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Dre Kadiatou Diallo : “contre l’hépatite B, le dépistage et la vaccination sont les meilleures armes”

L’hépatite B touche de nombreuses personnes en Guinée, souvent sans le savoir. La maladie peut provoquer des complications sérieuses, comme la cirrhose ou le cancer du foie. Le dépistage et la vaccination sont essentiels dans la lutte contre cette maladie selon le Dre Kadiatou Diallo, médecin au service d’hépato-gastro au CHU Donka.

L’hépatite B est une inflammation des cellules du foie liée à la présence du virus dans le sang. Elle diffère des autres hépatites par ses modes de contamination, son évolution et les complications qu’elle peut entraîner. Il existe cinq virus qui ciblent le foie : A, B, C, E et Delta, chacun ayant un mode de transmission particulier. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle a causé 1,3 million de décès en 2022, soit environ 3 600 morts chaque jour, et près de 250 millions de personnes vivent avec une infection chronique.

« Le dépistage et la vaccination sont nos meilleures armes pour stopper cette maladie », rappelle le Dre Kadiatou Diallo, médecin au service d’hépato-gastro au CHU Donka.  

Transmission et situation en Guinée

Le virus se transmet principalement de la mère à l’enfant lors de l’accouchement. Le virus de l’hépatite B peut aussi se transmettre par les piqûres d’aiguilles, les tatouages, les piercings et l’exposition à du sang ou à des liquides biologiques infectés comme la salive, les écoulements menstruels, les sécrétions vaginales ou le liquide séminal. La transmission peut également résulter du partage ou de la réutilisation d’aiguilles, de seringues ou d’objets tranchants ou piquants contaminés, que ce soit dans les établissements de soins, au sein de la communauté ou lors de la consommation de drogues injectables. La transmission sexuelle est plus fréquente chez les personnes non vaccinées qui ont plusieurs partenaires sexuels. « La contamination par salive ou sueur reste assez rare » précise Dre Kadiatou.

En Guinée, une politique nationale a été mise en place pour favoriser le dépistage et l’accès aux soins. Toutefois, « les moyens restent insuffisants et il manque des chiffres fiables pour évaluer l’ampleur réelle du problème », regrette le Dre Diallo. Le coût d’un test complet, estimé à 500 000 francs guinéens, demeure un obstacle majeur pour la population.

Symptômes et risques

L’hépatite B est une maladie qui progresse, qui mute. Cette progression s’opère souvent en deux phases. Sans traitement, une hépatite B chronique peut provoquer une cirrhose ou un cancer du foie, deux pathologies souvent mortelles.

La phase aiguë ?

A ce stade de la maladie, les symptômes peuvent apparaître. « On parle des manifestations cliniques, et ces manifestations cliniques ressemblent à des symptômes tels que : la grippe, le paludisme, la fièvre, les maux de tête, les douleurs articulaires, les démangeaisons, la jaunisse » détaille le Dre Kadiatou.


La phase Chronique ?

« Le plus souvent, le patient ne ressent aucun symptôme de la maladie, ou est asymptomatique. Il le découvre lors d’un contrôle ou au stade des complications. Une personne infectée non traitée court de nombreux risques. Elle peut avoir des complications graves, incluant la cirrhose et le cancer du foie », ajoute-t-elle. Cependant, les spécialistes préconisent un diagnostic régulier, bien que celui-ci reste coûteux en Guinée.

La prévention ou la clé de la lutte

Tous les patients infectés n’ont pas besoin de traitement, mais la prévention reste primordiale. Cette prévention passe par la vaccination des nouveau-nés dans les 24 heures après la naissance, le dépistage systématique des femmes enceintes, et la vaccination des personnes non infectées. Chez les citoyens, la maladie reste peu connue, mais certains comme Marcel Kamano, milite pour la vaccination préventive : « C’est une maladie qui touche beaucoup de jeunes. Je veux faire le test et me vacciner pour me protéger »

Quant à Ibrahima Sory Barry, il a perdu un proche des suites de l’hépatite. Pour lui, il n’est pas question de négliger la maladie. « Le vaccin est important, car c’est une maladie grave. J’ai perdu un collègue en 2023 à cause de l’hépatite B. Cela m’a convaincu de me protéger ».

L’hépatite B est un problème majeur de santé publique. Selon l’OMS, la charge de l’infection est la plus élevée dans la Région du Pacifique occidental et la Région africaine, où respectivement 97 et 65 millions de personnes présentent une infection chronique. On compte 61 millions de personnes infectées dans la Région de l’Asie du Sud-Est, 15 millions dans celle de la Méditerranée orientale, 11 millions dans la Région européenne et 5 millions dans la Région des Amériques.

Kadiza SOW

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