquo;ayant jamais été scolarisées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces résultats doivent être lus avec la prudence que les auteurs eux-mêmes recommandent : il s&rsquo;agit d&rsquo;une étude menée dans un seul hôpital, sur une période limitée, et basée en partie sur les déclarations des patients. « <strong><em>Notre étude a été menée dans un seul centre, ce qui constitue l&rsquo;une de ses principales limites</em></strong> », reconnaît le Dr Fofana. « <strong><em>Une étude multicentrique, réalisée dans plusieurs hôpitaux et éventuellement dans différents niveaux du système de santé, permettrait d&rsquo;inclure une population plus large et plus diversifiée, et de comparer les réalités selon les régions : zones urbaines et rurales, disponibilité des spécialistes, accessibilité financière et géographique.</em></strong> » Mais la cohérence des résultats, combinée à l&rsquo;expérience quotidienne des soignants d&rsquo;Ignace Deen, dessine un tableau difficile à ignorer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce que suggère l&rsquo;étude pour la suite</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteurs proposent plusieurs pistes : renforcer la sensibilisation communautaire sur les signes d&rsquo;alerte cardiovasculaires, alléger le poids financier de la consultation à travers des mécanismes de solidarité ou d&rsquo;assurance santé, rapprocher les soins cardiologiques des populations éloignées de Conakry, notamment via des cliniques mobiles, et harmoniser les protocoles qui orientent un patient d&rsquo;un centre de santé périphérique vers un service spécialisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laquelle de ces pistes est réaliste à court terme, en Guinée ? Pour le Dr Fofana, la réponse est claire : « <strong><em>Le renforcement de la sensibilisation sur les maladies cardiovasculaires et l&rsquo;amélioration du système de référence nous semblent être les interventions les plus réalistes. […] L&rsquo;harmonisation des procédures de référence entre les différents niveaux du système de santé pourrait être mise en œuvre progressivement, sans nécessiter immédiatement des investissements aussi importants que la création de nouveaux centres spécialisés</em></strong>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et s&rsquo;il fallait convaincre une seule autorité sanitaire d&rsquo;agir en priorité ? Le Dr Camara n&rsquo;hésite pas : « <strong><em>La priorité devrait être de construire un système permettant d&rsquo;identifier plus tôt les patients à risque, de les informer sur les signes d&rsquo;alerte et de faciliter leur orientation rapide vers le niveau de soins approprié. Une amélioration du système de référence pourrait avoir un effet structurant sur l&rsquo;ensemble du parcours de soins</em></strong>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette étude ne prétend pas régler la question des retards de prise en charge cardiovasculaire en Guinée. Elle a le mérite de la documenter avec des chiffres issus du terrain, à un moment où les maladies cardiovasculaires progressent partout en Afrique subsaharienne. Selon l’<a href="https://www.who.int/fr" target="_blank" rel="noopener">Organisation Mondiale de la Santé</a> &#8211; OMS, <a href="https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/cardiovascular-diseases-(cvds)" target="_blank" rel="noopener">plus des trois quarts des décès imputables</a> aux MCV surviennent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les familles guinéennes, l’étude rappelle une évidence parfois difficile à entendre : plus la distance et le coût pour accéder aux soins spécialisés sont réduits, plus les chances d&rsquo;une prise en charge à temps augmentent.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Décoction de corossol, citronnelle et cendre pour traiter tous les cancers : attention à ce remède dangereux pour la santé </title>
		<link>https://universciences.com/decoction-de-corossol-citronnelle-et-cendre-pour-traiter-tous-les-cancers-attention-a-ce-remede-dangereux-pour-la-sante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bagou Barry]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Aug 2026 10:49:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[FactuSciences]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://universciences.com/?p=1733</guid>

					<description><![CDATA[Une vidéo ayant cumulé plus d’un million de vues sur TikTok promet de guérir tous les cancers avec une concoction à base de feuilles de corossol, de citronnelle…]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une vidéo ayant cumulé plus d’un million de vues sur</strong> <a href="https://www.tiktok.com/@angiesantepure/video/7619048010235841813?is_from_webapp=1&amp;sender_device=pc" target="_blank" rel="noopener"><strong>TikTok</strong></a> <strong>promet de guérir tous les cancers avec une concoction à base de feuilles de corossol, de citronnelle et de cendre de bois. Aucune preuve scientifique n’établit qu’une telle préparation soigne le cancer chez l’être humain. De plus, l’utilisation prolongée de cette décoction expose à des risques de toxicité, selon les experts interrogés par UniverSciences. </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Que dit la vidéo&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le compte TikTok <a href="https://www.tiktok.com/@angiesantepure" target="_blank" rel="noopener">angiesantepure</a>, suivi par 11 800 abonnés à la date du 19 août 2026, <a href="https://www.tiktok.com/@angiesantepure/video/7619048010235841813?is_from_webapp=1" target="_blank" rel="noopener">une vidéo</a> publiée le 19 mars et épinglée à la page d’accueil présente un remède « <strong>très efficace</strong> » censé soigner tous les types de cancer, notamment ceux de la prostate et de l’utérus. L’auteure de la vidéo appelant à un partage massif « <strong>pour sauver des vies</strong> », présente la recette comme suit : bouillir dans deux litres d’eau pendant 45 minutes <strong>« une bonne quantité »</strong> de feuilles de corossol, de la citronnelle et de la cendre de bois. Le mélange doit être filtré et consommé le matin à jeun et le soir avant de se coucher, à raison d’un verre par prise.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" width="879" height="1024" src="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-5-879x1024.png" alt="" class="wp-image-1735" style="aspect-ratio:0.8571428571428571;width:402px;height:auto" srcset="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-5-879x1024.png 879w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-5-258x300.png 258w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-5-768x894.png 768w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-5.png 1077w" sizes="(max-width: 879px) 100vw, 879px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La vidéo a été visionnée plus d’un million de fois et totalise plus de 68 000 partages et des milliers de commentaires à la date du 19 août dont la majorité semble adhérer au remède. Des utilisateurs regrettent même que l’animatrice ivoirienne <a href="https://www.koaci.com/article/2025/12/03/cote-divoire/societe/cote-divoire-nadiya-sabeh-seteint-apres-un-long-combat-proches-le-monde-culturel-en-deuil_192503.html" target="_blank" rel="noopener">Nadiya Sabeh</a>, décédée d’un cancer du sein en décembre 2025, n’ait pas pu bénéficier de ce soin. À la question relative à la durée du traitement, l’auteure évoque un délai de 90 à 180 jours, soit trois à six mois avant la guérison.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="534" src="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-4-1024x534.png" alt="" class="wp-image-1734" style="aspect-ratio:1.9145569620253164;width:605px;height:auto" srcset="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-4-1024x534.png 1024w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-4-300x156.png 300w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-4-768x401.png 768w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-4.png 1342w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des vertus réelles du corossol et de la citronnelle, loin d’un médicament contre le cancer&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les feuilles de <a href="https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01823643" target="_blank" rel="noopener">corossol (<em>Annona muricata</em> L.)</a> et de <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25986281/" target="_blank" rel="noopener">citronnelle (<em>Cymbopogon citratus</em></a>) sont riches en métabolites secondaires, responsables de leurs activités biologiques, explique à UniversSciences le <a href="https://irdpmag.edu.gn/2026/06/13/succes-academique-le-dr-tanou-valdez-bah-soutient-sa-these-de-doctorat/" target="_blank" rel="noopener">Dr Tanou Valdez Bah</a>, chercheur rattaché à l’Institut de recherche et de développement des plantes médicinales et alimentaires de Guinée (<a href="https://irdpmag.edu.gn/" target="_blank" rel="noopener">IRDPMAG</a>). Les <a href="https://www.culture.fr/franceterme/terme/COGB150" target="_blank" rel="noopener">métabolites secondaires</a> sont des substances organiques produites par des plantes pour se protéger notamment contre certains insectes et agents pathogènes. Des essais cliniques ont notamment documenté l’action antitumorale (contre des tumeurs) des métabolites secondaires en chimiothérapie. C’est notamment le cas de <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12530659/" target="_blank" rel="noopener">cette étude</a> publiée dans la revue américaine <em>National Library of Medecine</em> sur l’activité anticancéreuse de métabolites secondaires extraits d’un champignon endophyte présent dans l’écorce de Pongamia pinnata<em>,</em> dont les conclusions révèlent que ces extraits affichent une activité anticancéreuse significative et pourraient constituer un agent thérapeutique pour le traitement de la leucémie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.researchgate.net/publication/312686177_Cymbopogon_citratus" target="_blank" rel="noopener">citronnelle est particulièrement riche en huile essentielle</a> dont les principaux constituants sont le citral, le myrcène, le géraniol, le limonène, des <a href="https://new.societechimiquedefrance.fr/produits/limonene-et-monoterpenes/" target="_blank" rel="noopener">monoterpènes</a> (métabolites secondaires) <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1155/2022/6317201" target="_blank" rel="noopener">aux propriétés antitumorales</a>. Elle contient également des flavonoïdes et des composés antioxydants.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le Pr <a href="https://www.linkedin.com/in/bangaly-traore-62b53838/" target="_blank" rel="noopener">Bangaly Traoré</a>,&nbsp; chef&nbsp; du service de cancérologie à l’<a href="https://hndonka.com/" target="_blank" rel="noopener">hôpital national Donka</a> de Conakry et président de la <a href="https://www.facebook.com/profile.php?id=61588961697900#" target="_blank" rel="noopener">Société guinéenne du cancer</a>, <strong><em>« il y a des vertus (dans le corossol et la citronnelle) pour inhiber la croissance des cellules, mais ça ne fait pas d’eux des médicaments anticancéreux »</em></strong>. Il spécifie qu’il n’y pas de preuves scientifiques établies que <strong>« ces plantes-là »</strong> soignent les malades du cancer.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet avis est corroboré par plusieurs travaux scientifiques reconnus. Par exemple, dans <a href="https://www.cancerresearchuk.org/about-cancer/treatment/complementary-alternative-therapies/individual-therapies/graviola" target="_blank" rel="noopener">cet article</a> du <a href="https://www.cancerresearchuk.org/" target="_blank" rel="noopener">Cancer Research UK</a>, une organisation internationale britannique dédiée à la recherche sur le cancer, il est indiqué qu’il <a href="https://www.cancerresearchuk.org/about-cancer/treatment/complementary-alternative-therapies/individual-therapies/graviola" target="_blank" rel="noopener">n’existe aucune preuve clinique que le corossol</a> guérisse un cancer. Selon le texte, l&rsquo;utilisation prolongée de la plante peut endommager les reins et le foie. Un <a href="https://www.mdpi.com/2072-6694/14/18/4539" target="_blank" rel="noopener">article publié en 2022</a> dans la revue scientifique <a href="https://www.mdpi.com/" target="_blank" rel="noopener">MDPI</a>, confirme le potentiel anticancéreux du corossol, mais uniquement sur des cellules en culture et des modèles animaux. <a href="https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-04265053" target="_blank" rel="noopener">Une thèse</a> de pharmacie publiée en 2023 sur <a href="https://dumas.ccsd.cnrs.fr/" target="_blank" rel="noopener">dumas</a> consacrée à l’état des lieux de ces propriétés aboutit au même constat : les effets observés restent précliniques. Il en va de même pour la citronnelle, dont le principal composé, le citral, pousse en laboratoire des cellules cancéreuses à s’autodétruire, y compris des cellules de cancer du sein <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11149199/" target="_blank" rel="noopener">selon une étude publiée dans Pubmed.&nbsp;</a> &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Pr Bangaly Traoré reconnaît toutefois qu’il existe des médicaments anticancéreux issus de certaines plantes, citant par exemple la <a href="https://www.vidal.fr/medicaments/substances/vincristine-6902.html" target="_blank" rel="noopener">vincristine</a>, une substance organique naturelle qui entre dans la composition de médicaments <a href="https://theconversation.com/de-la-medecine-traditionnelle-au-traitement-du-cancer-le-fabuleux-destin-de-la-pervenche-de-madagascar-264418" target="_blank" rel="noopener">prescrits</a> notamment dans le traitement de lymphomes et de leucémies.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vincristine est obtenue à partir des feuilles de la <a href="https://www.facebook.com/watch/?v=24831907009779196" target="_blank" rel="noopener">pervenche de Madagascar</a>, une plante à fleurs présente dans l’Île Rouge. D’autres molécules comme <a href="https://www.vidal.fr/medicaments/substances/vinblastine-6901.html" target="_blank" rel="noopener">le vinblastine</a> ou encore le <a href="https://www.rtbf.be/article/de-la-medecine-traditionnelle-au-traitement-du-cancer-le-fabuleux-destin-de-la-pervenche-de-madagascar-11603544" target="_blank" rel="noopener">vindoline</a> également extraites de la pervenche de Madagascar sont connues pour leurs effets dans le traitement de certains cancers.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais entre la plante et le médicament il existe <a href="https://www.arsla.org/suivre-la-recherche/recherche-sla/etapes-developpement-medicament/" target="_blank" rel="noopener">plusieurs phases d’essais successives</a> incluant des tests sur cellules en culture puis sur l’animal, pour mesurer l’efficacité ; ensuite la recherche du bon dosage et l’analyse des effets secondaires avant l’essai chez l’être humain, où l’on compare bénéfices et risques. L’autorisation de mise sur le marché est la dernière étape encadrée par une pharmacovigilance qui surveille les performances et limites du médicament.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les dangers de la consommation de la cendre bois&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Issue de la combustion complète du bois, la cendre de bois est souvent <a href="https://www.radiofrance.fr/francebleu/podcasts/les-conseils-pratiques-ici-creuse/cendre-de-bois-au-jardin-bonne-idee-ou-fausse-astuce-1513701" target="_blank" rel="noopener">utilisée</a>&nbsp;dans les pratiques agricoles, notamment le jardinage pour ces propriétés fertilisantes. Son usage alimentaire est fortement déconseillé. Mélangée dans l’eau, elle libère de l’hydroxyde de potassium ou <a href="https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/014006/2010-02-16/" target="_blank" rel="noopener">&nbsp;potasse,</a> une substance caustique <a href="https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/sante-environnement-milieu-travail/sante-securite-travail/systeme-information-matieres-dangereuses-utilisees-travail/evaluation-substances-dangereuses/hydroxyde-potassium.html" target="_blank" rel="noopener">corrosive</a> pouvant causer des brûlures de la bouche, de l&rsquo;œsophage et de l&rsquo;estomac. Nous n’avons retrouvé aucune donnée fiable prouvant son action dans le traitement contre le cancer.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le cancer n’existe pas au singulier</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La vidéo promet de soigner tous les cancers, et c’est là que le raisonnement s&rsquo;effondre. Pour le Pr Traoré, cet argument montre le niveau de méconnaissance du cancer par l’auteure de la vidéo qui n’appartient ni au corps médical ni à un cadre reconnu des praticiens de la médecine traditionnelle. <strong><em>« Quand on fait la liste, on ne va pas finir de citer les types de cancer. Si on dit par exemple cancer du sein, il peut y avoir plus d’une quarantaine de types de cancers du sein. Donc chaque malade a son cancer, et son traitement »</em></strong>, relève l’oncologue.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <a href="https://www.fondation-arc.org/" target="_blank" rel="noopener">la fondation ARC</a>, une organisation française pour la recherche sur le cancer, <a href="https://www.fondation-arc.org/sinformer-sur-le-cancer/les-differents-cancers/" target="_blank" rel="noopener">plus de 200 types de cancers</a> ont été identifiés dans le monde, répartis entre « cancers solides, hématologiques et métastatiques ». Les cancers solides sont des tumeurs solides se formant dans les tissus de l’organisme; Les cancers hématologiques touchent les cellules et les organes du sang et on parle de <a href="https://cancer.ca/fr/cancer-information/cancer-types/metastatic/what-is-metastatic-cancer" target="_blank" rel="noopener">cancer métastatique</a> lorsque la tumeur se développe dans une autre partie du corps où elle est apparue. L’<a href="https://www.iarc.who.int/" target="_blank" rel="noopener">Agence internationale pour la recherche sur le cancer</a> liste <a href="https://www.iarc.who.int/cancer-topics/" target="_blank" rel="noopener">des dizaines de cancers</a> et leurs divers sous-types. <strong><em>« Aujourd’hui, le cancer ne se traite pas de façon générale. Le traitement est adapté à la personne, à ses besoins, à son type de cancer. Moi je suis cancérologue, je traite beaucoup de cancers mais je n’ai pas les compétences ni la connaissance pour traiter tout type de cancer »</em></strong>, souligne le Pr Bangaly Traoré mettant l’accent sur la logique de la médecine moderne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans les commentaires que se joue le plus grave. À une internaute qui demande combien de temps boire la tisane, l&rsquo;auteure répond : <strong><em>« 90 jours et vérifier, si vous n’êtes pas totalement guéri, continuez à nouveau sur 90 jours encore »</em></strong>, supposant que si le remède ne marche pas, ce n’est jamais parce qu’il est faux. Il faut persévérer pour avoir la guérison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Six mois c’est aussi la période pendant laquelle un patient peut retarder un diagnostic, une chimiothérapie ou une radiothérapie. Pour le Pr Traoré, ce mécanisme est l’un des principaux obstacles à la lutte contre le cancer en Guinée : <strong><em>« C’est l’une des barrières au traitement du cancer. Parfois, le cancer est diagnostiqué tôt, mais à cause de ce qu’ils entendent dans le quartier, on écoute plus celui qui n’est pas médecin que celui qui est dans la matière »</em></strong>. L’oncologue raconte que beaucoup de malades ont abandonné leur traitement avec leur médecin pour se tourner vers la médecine des plantes avant de revenir à l&rsquo;hôpital. Le spécialiste parle de&nbsp; « retours vraiment désastreux » pour ces personnes qui reviennent aux soins avec des états avancés de leur maladie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce phénomène est documenté ailleurs. À La Réunion, <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30195454/" target="_blank" rel="noopener">une étude publiée dans la Revue des maladies respiratoires</a> a montré qu’un quart des patients traités par chimiothérapie pour un cancer bronchopulmonaire consommaient régulièrement du corossol à visée anticancéreuse, avec des risques d’interactions encore mal évalués.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un mélange qui n&rsquo;est pas sans risque</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La préparation elle-même inquiète le spécialiste : <strong><em>« C&rsquo;est là où il faut faire encore plus attention, parce que les mélanges, on ne sait jamais ce que ça va donner au niveau du foie. Il peut y avoir des interactions, même avec les médicaments que nous prenons. Donc ça peut être toxique pour le foie »</em></strong>. Il précise : <strong><em>« Un principe actif contenu dans un produit peut inactiver le principe actif du médicament qui est actif sur la maladie. Et parfois, ça peut entraîner le développement d&rsquo;une résistance des cellules cancéreuses »</em></strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la différence des remèdes improvisés, les médicaments passent par une évaluation systématique de ces risques : <strong><em>« En médecine moderne, ces interactions sont analysées et étudiées. Quand vous prenez un médicament, vous prenez la fiche, vous voyez les effets indésirables, les effets secondaires, les complications possibles, les interactions possibles ».</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux éléments factuels renforcent cette prudence. Les feuilles de corossol contiennent de l&rsquo;annonacine, une substance dont la neurotoxicité est reconnue par l&rsquo;<a href="https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2008sa0171.pdf" target="_blank" rel="noopener">ANSES</a>, les faire bouillir 45 minutes revient précisément à concentrer ces composés.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogé sur ce protocole, le Dr Valdez, de l&rsquo;IRDPMAG, explique : <strong><em>« Nous avons étudié une plante appartenant à la même famille que le corossol, Annona senegalensis, sur plusieurs lignées tumorales humaines. Nos résultats ont montré une activité antiproliférative intéressante vis-à-vis des cellules cancéreuses, par l&rsquo;induction du stress oxydatif et par l&rsquo;arrêt du cycle cellulaire en phase G2/M. Ces travaux restent précliniques mais contribuent à l&rsquo;identification de nouveaux candidats phytomédicamenteux issus de la biodiversité guinéenne. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le bon réflexe</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Pr Traoré ne réclame ni censure ni procès, mais la correction du message : <strong><em>« C&rsquo;est plutôt une information à corriger. Il faut rectifier le message. Donner les vertus, ne pas dire que c&rsquo;est un médicament anticancéreux. Ça peut aider à prévenir. Donc l&rsquo;information doit être revue, corrigée et diffusée. »</em></strong> Il recommande aux créateurs de contenu de se rapprocher des services compétents lorsqu’ils traitent de sujets sur la santé, surtout s’ils sont suivis et écoutés par des milliers de personnes. <strong><em>« L&rsquo;ignorance tue. L&rsquo;ignorance est un frein à la lutte contre les maladies, à plus forte raison le cancer »,</em></strong> conclut le cancérologue.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Manger des fruits et légumes, boire une infusion de citronnelle, consommer du corossol : rien de tout cela n&rsquo;est nocif dans une alimentation équilibrée, et cela participe même à la prévention. Mais aucune tisane ne soigne un cancer, n&rsquo;en remplace le diagnostic, ni ne justifie d&rsquo;abandonner un traitement. Face à un symptôme inquiétant, le premier geste n&rsquo;est pas de faire bouillir des feuilles : c&rsquo;est de consulter.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cet article a été rédigé par Aissatou Barry et Alpha Oumar Bagou Barry, avec le soutien d’Africa Check dans le cadre de son Programme de bourse de soutien au fact-checking.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>NON, les graines de fenugrec ne peuvent pas remplacer les médicaments contre le diabète comme l&#8217;affirme Barry Pellal</title>
		<link>https://universciences.com/non-les-graines-de-fenugrec-ne-peuvent-pas-remplacer-les-medicaments-contre-le-diabete-comme-laffirme-barry-pellal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bagou Barry]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 11:14:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[FactuSciences]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://universciences.com/?p=1724</guid>

					<description><![CDATA[Le tradipraticien Barry Pellal affirme dans une vidéo publiée le 14 avril 2026 sur sa page Facebook Barry Pellal Médias et largement partagée par ses abonnés que «…]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le tradipraticien Barry Pellal affirme dans une vidéo publiée le 14 avril 2026 sur sa page Facebook <a href="https://www.facebook.com/share/v/1CwGKuSxPv/" target="_blank" rel="noopener">Barry Pellal Médias</a> et largement partagée par ses abonnés que <strong><em>« les personnes atteintes de diabète, quel que soit le type, peuvent abandonner leurs médicaments au profit d&rsquo;une préparation à base de graines de fenugrec »</em></strong>. Une affirmation qui n&rsquo;est pas étayée par les preuves scientifiques disponibles et qui peut être dangereuse, notamment pour les personnes atteintes de diabète de type 1.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la date du 13 août 2026, la <a href="https://www.facebook.com/reel/1498790658424378/?mibextid=Nif5oz" target="_blank" rel="noopener">vidéo</a> totalisait 3 907 mentions « J&rsquo;aime », 1 304 commentaires et 8 271 partages. L&rsquo;auteur y affirme textuellement : <strong><em>« Quel que soit le type de diabète que vous avez, je dis bien, et vous avez bien entendu, quel que soit le type de diabète qui vous fracasse, qui vous fatigue, prenez les médicaments là vous mettez ça à côté. Allez-y chercher les graines de fenugrec, tu cherches ça en grande quantité, tu envoies, tu prends une poignée, tu mets dans un 2 litres d&rsquo;eau. Tu attends que ça se dissolve. Tu remis comme ça se doit. Jusqu&rsquo;à ce que les graines se dissolvent et deviennent de l&rsquo;eau. Se mélange avec cette eau. Tu prends cette eau, tu bois matin, midi, soir »</em></strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il recommande également d&rsquo;éviter les sucreries et <strong><em>« les fruits qui sont trop sucrés »</em></strong>, avant de conclure : <strong><em>« Il n&rsquo;y a pas de maladie qui n&rsquo;a pas de guérison »</em></strong>.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="547" height="1024" src="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-3-547x1024.png" alt="" class="wp-image-1726" style="width:418px;height:auto" srcset="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-3-547x1024.png 547w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-3-160x300.png 160w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-3.png 684w" sizes="auto, (max-width: 547px) 100vw, 547px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Dans cet article, <a href="https://universciences.com/">Universciences</a> vérifie ces affirmations à partir de publications scientifiques, de sources institutionnelles et de l&rsquo;avis du Dr Jean Loua, médecin interne du service de Diabétologie de l&rsquo;hôpital régional de Conakry.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qui est Barry Pellal ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Connu sur les réseaux sociaux en Guinée comme tradipraticien, Barry Pellal publie régulièrement des contenus consacrés à la santé, aux plantes médicinales et aux remèdes traditionnels. Dans la vidéo vérifiée, il s&rsquo;adresse directement aux personnes vivant avec le diabète et présente le fenugrec comme un substitut aux médicaments, sans distinguer les différents types de diabète, une distinction pourtant fondamentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <a href="https://www.who.int/fr" target="_blank" rel="noopener">l&rsquo;Organisation mondiale de la Santé</a> (OMS), le diabète regroupe plusieurs formes, notamment les types 1, 2 et gestationnel. Le type 1 se caractérise par une production insuffisante d&rsquo;insuline et nécessite une administration quotidienne de cette hormone ; le type 2 correspond à une utilisation inefficace de l&rsquo;insuline par l&rsquo;organisme. Cette distinction est au cœur de notre vérification.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le fenugrec a-t-il réellement un effet sur la glycémie ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, et c&rsquo;est précisément ce qui donne à l&rsquo;affirmation son apparence de crédibilité. Le fenugrec (Trigonella foenum-graecum), utilisé depuis longtemps comme aliment et plante médicinale, a fait l&rsquo;objet de plusieurs essais cliniques et méta-analyses sur ses effets sur la glycémie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une revue systématique de 2023 indexée par <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36837450/" target="_blank" rel="noopener">la National Library of Medicine</a> (NLM), portant sur 14 essais cliniques et 894 participants, observe une amélioration de certains paramètres glycémiques — dont une diminution de l&rsquo;HbA1c — chez les personnes ayant consommé du fenugrec, tout en soulignant la faible qualité et l&rsquo;hétérogénéité des études disponibles. Une <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41509111/" target="_blank" rel="noopener">revue systématique plus récente</a>, publiée en 2025 sur 26 essais randomisés, retrouve des effets favorables similaires sur la glycémie à jeun et l&rsquo;HbA1c, mais appelle-t-elle aussi à des essais de meilleure qualité pour confirmer ces résultats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogé sur cette question, le Dr Jean Loua invite à ne pas aller plus vite que les données scientifiques : <strong><em>« Je ne peux pas beaucoup m&rsquo;aventurer sur leur mécanisme d&rsquo;action, leurs effets secondaires ou encore leurs éventuels effets bénéfiques »</em></strong>. Il précise qu&rsquo;à sa connaissance, le fenugrec ne fait pas partie des médicaments antidiabétiques utilisés dans la prise en charge du diabète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat est donc nuancé : le fenugrec mérite d&rsquo;être étudié, mais son éventuel effet sur la glycémie ne suffit pas à en faire un traitement du diabète. C&rsquo;est précisément là que se situe le problème avec la vidéo de Barry Pellal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des résultats scientifiques qui ne disent pas ce que la vidéo leur fait dire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune des données disponibles ne permet de conclure qu&rsquo;une personne diabétique peut arrêter son traitement pour boire de l&rsquo;eau de fenugrec à la place. Le <a href="https://www.nccih.nih.gov/health/fenugreek" target="_blank" rel="noopener">National Center for Complementary and Integrative Health</a> (NCCIH), organisme des National Institutes of Health américains, adopte une position prudente : certaines recherches suggèrent que le fenugrec pourrait contribuer à réduire la glycémie chez les personnes atteintes de diabète de type 2, mais la qualité insuffisante de plusieurs études ne permet pas d&rsquo;en tirer des conclusions solides.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dr Jean Loua fait la même distinction : <strong><em>« Il existe effectivement des aliments qui ont un effet hypoglycémiant. Cela signifie qu&rsquo;ils peuvent contribuer à diminuer légèrement la glycémie. Mais cela ne veut absolument pas dire que cet aliment est un médicament capable de traiter ou de guérir le diabète »</em></strong>. Faire baisser légèrement une glycémie et traiter la maladie sont deux choses différentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une recette maison sans validation clinique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Barry Pellal recommande une préparation précise : une poignée de graines de fenugrec dissoute dans deux litres d&rsquo;eau, à boire matin, midi et soir. Nous n&rsquo;avons trouvé aucune étude clinique validant cette recette comme traitement du diabète. Les essais existants utilisent des formes, des quantités et des durées différentes, dont les résultats ne peuvent pas être transposés à une préparation domestique dont le dosage n&rsquo;est pas standardisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le problème principal : « mets tes médicaments à côté »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;auteur ne présente pas le fenugrec comme un complément possible au traitement : il conseille explicitement aux personnes diabétiques de mettre leurs médicaments de côté. Or, <a href="https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/diabetes" target="_blank" rel="noopener">l&rsquo;OMS</a> rappelle que le diabète se traite par une combinaison de mesures hygiéno-diététiques, de médicaments et de suivi médical, et que pour les personnes atteintes de type 1, l&rsquo;insuline est indispensable à la survie. Les recommandations 2026 de <a href="https://diabetesjournals.org/care/article/49/Supplement_1/S183/163934/9-Pharmacologic-Approaches-to-Glycemic-Treatment" target="_blank" rel="noopener">l&rsquo;American Diabetes Association</a> et le <a href="https://www.cdc.gov/diabetes/about/about-type-1-diabetes.html" target="_blank" rel="noopener">CDC</a> confirment que la plupart des adultes vivant avec un diabète de type 1 doivent recevoir de l&rsquo;insuline selon un schéma adapté ; une préparation de fenugrec ne peut donc pas s&rsquo;y substituer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dr Jean Loua insiste sur ce qui distingue une maladie chronique d&rsquo;une affection que l&rsquo;on pourrait faire disparaître en prenant temporairement un produit : <strong><em>« On ne peut donc pas dire à une personne : « Prenez ce médicament pendant un certain temps et, lorsque vous arrêterez, votre diabète sera définitivement réglé. » »</em></strong> Il ajoute : <strong><em>« Il ne faut surtout pas oublier la chronicité et le caractère progressif de la maladie »</em></strong>. Pour le diabète de type 1, qualifié de maladie auto-immune, la question se pose avec encore plus d&rsquo;acuité : <strong><em>« Comment peut-on alors prendre quelques graines et affirmer automatiquement qu&rsquo;elles peuvent faire disparaître la maladie ? »</em></strong>, interroge le diabétologue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le fenugrec n&rsquo;est pas non plus sans risque</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre raccourci fréquent : penser qu&rsquo;une plante est sans danger parce qu&rsquo;elle est naturelle. Le <a href="https://www.nccih.nih.gov/health/fenugreek" target="_blank" rel="noopener">NCCIH</a> indique que le fenugrec peut provoquer des effets indésirables digestifs (diarrhées, nausées), une baisse excessive de la glycémie à forte dose, des réactions allergiques et des interactions avec certains médicaments. L&rsquo;organisme recommande aux personnes déjà sous traitement de consulter un professionnel de santé avant d&rsquo;en consommer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dr Jean Loua appelle à la prudence face aux produits présentés en ligne comme des alternatives aux traitements médicaux : <strong><em>« Facebook, Google et les autres plateformes sont accessibles à tout le monde. Chacun peut y publier ce qu&rsquo;il veut. Mais ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;une information est publiée sur Internet qu&rsquo;elle est automatiquement vraie ou scientifiquement validée »</em></strong>. Il ajoute que l&rsquo;espoir d&rsquo;une solution simple peut pousser des patients à modifier seuls leur traitement : <strong><em>« Une maladie chronique agit sur les personnes, y compris psychologiquement. Il faut essayer de comprendre cela. Cela agit beaucoup sur les patients »</em></strong>. Il précise : <strong><em>« Lorsqu&rsquo;on dit à une personne qui souffre d&rsquo;une maladie chronique : « Si tu prends ce produit, ta maladie va disparaître », certaines personnes vont tenter le coup sans même consulter leur médecin »</em></strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Évite les fruits trop sucrés » : une recommandation trop simpliste</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La vidéo conseille aussi d&rsquo;éviter <strong><em>« les fruits qui sont trop sucrés »</em></strong>, donnant l&rsquo;impression que le sucre naturellement présent dans certains fruits doit être systématiquement exclu de l&rsquo;alimentation des personnes diabétiques. La réalité est plus nuancée : <a href="https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/diabetes" target="_blank" rel="noopener">l&rsquo;OMS</a> recommande une alimentation saine et équilibrée dans la prévention et la prise en charge du diabète, l&rsquo;alimentation et l&rsquo;activité physique faisant partie des éléments essentiels de cette prise en charge. La question des fruits ne peut pas être réduite à une liste d&rsquo;aliments « autorisés » ou « interdits » : la quantité consommée, la forme du fruit et la situation médicale de chaque personne doivent être prises en compte. Une recommandation générale de suppression ne remplace donc pas les conseils personnalisés d&rsquo;un professionnel de santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Il n&rsquo;y a pas de maladie qui n&rsquo;a pas de guérison »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette phrase est trompeuse appliquée au diabète. <a href="https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/diabetes" target="_blank" rel="noopener">L&rsquo;OMS</a> décrit le diabète comme une maladie chronique dont les conséquences peuvent être évitées ou retardées grâce à une prise en charge appropriée — non guérie. Dans le cas du diabète de type 2, certaines personnes peuvent atteindre une rémission après une perte de poids importante ou certaines interventions médicales, mais les spécialistes parlent de rémission, non de guérison définitive. Le <a href="https://www.niddk.nih.gov/health-information/professionals/diabetes-discoveries-practice/achieving-type-2-diabetes-remission-through-weight-loss" target="_blank" rel="noopener">National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases</a> (NIDDK) précise que la rémission correspond à un retour de la glycémie dans une plage non diabétique pendant une période prolongée, sans médicaments, et que le terme « guérison » n&rsquo;est pas utilisé car la glycémie peut redevenir diabétique, notamment en cas de reprise de poids.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dr Jean Loua rappelle que l&rsquo;annonce du diagnostic peut fragiliser psychologiquement le patient : <strong><em>« Le diabète est une maladie dont l&rsquo;annonce n&rsquo;est pas toujours facile à vivre. Une fois le diagnostic annoncé, la personne qui vit avec cette maladie peut être psychologiquement très affectée »</em></strong>. Pour lui, la prise en charge ne doit donc pas se limiter aux médicaments : <strong><em>« C&rsquo;est pourquoi il faut aussi prendre en compte l&rsquo;aspect psychologique de la maladie et accompagner les patients correctement »</em></strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au final, le fenugrec n&rsquo;est pas une plante sans intérêt scientifique : plusieurs essais suggèrent qu&rsquo;il pourrait améliorer certains paramètres glycémiques, notamment dans le diabète de type 2. Mais aucun de ces travaux ne démontre qu&rsquo;il guérit le diabète ou qu&rsquo;il peut remplacer un traitement prescrit, et aucun ne valide la recette précise diffusée dans la vidéo. Le Dr Jean Loua résume cette prudence : <strong><em>« Personnellement, je connais le fenugrec davantage comme complément alimentaire »</em></strong>, précisant qu&rsquo;il ne le connaît pas <strong><em>« comme un médicament permettant de gérer ou de guérir le diabète »</em></strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Verdict : FAUX ET POTENTIELLEMENT DANGEREUX</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fenugrec pourrait avoir un effet sur la glycémie, notamment dans le diabète de type 2, mais aucune preuve scientifique solide ne montre qu&rsquo;il guérit le diabète ou remplace les traitements médicaux. La recette proposée par Barry Pellal n&rsquo;a pas de posologie scientifiquement validée. Arrêter un traitement prescrit, notamment l&rsquo;insuline, pour le remplacer par du fenugrec peut être dangereux, en particulier pour les personnes atteintes de diabète de type 1.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Cet article a été rédigé par Mamadou Kindy BAH dans le cadre du projet Fact-Check Citoyen financé par l’Association des Blogueurs pour une Citoyenneté Active (ABCA) et ses partenaires.</em></strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Santé publique : AMMnet Guinée mise sur l’intelligence des données et la modélisation pour terrasser le paludisme</title>
		<link>https://universciences.com/sante-publique-ammnet-guinee-mise-sur-lintelligence-des-donnees-et-la-modelisation-pour-terrasser-le-paludisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bagou Barry]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 10:06:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://universciences.com/?p=1719</guid>

					<description><![CDATA[AMMnet Guinée -Applied Malaria Modeling Network en partenariat avec le CERFIG, ambitionne de franchir un cap technologique dans la lutte contre le paludisme en Guinée. Un atelier de…]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>AMMnet Guinée -Applied Malaria Modeling Network en partenariat avec le <a href="https://www.cerfig.org/" target="_blank" rel="noopener">CERFIG</a>, ambitionne de franchir un cap technologique dans la lutte contre le paludisme en Guinée. Un atelier de formation dédié au renforcement de capacités en modélisation mathématique s&rsquo;est ouvert lundi 24 août 2026 au Centre de Recherche et de Formation en Infectiologie de Guinée.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Objectif affiché : rompre avec la répartition uniforme des ressources et adopter une stratégie de précision, guidée par les données épidémiologiques locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un défi sanitaire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paludisme reste le premier défi de santé publique en Guinée, frappant de manière disproportionnée les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans. Pourtant, la transmission de la maladie n&rsquo;est pas la même à N&rsquo;Zérékoré, à Labé ou sur le littoral en Basse Guinée. C’est pour répondre à cette hétérogénéité qu’AMMnet Guinée déploie l&rsquo;arme de la modélisation pendant cinq jours tout en misant sur l’intelligence des données pour terrasser le paludisme. Cette phase en présentielle réunit 30 participants axée sur les notions de modélisation spatiale et modélisation mathématique des maladies infectieuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet atelier vise à marquer un tournant. Il prépare à ne plus simplement constater les cas de paludisme après coup. Il veut prédire la dynamique de la maladie et adapter des ripostes en temps réel. <strong><em>« La modélisation mathématique est une des stratégies qu’on utilise actuellement pour pouvoir convertir les données en prenant des décisions. Comment fait-on pour être le plus optimal possible dans les décisions que nous prenons. Disons habituellement, on utilisait une donnée pour pouvoir prendre des décisions »</em></strong>, explique le Pr Alioune Camara, directeur du master en santé publique et le principal investigateur du projet Wamcad en marge de l&rsquo;ouverture de la session.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« Aujourd’hui grâce à la modélisation mathématique, on a cette capacité de prendre plusieurs données de différents types : sur la santé, l’épidémiologie, sur le climat, pour pouvoir aider à une meilleure prise de décision au profit d’une meilleure santé de la population guinéenne. Voilà ce que nous sommes en train de promouvoir à travers cet atelier »</em></strong>, ajoute le Pr Alioune Camara.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Initier les professionnels de santé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une approche novatrice qui va regrouper un ensemble d’acteurs pour des résultats plus concrets pour venir à bout du paludisme en Guinée. <strong><em>« L&rsquo;objectif de cette session de formation est aussi de réunir des mathématiciennes, des pharmaciens, des médecins qui chacun dans ses compétences peut aider à promouvoir la modélisation mathématique sur le paludisme. Afin que nous puissions prendre des décisions pour la santé de la population en fonction des réalités du terrain. Et de produire des résultats qui puissent aider les autorités à mieux faire face aux épidémies, à mieux faire face aux maladies et à contrôler et voir même éradiquer le paludisme dans notre pays »</em></strong>, déclare le Docteur Seydouba Cherif Camara, président du Réseau AMMnet Guinée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette formation répond forcément au besoin des professionnels de santé pour appliquer les compétences acquises dans le travail quotidien. Pour Adama Diallo, participante à cet atelier, la modélisation mathématique est utile dans la prévention du paludisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« La modélisation m&rsquo;intéresse beaucoup, car elle est très importante, elle nous permet de prendre des décisions qui vont nous permettre d&rsquo;agir dans le bon sens »,</em></strong> insiste-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Stoppé le paludisme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La science et la donnée s&rsquo;allient désormais à la médecine de terrain. Pour AMMnet Guinée, la trajectoire vers l&rsquo;élimination du paludisme n&rsquo;est plus une simple ambition, c&rsquo;est une équation en passe d&rsquo;être résolue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le paludisme a causé en <a href="https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/malaria" target="_blank" rel="noopener">2024 environ 282 millions de cas et 610 000 décès</a> dans le monde. La Région africaine concentrait à elle seule 95 % des cas et des décès, avec 265 millions de cas et 579 000 décès et les enfants de moins de cinq ans restent les plus durement touchés, représentant près de 75 % des décès liés à la maladie dans la région africaine.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Guinée : non, le gouvernement n’offre pas 960 000 ordinateurs aux étudiants, l’annonce est fausse</title>
		<link>https://universciences.com/guinee-non-le-gouvernement-noffre-pas-960-000-ordinateurs-aux-etudiants-lannonce-est-fausse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bagou Barry]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Aug 2026 18:18:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[FactuSciences]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://universciences.com/?p=1702</guid>

					<description><![CDATA[Un message qui tourne beaucoup sur WhatsApp affirme que la Guinée va distribuer plus de 960 000 ordinateurs portables gratuits à ses étudiants, avec un lien pour s’inscrire.…]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Un message qui tourne beaucoup sur WhatsApp affirme que la Guinée va distribuer plus de 960 000 ordinateurs portables gratuits à ses étudiants, avec un lien pour s’inscrire. C’est faux. Ce programme n’existe pas, le ministère guinéen de l’Enseignement supérieur l’a démenti, et le chiffre ne tient pas debout : il y a bien plus d’ordinateurs annoncés que d’étudiants dans tout le pays.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>D’où vient la rumeur</strong> ?</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le 29 juillet 2026, un membre présenté sous le nom de Thierno a partagé un message dans le groupe WhatsApp « Collectif des jeunes pour le développement de l’éducation en Guinée », qui réunit 196 personnes. Le texte annonçait : « Les candidatures pour le programme d’ordinateurs portables pour étudiants 2026 sont disponibles. Plus de 960 000 étudiants recevront un ordinateur portable gratuit », avec un lien d’inscription.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="452" height="518" src="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-2.png" alt="" class="wp-image-1710" style="width:342px;height:auto" srcset="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-2.png 452w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/08/image-2-262x300.png 262w" sizes="auto, (max-width: 452px) 100vw, 452px" /></figure>
</div>


<h4 class="wp-block-heading">Ce que disent les autorités ?</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère guinéen de <a href="https://www.facebook.com/MESRSGN" target="_blank" rel="noopener">l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique</a> dément sans détour. Son secrétaire général, Facinet Conté, pointe tout de suite ce qui cloche dans le chiffre :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« C’est une information qu’il faut prendre avec des pincettes. Toute la Guinée ne compte que 62 000 étudiants, privé comme public. Ce n’est pas vrai. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chargé de communication du ministère, Delamou Zingui, confirme que rien de tel n’a été lancé : <strong><em>« Non, je n’ai pas connaissance de cette information. Au niveau du service communication, nous n’avons reçu aucune information à ce sujet. »</em></strong></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>L’auteur du partage reconnaît son erreur</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Joint par Fanta Condé, journaliste à Sabaty TV, celui qui avait diffusé le message admet s’être trompé : <strong><em>« C’est après avoir partagé le message que j’ai compris que c’était faux. Je suis vraiment désolé. C’était le premier message de ce genre que j’avais à partager sur le groupe, je pense que je vais m’abstenir désormais. C’est quelqu’un qui me l’a envoyé. » </em></strong>Peu après, d’autres membres du groupe ont eux aussi signalé que l’information était fausse.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Ce que disent les faits</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La dernière vraie distribution d’ordinateurs aux étudiants date du 3 février 2025. Ce jour-là, le gouvernement guinéen en avait remis 1 000, lors d’une cérémonie présidée par le Premier ministre, comme on peut lire sur le <a href="https://primature.gov.gn/education-le-premier-ministre-preside-la-ceremonie-de-remise-de-1000-ordinateurs-aux-etudiants-des-universites-publiques/" target="_blank" rel="noopener">site officiel de la Primature</a>. On est loin des 960 000 machines annoncées. Rapporté aux 62 000 étudiants que compte le pays, ce chiffre suffit à lui seul à écarter la rumeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Verdict</strong> : <strong>FAUX</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est <strong>FAUX</strong>. Il n’existe aucun programme de candidature pour un don massif d’ordinateurs aux étudiants en Guinée. Rien sur les canaux officiels, un démenti du ministère de l’Enseignement supérieur, un auteur qui reconnaît son erreur, et un chiffre qui dépasse le nombre total d’étudiants du pays. Devant ce genre d’annonce, surtout quand elle demande de s’inscrire en ligne, mieux vaut ne cliquer sur aucun lien et vérifier auprès des sources officielles, car ces messages cachent souvent une arnaque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Cet article a été rédigé dans le cadre du projet Fact-Check Citoyen financé par l’Association des Blogueurs pour une Citoyenneté Active (ABCA) et ses partenaires. </em></strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
