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	<title>Environnement &#8211; UniverSciences</title>
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	<title>Environnement &#8211; UniverSciences</title>
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	<item>
		<title>Saisie de 41 kg d’hippocampes et 26 kg d’ailerons de requin, les dessous d’un trafic qui menace la biodiversité marine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Jul 2026 10:42:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
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					<description><![CDATA[En fin du mois de mai 2026, l’ONG Eagle Guinée, en collaboration avec les services spéciaux guinéens, a réalisé une importante saisie, 41 kg d’hippocampes séchés et 26 kg d'ailerons de requin et de raie, lors de l’interpellation de quatre présumés trafiquants d’espèces marines protégées]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">En fin du mois de mai 2026,&nbsp;<a target="_blank" rel="noreferrer noopener" href="https://eagle-guinee.org/">l’ONG Eagle Guinée</a>, en collaboration avec les services spéciaux guinéens, a réalisé une importante saisie, 41 kg d’hippocampes séchés et 26 kg d&rsquo;ailerons de requin et de raie, lors de l’interpellation de quatre présumés trafiquants d’espèces marines protégées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Hippocampes, requins, raies : qui sont-ils vraiment ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les hippocampes</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré leur allure singulière, tête de cheval, corps recourbé, nage verticale, les hippocampes sont bel et bien des poissons,&nbsp;<a target="_blank" rel="noreferrer noopener" href="https://projectseahorse.org/saving-seahorses/about-seahorses/taxonomy/">regroupés dans le genre&nbsp;<em>Hippocampus</em>. On en connaît aujourd&rsquo;hui&nbsp;<strong>46 espèces</strong>&nbsp;dans le monde</a>, vivant principalement dans les eaux peu profondes : herbiers marins, mangroves, récifs coralliens. Ce sont des nageurs très lents et peu mobiles, qui s&rsquo;accrochent aux algues ou aux coraux avec leur queue préhensile plutôt que de fuir le danger, un mode de vie qui les rend particulièrement vulnérables face à la pêche.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les requins</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les requins sont des poissons cartilagineux, leur squelette n&rsquo;est pas fait d&rsquo;os, mais de cartilage, comme nos oreilles.&nbsp;<a target="_blank" rel="noreferrer noopener" href="https://ocean.si.edu/ocean-life/sharks-rays/sharks">On en recense plus de&nbsp;<strong>500 espèces</strong>, des plus petites (30 cm) aux plus grandes du monde marin, comme le requin-baleine</a>, qui peut dépasser 12 mètres tout en se nourrissant uniquement de plancton. Présents dans les océans depuis plus de&nbsp;<strong>400 millions d&rsquo;années</strong>, bien avant les dinosaures, les requins sont des prédateurs le plus souvent situés au sommet de la chaîne alimentaire marine. Ce rôle de régulateur des écosystèmes explique pourquoi leur disparition a des effets en cascade sur tout l&rsquo;équilibre marin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les raies</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les raies appartiennent elles aussi aux poissons cartilagineux.&nbsp;<a target="_blank" rel="noreferrer noopener" href="https://www.britannica.com/animal/ray-fish">On en compte plus de&nbsp;<strong>600 espèces</strong>, reconnaissables à leur corps aplati</a>&nbsp;en forme de disque et à leurs nageoires pectorales élargies, qui leur donnent cette allure d&rsquo;« aile » lorsqu&rsquo;elles nagent. Certaines, comme la raie manta, peuvent atteindre 7 mètres d&rsquo;envergure. Beaucoup vivent près des fonds marins, où elles se nourrissent de mollusques et de crustacés ; d&rsquo;autres, comme les raies manta, filtrent le plancton en pleine eau. Comme les requins, elles grandissent lentement et ont peu de petits ce qui les rend tout aussi fragiles face à la surpêche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes les espèces d’hippocampes sont protégées par la&nbsp;<a target="_blank" rel="noreferrer noopener" href="https://cites.org/eng">Convention CITES des Nations unies</a>, mais elles sont gravement menacées par le commerce illégal international. Ce Trafic met en lumière un commerce discret mais lucratif, alimenté par la demande internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Antonia Malina Gustafsson, coordinatrice d’Eagle Guinée, les produits saisis étaient probablement destinés à l’exportation vers des pays asiatiques, où les hippocampes sont utilisés dans certaines pratiques de médecine traditionnelle et où les produits dérivés de requins restent très recherchés.&nbsp;<strong><em>« De nombreux hippocampes et ailerons de requins sont exportés vers la Chine ou d’autres pays asiatiques. Là-bas, les hippocampes sont notamment utilisés dans certaines pratiques de médecine traditionnelle »</em></strong><em>,</em>&nbsp;explique-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les Services spéciaux, cette activité n’est pas à ses débuts :&nbsp;<strong><em>« Ces individus et d’autres non identifiés pour le moment mènent ce trafic depuis très longtemps et dans la plus grande clandestinité. Ces personnes seront conduites devant le parquet compétent et les magistrats compétents en la matière pour les fins de droit. »</em></strong></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi les hippocampes et les requins attirent-ils autant les trafiquants ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la coordinatrice de l’ONG Eagle Guinée, la réponse est simple&nbsp;<strong>:&nbsp;</strong><strong><em>« Il s’agit d’un trafic très lucratif. En même temps, les risques encourus restent relativement faibles, et les lois ne sont pas toujours appliquées avec rigueur. C’est justement l’une des raisons pour lesquelles nous menons ce combat. »</em></strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="769" src="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/07/image-1-1024x769.png" alt="" class="wp-image-1527" srcset="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/07/image-1-1024x769.png 1024w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/07/image-1-300x225.png 300w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/07/image-1-768x577.png 768w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/07/image-1-1536x1153.png 1536w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/07/image-1-2048x1538.png 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Antonia Malina Gustafsson,&nbsp;<em>coordinatrice d’Eagle Guinée</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle renchérit :&nbsp;<strong><em>« Si vous vous rendez dans certains marchés de poissons, vous pouvez voir des raies auxquelles les ailerons ont déjà été retirés. Cette pratique est interdite, mais elle n’est même pas forcément dissimulée. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les recherches scientifiques confirment l’ampleur du phénomène. Dans une&nbsp;<a target="_blank" rel="noreferrer noopener" href="https://conbio.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/cobi.70047">étude publiée en 2025 dans la revue&nbsp;<em>Conservation Biology</em></a>, la chercheuse Sarah Foster et ses collègues ont recensé près de cinq millions d’hippocampes saisis dans le monde entre 2010 et 2021. Les auteurs estiment toutefois que ces chiffres ne représentent qu’une infime partie du commerce réel.&nbsp;<strong><em>« Ce que nous observons n’est que la partie émergée de l’iceberg »</em></strong><strong>,</strong>&nbsp;souligne Sarah Foster.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon cette même étude, les réseaux de contrebande impliquent au moins 62 pays. Les cargaisons d’hippocampes sont souvent associées à d’autres produits issus du trafic d’espèces sauvages, notamment les ailerons de requins, révélant l’existence de filières criminelles organisées.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Des réseaux qui dépassent les frontières guinéennes</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis près de quatre décennies, ce réseau criminel trafique des hippocampes. Il s’est développé en un vaste réseau transfrontalier impliquant plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée-Bissau, la Gambie et le Sénégal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mode opératoire est généralement le même : les espèces sont capturées dans les zones de pêche, collectées par des intermédiaires puis acheminées vers des marchés ou des réseaux d’exportation clandestins. Certaines cargaisons transitent par voie terrestre avant d’être expédiées vers l’étranger.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« En général, ce sont nos enquêteurs infiltrés dans les réseaux de trafiquants de produits fauniques qui nous renseignent sur l’existence des trafics et sur les personnes impliquées »,</em></strong>&nbsp;explique Antonia Gustafsson.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La législation guinéenne prévoit des sanctions pour ce délit. L’article 165 du Code de protection de la faune sauvage punit la capture d’espèces intégralement protégées d’une peine d’un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 10 à 50 millions de francs guinéens. L’article 3 de l’arrêté portant protection des espèces sauvages du ministère de l’environnement interdit également la capture, la détention, le transport, la vente et l’exportation de ces espèces et de leurs produits dérivés.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une menace pour les océans et les pêcheurs</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de l’aspect judiciaire, les spécialistes s’inquiètent des conséquences écologiques de ce commerce illégal qui contribue à la disparition de ces espèces.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« Chaque espèce animale joue un rôle essentiel dans son écosystème. Les requins sont des prédateurs qui régulent les populations de gros poissons. À long terme, cela peut avoir des conséquences économiques importantes pour les communautés de pêche »</em></strong><strong><em>,</em></strong>&nbsp;rappelle Gustafsson.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur disparition pourrait déséquilibrer la chaîne alimentaire marine et affecter les ressources halieutiques dont dépendent de nombreuses communautés côtières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les hippocampes jouent également un rôle important :<strong>&nbsp;</strong><strong><em>« Ils sont souvent considérés comme des indicateurs de la bonne santé des écosystèmes marins, un peu comme les grenouilles dans les milieux terrestres. Mais au-delà de leur rôle écologique, ces espèces font partie du patrimoine naturel de la Guinée »</em></strong>,&nbsp;explique-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La chercheuse Sarah Foster les décrit comme&nbsp;<strong><em>« un symbole de la biodiversité des océans ».</em></strong><strong><em>&nbsp;</em></strong>Pour les chercheurs de Project Seahorse, le déclin de ces espèces constitue un signal inquiétant sur l’état des habitats côtiers. À terme, la raréfaction de la biodiversité marine pourrait fragiliser davantage les moyens de subsistance des pêcheurs guinéens.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="543" src="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/07/image-1024x543.png" alt="" class="wp-image-1526" srcset="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/07/image-1024x543.png 1024w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/07/image-300x159.png 300w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/07/image-768x407.png 768w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/07/image.png 1536w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce graphique montre le chemin du trafic international</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La loi guinéenne rappelle d’ailleurs l’importance de cette protection. L’article 3 du Code de protection de la faune sauvage et de la réglementation de la chasse stipule que&nbsp;<strong><em>« la faune sauvage et ses habitats constituent les éléments essentiels du patrimoine biologique renouvelable de la Nation »</em></strong><em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Malé Camara, doctorant, met en lumière le potentiel encore sous-exploité du Haut bassin du fleuve Sénégal</title>
		<link>https://universciences.com/male-camara-doctorant-met-en-lumiere-le-potentiel-encore-sous-exploite-du-haut-bassin-du-fleuve-senegal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 08:02:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
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					<description><![CDATA[Une étude qui s’intéresse à l’identification de sites optimaux d’implantation de micro-centrales hydroélectriques dans le bassin du Futa-Djalon. Son objectif de contribuer à l’électrification des zones encore mal desservies en Guinée.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 12pt"><strong>Une étude qui s’intéresse à l’identification de sites optimaux d’implantation de micro-centrales hydroélectriques dans le bassin du Futa-Djalon. Son objectif de contribuer à l’électrification des zones encore mal desservies en Guinée.</strong>&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-size: 12pt">L’intitulé de sa communication est clair : <strong>« Identification des sites optimaux d’implantation des barrages à partir d’un modèle numérique de terrain (MNT) ».</strong> Ce travail s’inscrit dans un projet de recherche plus large consacré à l’évaluation des sites potentiels d’implantation de micro-centrales hydroélectriques dans le bassin du Futa-Djalon du fleuve Sénégal.</span></p>
<p><span style="font-size: 12pt">Selon le doctorant, cette recherche répond à un enjeu majeur : le faible accès à l’électricité en Guinée. <strong><em>« Le taux d’électrification en Guinée, surtout en milieu urbain, est très faible »</em></strong>, regrette le Doctorant Camara Malé.</span></p>
<p><span style="font-size: 12pt">Le bassin du Haut-Sénégal, qui concerne la Guinée, le Sénégal, le Mali et la Gambie, possède un fort potentiel énergétique. Selon </span><a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="text-primary underline" href="https://www.omvs.org/lomvs-un-potentiel-energetique-pour-booster-le-developpement-de-ses-etats-membres/"><span style="font-size: 12pt">l’OMVS</span></a><span>, </span><span style="font-size: 12pt">le futur réseau en construction, passera de 1 700 à 4 000 km en 2025 et palliera à l’important déficit actuel en termes d’accès à l’électricité. La partie guinéenne y joue un rôle central. <strong><em>« La partie guinéenne alimente le Haut-Bassin, mais elle reste encore sous-exploitée »,</em></strong> affirme Camara Malé.&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-size: 12pt"><strong>Un potentiel énergétique largement inexploité</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 12pt">La motivation du chercheur repose sur la valorisation de cette ressource naturelle encore peu utilisée. <strong><em>« Quand on prend le haut bassin en termes de potentialité électrique, la partie guinéenne occupe 70 %, et elle reste encore sous-exploitée », </em></strong>explique le Doctorant Camara. L’objectif est donc de montrer l’importance stratégique de cette zone et d’ouvrir la voie à des projets d’aménagement.</span></p>
<p><span style="font-size: 12pt"><strong>Une approche scientifique centrée sur la topographie</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 12pt">Pour sélectionner les sites propices aux micro-centrales hydroélectriques, plusieurs critères doivent être réunis. L’étude s’est principalement concentrée sur l’approche topographique. <strong><em>« Pour qu’un site soit désigné pour placer un barrage hydroélectrique, il faut qu’il réponde au point de vue topographique&nbsp;»,</em></strong> affirme Camara Malé.</span></p>
<p><span style="font-size: 12pt">Parmi les critères étudiés figurent : «&nbsp;la dénivellation du terrain, la pente, la surface disponible pour mobiliser une grande quantité d’eau.&nbsp;» Ces paramètres permettent d’identifier les zones capables d’accueillir des infrastructures hydroélectriques adaptées. <strong><em>« Nous sommes parvenus à trouver des valeurs qui peuvent nous permettre d’implanter des barrages hydroélectriques répondant aux critères d’implantation »,</em></strong> explique- t-il.</span></p>
<p><span style="font-size: 12pt">Au-delà de l’identification des sites, la finalité de cette recherche est clairement orientée vers l’amélioration de l’accès à l’électricité. <strong><em>« Si nous parvenons à réaliser ces micro-centrales hydroélectriques, cela pourra servir de base pour électrifier ces zones urbaines », </em></strong>dit le chercheur. Le chercheur insiste particulièrement sur les zones éloignées et moins desservies. Il reconnaît également que les zones reculées sont vraiment appauvries du point de vue électrique.</span></p>
<p><span style="font-size: 12pt"><strong>Une étude destinée à soutenir la décision publique</strong></span></p>
<p><span style="font-size: 12pt">La recherche ne se limite pas à l’analyse topographique. Elle s’inscrit dans un travail doctoral plus large intégrant également l’approche hydrologique. <strong><em>« Dans ma thèse, nous utilisons les deux approches : topographique et hydrologique »,</em> </strong>affirme le chercheur. D’autres critères, notamment environnementaux et liés à l’accessibilité, devront être étudiés par la suite.</span></p>
<p><span style="font-size: 12pt">Les résultats seront mis à disposition des autorités, selon le chercheur. Il se montre optimiste quant aux perspectives d’application. <strong><em>« S’il n’y a pas d’obstacles environnementaux, il n’y aura pas de raison de ne pas réaliser ces micro-centrales hydroélectriques dans la zone », </em></strong>dit-il. Cette étude illustre la volonté de la communauté scientifique guinéenne de proposer des solutions concrètes aux défis énergétiques du pays.</span></p>
<p><span style="font-size: 12pt">Ces travaux ont été présentés lors des Journées scientifiques 2026 de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry (UGANC).<strong> </strong>À travers ces Journées scientifiques, l’UGANC confirme ainsi son ambition : faire de la recherche un levier d’innovation et de développement durable en Guinée.</span></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Guinée/Lola : les derniers chimpanzés de Bossou disparaissent dans le silence </title>
		<link>https://universciences.com/guinee-lola-les-derniers-chimpanzes-de-bossou-disparaissent-dans-le-silence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 18:04:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://universciences.com/wp/2026/05/22/guinee-lola-les-derniers-chimpanzes-de-bossou-disparaissent-dans-le-silence/</guid>

					<description><![CDATA[La survie des chimpanzés de Bossou ne tient plus qu’à trois individus. Nous sommes à Bossou, sous-préfecture située à plus de 1000 kilomètres de Conakry, au sud-est de la Guinée. Cette localité de la région forestière se trouve dans la zone tampon.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La survie&nbsp;des chimpanzés de Bossou ne tient plus qu’à trois individus. Nous sommes à Bossou, sous-préfecture située à plus de 1000 kilomètres de Conakry, au sud-est de la Guinée. Cette localité de la région forestière se trouve dans la zone tampon. Elle fait partie intégrante de la réserve biosphère des monts Nimba connue dans le monde pour ses chimpanzés et sa forêt sacrée. Entre destruction de leur habitat naturel, isolement et disparition progressive des traditions protectrices, chercheurs, guides et habitants tirent la sonnette d’alarme.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’aube, la brume enveloppe encore les collines verdoyantes de cette localité de la Guinée Forestière. Dans le monde, la zone est connue pour ses chimpanzés aux comportements exceptionnels. Ici, dans une forêt classée d’environ 320 hectares, vit depuis des décennies une communauté de primates qui fascine de nombreux scientifiques. Mais aujourd’hui, le silence a remplacé les cris autrefois familiers des chimpanzés de Bossou. Ils ne sont plus que trois : <strong>Fawan, Ziré et Zézé. </strong>Deux mâles et une vieille femelle incapable de se reproduire. La nourrit une inquiétude sur la disparition imminente de cette espèce considérée comme unique en Afrique de l’Ouest.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre de la rédaction éphémère du Projet Afri’kibaaru 2&nbsp;à l’occasion de la couverture de la Journée mondiale de la Biodiversité, <a href="http://africaguinee.com" target="_blank" rel="noopener"><strong>Africaguinee.com</strong></a><strong> et </strong><a href="http://universciences.com"><strong>Universciences.com</strong></a>&nbsp; se sont rendus&nbsp;dans la forêt de Bossou, aux côtés des guides de l’Institut de Recherche sur la Biodiversité aux Monts Nimba. L’enjeu, comprendre les causes de ce déclin et surtout tenter de répondre à une question devenue urgente : quelles initiatives pour sauver les chimpanzés de Bossou ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Départ des guides : une routine devenue combat</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est un peu plus de six heures du matin lorsque Gouanou Zogbéla se prépare pour une nouvelle journée de recherche dans la forêt. Bottes aux pieds, pantalon renforcé contre les épines, sac sur le dos, il vérifie minutieusement son matériel. Dans sa main, un sécateur. <strong><em>« Ce sécateur, </em>explique le quarantenaire<em>, c’est ce qu’on envoie en brousse. Quand il y a des pistes fermées, on coupe pour ouvrir le passage. Nous n’utilisons pas de machette parce que les chimpanzés ont peur des machettes. Quand ils voient ça, ils pensent que ce sont des braconniers. Mais le sécateur, ils connaissent ce bruit. Ils savent que ce sont les guides »</em>,</strong> confia-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Guide depuis 22 ans, Gouanou consacre sa&nbsp;vie à la protection des chimpanzés de Bossou.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« Avant, se remémore-t-il,on commençait le travail à 6h30. On suivait les chimpanzés jusqu’à leur coucher. Des fois, on sortait de la forêt à 19h. C&rsquo;est toute notre vie. Tout ce que j’ai aujourd’hui, c’est grâce aux chimpanzés. Je nourris ma famille avec ce travail</em> »</strong>, raconte-t&rsquo;il avec émotion. À quelques mètres de là, Jules Doré ajuste lui aussi son équipement. Depuis 32 ans, il arpente la forêt. Dans son sac, de l’eau, des imperméables et quelques vivres pour la journée. Cette mission, il l’a héritée de son oncle, considéré comme l’un des premiers guides de Bossou. <strong><em>« Nous voyons les chimpanzés comme nos ancêtres, </em>entame-t-il enthousiaste<em>. Leur comportement ressemble à celui des humains. C’est la population qui a commencé à protéger les chimpanzés avant même l’arrivée des chercheurs </em>»</strong>, relate-t-il.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img decoding="async" width="904" height="508" src="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1.png" alt="" class="wp-image-1641" style="aspect-ratio:1.7795431976166831;width:817px;height:auto" srcset="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1.png 904w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-300x169.png 300w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-768x432.png 768w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1-640x360.png 640w" sizes="(max-width: 904px) 100vw, 904px" /><figcaption class="wp-element-caption">Jules Doré, Boniface Zogbéla et Gouanou Zogbéla tous guides forestiers rencontrent la communauté locale du village de Bossou</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>Une marche éprouvante dans une forêt sous pression</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la forêt de Bossou, au fil des heures, la progression devient difficile. Les sentiers disparaissent parfois sous les lianes épaisses et les herbes envahissantes. Les guides avancent lentement, ouvrant des passages à l’aide de leurs sécateurs. Le silence est pesant. Autrefois, disent-ils, il suffisait de tendre l’oreille pour entendre les cris des chimpanzés résonner dans les collines. <em><strong>« Quand ils étaient nombreux, les petits criaient beaucoup parce qu’ils jouaient entre eux. Mais les trois qui restent aujourd’hui ne crient presque plus »</strong></em>, explique Jules Doré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Désormais, les guides traquent des indices. Une empreinte de main sur le sol humide. Des feuilles renversées. Des restes de fruits consommés. Sur les sentiers, nous découvrons des peaux de bananes, des morceaux d’ananas et d’autres traces attestant le passage des primates. <em><strong>« On les recherche à travers les traces des mains et les restes des aliments qu’ils mangent »</strong></em>, poursuit Jules Doré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré des heures de marche, impossible d’apercevoir les chimpanzés. Les guides multiplient les détours, changent de direction, observent attentivement les passages. En vain. <em><strong>« Ils peuvent passer deux semaines sans crier. Quand ils entendent du bruit, ils pensent parfois que ce sont des braconniers et ils fuient »</strong></em>, abonde Boniface Zogbéla, autre guide de l’Institut.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des chimpanzés uniques au monde</strong></p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="904" height="616" src="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2.png" alt="" class="wp-image-1642" srcset="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2.png 904w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-300x204.png 300w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/05/image-2-768x523.png 768w" sizes="auto, (max-width: 904px) 100vw, 904px" /><figcaption class="wp-element-caption"><strong>Des noix cassées par les chimpanzés montrent leur présence dans la forêt de Bossou </strong></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La renommée des chimpanzés de Bossou dépasse les frontières guinéennes. Depuis 1976, cette communauté est au centre de nombreuses recherches scientifiques internationales, notamment japonaises. Selon Gbadieu Prosper Soumaoro, chef du département primatologie de l’Institut de Recherche sur la Biodiversité aux Monts Nimba, ces chimpanzés possèdent des comportements introuvables ailleurs dans la sous-région.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>« Les chercheurs ont observé ici un comportement unique : le concassage des noix de palme avec des pierres. Ils utilisent des cailloux comme les humains »</strong></em>, fait savoir le spécialiste. D&rsquo;après ses explications, les chimpanzés de Bossou fabriquent également des outils pour la pêche aux fourmis, utilisent des feuilles comme récipients pour boire de l’eau et pilent certains végétaux comme le ferait un être humain. <em><strong>« Ils peuvent enlever les bourgeons de palmiers et les piler comme les humains »</strong></em>, confirme Boniface Zogbéla.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les populations locales, ces animaux ne sont pas de simples primates. Ils incarnent une part de leur histoire et de leur spiritualité. <em>« Les chimpanzés de Bossou représentent quelque chose qui va au-delà du sauvage. Ils sont considérés comme la réincarnation des ancêtres »</em>, explique Docteur Agnès Sangaré, vice -doyenne chargée de la Recherche à la faculté des sciences et technique de l’Université de Nzérékoré. Selon elle, ces chimpanzés possèdent même des comportements sociaux rares dans le règne animal. <em><strong>« Ils reconnaissent leur mère, leurs sœurs et évitent l’inceste. Ils ne s’accouplent pas entre eux comme les autres animaux sauvages »</strong></em>, précise-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De vingt-trois individus à seulement trois chimpanzés</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire récente des chimpanzés de Bossou ressemble à une lente extinction. De 1970 à 2000, la communauté comptait vingt-trois individus. Puis le déclin s’est accéléré. Selon les données fournies par l’Institut de Recherche sur la Biodiversité aux Monts Nimba, entre 2000 et 2003, la population est passée de vingt-trois à dix-huit individus. En 2004, une épidémie de grippe décime cinq autres chimpanzés. En 2010, ils ne restaient que sept. Depuis fin 2022, seuls trois chimpanzés demeurent dans les collines de Bossou : Fawan, Ziré et Zézé. Deux mâles et une femelle vieillissante. <em><strong>« La femelle a dépassé les 50 ans. Elle ne peut plus faire de bébé »</strong></em>, déplore Boniface Zogbéla. Aujourd’hui, le guide s’interroge : <strong><em>« Nos parents ont vu les chimpanzés, nous aussi nous les avons vus. Mais peut-être que nos enfants ne les verront plus »</em>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une forêt de plus en plus menacée</strong></p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="904" height="498" src="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/05/image.png" alt="" class="wp-image-1640" style="aspect-ratio:1.8152963025493838;width:508px;height:auto" srcset="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/05/image.png 904w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/05/image-300x165.png 300w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/05/image-768x423.png 768w" sizes="auto, (max-width: 904px) 100vw, 904px" /><figcaption class="wp-element-caption"><strong><em>Un arbre coupé dans la forêt montrant l’action anthropique de l’homme</em></strong></figcaption></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong> </strong>Dans la forêt pourtant censée être protégée, des traces d’activités humaines sont visibles Des plantations de bananes, des champs de café, de la coupe abusive du bois et des jardins de piments sont perceptibles.  À des endroits, la présence d’herbicides   est visible à proximité de l’habitat des chimpanzés. Une pratique pourtant interdite dans cette zone protégée. Pour les chercheurs, ces activités contribuent à la destruction progressive de l’écosystème. <em><strong>« La diminution de l’espace vital des chimpanzés est liée aux activités anthropiques »</strong>,</em> explique Prosper Soumaoro.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’arrivée massive de réfugiés libériens dans les années 2000 aurait également accentué la pression sur les ressources naturelles. <em>« <strong>La population est devenue galopante par rapport aux ressources. Cela a occasionné une forte dégradation des collines qui servent d’habitat aux chimpanzés »</strong></em>, ajoute le chef de département Primatologie de l’Institut de Recherche sur la Biodiversité aux Monts Nimba en charge de la gestion des Chimpanzés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>« Quand ils sortent de leur zone protégée pour chercher de la nourriture, ils se retrouvent dans des espaces où ils ne sont plus protégés »</strong></em>, avertit Dr Agnès Sangaré, qui a d’ailleurs soutenu sa thèse sur cette espèce spéciale. <strong><em>« Les chimpanzés avaient leur part des récoltes »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Bossou, plusieurs notables racontent qu’autrefois, une forme de pacte tacite existait entre les habitants et les chimpanzés. La population leur réservait une partie des récoltes. <em><strong>« Quand les gens cultivaient, ils prévoyaient la part des chimpanzés. Et les chimpanzés respectaient le reste du champ »</strong></em>, raconte Dr Agnès Sangaré. Selon elle, cette relation particulière participait naturellement à leur conservation. Mais avec les mutations sociales, la pression foncière et les difficultés économiques, ces pratiques ont progressivement disparu. Aujourd’hui, certains habitants considèrent même la forêt comme un obstacle à leurs activités agricoles. <strong><em>« Des gens nous insultent parce qu’ils disent qu’il faut quitter la forêt pour qu’ils puissent cultiver dedans </em>»</strong>, témoigne Gouanou Zogbéla.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le corridor de l’espoir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette crise écologique, les chercheurs misent désormais sur une solution : reconnecter Bossou aux Monts Nimba. L’idée consiste à restaurer un corridor forestier entre les collines de Bossou et les forêts des Monts Nimba où vivent encore de nombreux chimpanzés. <strong>«<em> Si nous arrivons à restaurer les espaces dégradés entre les deux écosystèmes, nous espérons que certains chimpanzés des Monts Nimba pourront migrer vers Bossou »</em></strong>, explique Gbadieu Prosper SOUMAORO.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs années, des campagnes de reboisement sont menées avec les communautés locales. Des pépinières forestières et agroforestières sont mises en place afin de restaurer les espaces détruits tout en offrant des alternatives économiques aux populations riveraines. <em><strong>« Les communautés sont impliquées dans les plantations et les activités de reboisement »</strong></em>, précise impuissamment le chercheur. Mais les moyens restent insuffisants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un appel&nbsp;à l’État et aux ONG</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chercheurs, guides et habitants lancent désormais un appel aux autorités guinéennes et aux organisations internationales. Pour eux, la survie des chimpanzés de Bossou dépend d’actions rapides et concrètes. <em><strong>« L’État doit appliquer les lois de conservation et protéger strictement les zones où vivent les chimpanzés »</strong></em>, estime le Dr Agnès Sangaré. Elle appelle également au financement de projets générateurs de revenus pour les populations riveraines afin de réduire leur dépendance à la forêt. <em><strong>« Les ONG et l’État doivent nous appuyer financièrement pour terminer le corridor écologique et restaurer les espaces dégradés »,</strong></em> plaide-t-elle. Les guides, eux, demandent davantage d’équipements et un renforcement de la sensibilisation contre le braconnage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au coucher du soleil, les guides reviennent épuisés de leur journée de recherche. Les chimpanzés sont restés invisibles. Seulement quelques traces témoignent encore de leur présence dans la forêt. À Bossou, beaucoup redoutent désormais que ces animaux mythiques ne disparaissent définitivement dans les prochaines années. Et avec eux, une part du patrimoine écologique, scientifique et culturel de la Guinée Forestière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cet article a été rédigé par Paul Foromo SAKOUVOGUI et Mansa Moussa Mara à l’occasion de la couverture de la Journée mondiale de la Biodiversité dans le cadre du Projet Afri’kibaaru 2 de CFI Medias. Il a été édité par Sally Bilaly SOW. &nbsp;</strong></p>
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		<title>Fossiles, publicités et diplomatie : pendant que le monde négocie, Amsterdam agit</title>
		<link>https://universciences.com/fossiles-publicites-et-diplomatie-pendant-que-le-monde-negocie-amsterdam-agit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 09:44:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
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					<description><![CDATA[Pour tracer une ligne claire au nom de l'urgence climatique, Amsterdam est devenue la première capitale au monde à bannir de l'espace public les publicités pour la viande et les énergies fossiles.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span><strong>Pour tracer une ligne claire au nom de l&rsquo;urgence climatique, Amsterdam est devenue la première capitale au monde à bannir de l&rsquo;espace public les publicités pour la viande et les énergies fossiles. </strong></span></p>
<p><span>La décision, adoptée par le conseil municipal en janvier par 27 voix contre 17, couvre l&rsquo;ensemble des espaces publics de la ville, panneaux d&rsquo;affichage, transports en commun, abribus et stations. Elle est entrée en vigueur le 1er mai.</span></p>
<p><span>La ville ne commencera cependant à appliquer des sanctions qu&rsquo;en 2027, les mois à venir servant de période de transition pour permettre aux opérateurs et annonceurs de s&rsquo;adapter. Mais le signal envoyé, lui, est immédiat selon le </span><a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="text-primary underline" href="https://nltimes.nl/2026/05/05/amsterdam-ban-fossil-fuel-meat-adverts-wont-enforced-2027"><span><em>NL Times</em></span></a><span><em>.</em></span></p>
<p><span>Ce geste d&rsquo;une capitale européenne contraste avec ce qui se passait simultanément à l&rsquo;autre bout du monde. Du 24 au 29 avril, à Santa Marta, en Colombie, s&rsquo;est tenue la première conférence internationale sur une ère sans énergies fossiles, réunissant une « coalition des volontaires » composée de plus de 50 pays. Leur objectif : identifier des solutions concrètes pour accélérer la transition énergétique mondiale et doter leurs États d&rsquo;une feuille de route d&rsquo;ici à la COP31, rapporte<em> </em></span><a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="text-primary underline" href="https://www.greenpeace.org/belgium/fr/actualites-blog/62494/a-santa-marta-les-pays-devront-affronter-lelephant-dans-la-piece-les-energies-fossiles/"><span><em>Greenpeace Belgique</em></span></a><span><em>.</em></span></p>
<p><span>Le paradoxe est criant. D&rsquo;un côté, une conférence co-organisée par la Colombie et les Pays-Bas, pays dont la capitale vient justement d&rsquo;effacer les logos pétroliers de ses rues. De l&rsquo;autre, des puissances mondiales dont l&rsquo;économie, la politique étrangère et parfois la survie reposent intégralement sur ces mêmes ressources. Les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre de la planète, notamment les États-Unis, la Chine et l&rsquo;Inde, n&rsquo;étaient pas présents, pas plus que les États du Golfe riches en pétrole.</span></p>
<p><span>Le président colombien Gustavo Petro a établi un lien direct entre les conflits actuels et la dépendance énergétique, affirmant que « les guerres auxquelles nous assistons sont motivées par des stratégies géopolitiques désespérées autour des ressources fossiles » peut-ont lire sur Euronews. Une phrase qui sonne comme un diagnostic brutal.</span></p>
<p><span>De son côté, la ministre néerlandaise du Climat Stientje van Veldhoven a déclaré que « la conclusion est inévitable : nous devons abandonner les combustibles fossiles, non seulement parce que c&rsquo;est bon pour le climat, mais aussi parce que cela renforce notre indépendance et notre sécurité énergétiques <em>»</em> écrit </span><a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="text-primary underline" href="https://fr.euronews.com/2026/04/29/lappel-de-la-conference-de-santa-marta-a-abandonner-les-hydrocarbures"><span><em>Euronews</em></span></a><span>.</span></p>
<p><span>Reste à savoir si les actes suivront les discours ou si la décision d&rsquo;Amsterdam demeurera, pour l&rsquo;heure, l&rsquo;exception qui confirme la règle.</span></p>
<p><span>&nbsp;</span></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Au bord du Kakimbo, des femmes maraîchères reprennent leurs terres aux déchets plastiques</title>
		<link>https://universciences.com/au-bord-du-kakimbo-des-femmes-maraicheres-reprennent-leurs-terres-aux-dechets-plastiques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Apr 2026 09:57:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://universciences.com/wp/2026/04/30/au-bord-du-kakimbo-des-femmes-maraicheres-reprennent-leurs-terres-aux-dechets-plastiques/</guid>

					<description><![CDATA[À Kakimbo, un quartier de Conakry, des maraîchères transforment chaque année des berges envahies par les déchets plastiques en terres fertiles. Une initiative locale qui permet aux femmes d’avoir une activité génératrice de revenus en même temps qu’elles préservent l’environnement.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>À Kakimbo, un quartier de Conakry, des maraîchères transforment chaque année des berges envahies par les déchets plastiques en terres fertiles. Une initiative locale qui permet aux femmes d’avoir une activité génératrice de revenus en même temps qu’elles préservent l’environnement.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Située en plein cœur de la commune de Ratoma à Conakry, la rivière de Kakimbo subit un afflux de déchets plastiques de sources diverses. Il est 16 heures, ce mercredi 22 avril 2026.&nbsp; Sous un soleil déclinant, des tas d’ordures visibles toisent des maraîchers qui entretiennent ou récoltent leurs cultures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sachets plastiques, bouteilles de boissons, morceaux de sacs ou autres objets en plastiques, des tissus éparpillés çà et là grossissent les tas d’ordures. Cette scène n’est pas isolée. Elle illustre la multiplication des dépotoirs sauvages où s’entassent les déchets plastiques dans la capitale. En Guinée, la gestion des déchets constitue un défi environnemental majeur. Dans un <a href="https://www.afrobarometer.org/wp-content/uploads/2024/09/AD857-Guineens-sattendent-a-plus-pour-proteger-lenvironnement-Afrobarometer-11sept24.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sondage </a>réalisé en 2024 par Afro Barometer,  <strong><em>« 82% des répondants disent que les sacs en plastique constituent une source majeure de pollution en Guinée.»</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les mesures&nbsp;<a target="_blank" rel="noreferrer noopener" href="https://youtu.be/uNCmSJQMrsE?si=jTP8lt9Nkji_NtKc"><strong>d’interdiction des plastiques à usage unique</strong></a>&nbsp;annoncées par les autorités du pays, la Guinée reste envahie par ces déchets. Selon la Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Djami Diallo,&nbsp;<strong><em>les importations de plastique ont triplé en vingt ans et le pays génère près de&nbsp;</em></strong><a target="_blank" rel="noreferrer noopener" href="https://medd.gov.gn/%F0%9D%97%A0%F0%9D%97%98%F0%9D%97%97%F0%9D%97%97-%F0%9D%97%A9%F0%9D%97%B2%F0%9D%97%BF%F0%9D%98%80-%F0%9D%98%82%F0%9D%97%BB%F0%9D%97%B2-%F0%9D%98%80%F0%9D%98%81%F0%9D%97%BF%F0%9D%97%AE%F0%9D%98%81/"><strong><em>𝟱𝟴𝟬 𝟬𝟬𝟬 𝘁𝗼𝗻𝗻𝗲𝘀&nbsp;</em></strong></a><strong><em>de déchets par an, avec de lourdes conséquences sur l’environnement, la santé et l’économie.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les populations de Kakimbo témoignent des conséquences de cet afflux de déchets plastiques.&nbsp;<strong><em>« Quand les ordures s’entassent pendant l’hivernage, elles peuvent bloquer le pont. L’eau déborde et envahit parfois les maisons »</em></strong>, apprend Daniel Koundouno, habitant du quartier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des femmes redonnent vie aux berges envahies de déchets plastiques</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="908" height="514" src="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/04/image.png" alt="" class="wp-image-1644" style="aspect-ratio:1.7665615141955835;width:679px;height:auto" srcset="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/04/image.png 908w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/04/image-300x170.png 300w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/04/image-768x435.png 768w" sizes="auto, (max-width: 908px) 100vw, 908px" /><figcaption class="wp-element-caption"><strong>Makhissa Camara femme maraîchère au milieu de son potager</strong></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs années, des femmes refusent de laisser les berges de la rivière Kakimbo à la merci des déchets plastiques. Mères de famille, célibataires ou veuves exploitent ces espaces pour subvenir aux besoins quotidiens de leurs foyers, et empêchent par la même occasion des déchets de s’accumuler année après année à la suite des pluies diluviennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au bord de cette vallée qui traverse la forêt classée de Kakimbo, l’une des aires protégées de Conakry, ces femmes transforment cet environnement menacé en source de vie. <strong><em>« Tous les déchets qui quittent en amont viennent se stocker ici. Pendant la saison sèche, nous vivons sur ces terres. Les ordures nous en privent »</em></strong>, affirme Mariam Bangoura, maraîchère depuis de nombreuses années sur ce site à Kakimbo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des parcelles de choux, de gombos, de carottes, de maniocs, de piments, s’étendent à perte de vue, soigneusement entretenues par des maraîchères infatigables. Munies d’arrosoirs et de houes, des pelles et pioches, elles travaillent chaque jour pour produire des légumes destinés aux marchés locaux et contribuer à l’approvisionnement de la ville. Ce travail dépasse la simple survie économique. Il devient une action régulière d’assainissement, portée par des femmes qui n’ont d’autre choix que de préserver leur environnement pour continuer à produire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un apport reconnu par l’autorité communale :&nbsp;<strong><em>« ces dames qui pratiquent des cultures maraîchères le long de ce cours d&rsquo;eau nous aident un peu selon leurs propres moyens. Elles nous aident à freiner un peu l&rsquo;envahissement de ce cours d&rsquo;eau par des déchets. »&nbsp;</em></strong>a confirmé Aboubacar Camara, Directeur communal de l&rsquo;environnement de Ratoma.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des récoltes qui font vivre des familles entières</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les retombées sont immédiates. Une récolte peut générer jusqu’à 100 000 GNF (environ 11 dollars américain) par maraîchère. Un revenu indispensable pour de nombreuses familles. <strong><em>« Depuis ma naissance j’ai trouvé mes parents travailler ici après eux ça sera à moi de cultiver le potager »</em></strong> a témoigné Makhissa Camara venu récolter les feuilles de manioc pour sa maman. Un vendeur de légumes qui s’approvisionne auprès des femmes maraîchères pour les revendre au marché de Taouyah affirme : <strong><em>« L’école de mes enfants, leur nourriture, le loyer, tout vient de ce travail. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de l’aspect économique, l’impact est aussi environnemental : le nettoyage des berges contribue à réduire les risques d’inondation et à améliorer le cadre de vie du quartier. <strong><em>« Si nous ne nettoyons pas pendant deux ou trois ans, personne ne pourrait accéder à ce site »</em></strong>, dit Mariam Bangoura. Selon Alseny Camara, un vieil homme venu suppléer sa femme empêchée, « <strong><em>jusqu’à cinq camions de déchets peuvent être évacués sur l’ensemble du site chaque année. » </em></strong>Une fois les berges nettoyées, les femmes reprennent le travail agricole : labourent, sèment et entretiennent des cultures vivrières. <strong><em>« Leur travail contribue directement à l’assainissement de la zone »</em></strong>, témoigne, Daniel Koundouno, cet habitant admiratif du travail de ces femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une solution efficace mais fragile</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="816" height="494" src="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/04/image-1.png" alt="" class="wp-image-1646" srcset="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/04/image-1.png 816w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/04/image-1-300x182.png 300w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/04/image-1-768x465.png 768w" sizes="auto, (max-width: 816px) 100vw, 816px" /><figcaption class="wp-element-caption"><a href="https://earth.google.com/earth/d/1akHa1kvRAMDNDLQvlRZghZv_KlrMPK35" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Une infographie montrant l’espace mis en valeur par les femmes</strong></a></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Sur le site d’une superficie d’environ 2 hectares, chaque femme a sa portion de terre à entretenir. Les maraîchères font appel à des travailleurs journaliers, rémunérés selon la quantité de déchets à dégager.&nbsp;<strong><em>« Nous payons des équipes entre 50 000 et 100 000 GNF (entre 5 et 11 dollars américain), selon le travail. Nous n’avons pas le choix, car nous dépendons de ces terres »</em></strong>, précise Mariam Bangoura.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré l’impact perceptible, l’initiative reste fragile. En l’absence de système de collecte adapté, une partie des déchets ramassés est brûlée sur place. <strong><em>« Quand les plastiques sont brûlés, l’air devient irrespirable »</em></strong>, reproche Daniel Koundouno tout en estimant qu’elles n’ont pas d’autres solutions.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="908" height="506" src="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/04/image-2.png" alt="" class="wp-image-1647" style="aspect-ratio:1.7945123172441417;width:620px;height:auto" srcset="https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/04/image-2.png 908w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/04/image-2-300x167.png 300w, https://universciences.com/wp-content/uploads/2026/04/image-2-768x428.png 768w" sizes="auto, (max-width: 908px) 100vw, 908px" /><figcaption class="wp-element-caption"><strong>Un tas d&rsquo;immondices aux abords des potagers du Kakimbo</strong></figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Les maraîchères manquent également d’équipements essentiels notamment les pompes d’irrigation, d’engrais organiques, d’outils de travail et de matériels de protection. En absence de mesures concrètes pour mettre fin aux dépotoirs sauvages, le travail se révèle également pénible pour les dames qui doivent reprendre la bataille contre les déchets plastiques chaque saison. En dehors des pluies diluviennes qui charrient les déchets vers le site situé dans un versant, les riverains compliquent la tâche avec des déchets régulièrement jetés dans la nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fatoumata Camara, une riveraine, dénonce un incivisme persistant :&nbsp;<strong><em>« Nous avons fait assez d’efforts pour empêcher les gens de jeter les ordures ici mais impossible. Parfois c’est la nuit, ils le font au moment où nous sommes couchés. Nous avons porté plainte auprès du chef du quartier mais, rien n’a changé. Nous avons besoin d’aide face à ce fléau. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Article Rédigé par Mamdou Kindy Bah, Mansa Moussa Mara, Boèboè Béavogui et Idiatou Souaré</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Edité par Olivier Riboui et Sally Bilaly Sow</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce reportage a été réalisé dans le cadre du Projet Afri’Kibaaru 2 mis en œuvre par CFI,&nbsp;</strong><strong>avec l’appui financier de l’AFD.</strong></p>
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		<item>
		<title>Chercher l’eau, subir la vie : le quotidien des femmes de Tayaki</title>
		<link>https://universciences.com/chercher-l-eau-subir-la-vie-le-quotidien-des-femmes-de-tayaki/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Mar 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://universciences.com/wp/2026/03/23/chercher-l-eau-subir-la-vie-le-quotidien-des-femmes-de-tayaki/</guid>

					<description><![CDATA[Situé sur les côtes guinéennes, en plein cœur de la capitale, Tayaki est un village côtier à quelques kilomètres du quartier Kobaya, en banlieue de Conakry. Dans ce village de pêcheurs, la routine des femmes est marquée par la recherche de l’eau dans un puits situé à environ trois kilomètres. Cette]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Situé sur les côtes guinéennes, en plein cœur de la capitale, Tayaki est un village côtier à quelques kilomètres du quartier Kobaya, en banlieue de Conakry. Dans ce village de pêcheurs, la routine des femmes est marquée par la recherche de l’eau dans un puits situé à environ trois kilomètres. Cette denrée précieuse y est extrêmement difficile à trouver.</strong></p>
<p>Après les silhouettes impressionnantes des maisons du quartier Kobaya, il faut parcourir plusieurs kilomètres sur une route poussiéreuse et enclavée, traversant des zones marécageuses, pour atteindre Tayaki. Dans ce village, l’accès à l’eau est un véritable défi. Très tôt le matin, les femmes se réunissent au centre du village avant d’entamer leur marche quotidienne vers le point d’eau.</p>
<p><strong><em>« Chaque matin, nous parcourons des kilomètres pour aller chercher de l’eau. On doit traverser toute la forêt pour en trouver, et en plus, elle est de très mauvaise qualité. Mais on n’a pas le choix »,</em></strong> témoigne M’Mbalia Soumah, habitante de Tayaki.</p>
<p>Chaque matin, à Tayaki, c’est la ruée vers l’eau. Munies de bidons et de seaux, les femmes entament un long trajet à la recherche de cette ressource vitale. Parmi elles, on retrouve aussi de jeunes enfants portant des bidons de 10 litres. Un parcours éprouvant, mais indispensable à la survie des nombreuses familles de la localité.</p>
<p><strong><em>« Ce trajet nous fatigue énormément. Parfois, on a mal partout, mais on doit le faire pour avoir de l’eau »,</em></strong> explique Mbalia.</p>
<p>En cette saison sèche, l’eau du puits présente une couleur rougeâtre. <strong><em>« Après la saison des pluies, on peut avoir de l’eau propre ici. Mais en saison sèche, elle devient rougeâtre »,</em></strong> précise Yakha Bangoura.</p>
<p>Elle ajoute : <strong><em>« Quand vous arrivez, vous devez faire la queue. S’il y a beaucoup de monde, ceux qui en ont les moyens achètent l’eau : un bidon coûte 5 000 GNF. Ceux qui n’ont pas d’argent vont en ville pour en chercher. »</em></strong></p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="671" src="https://nramggqwqjyssvcktqyb.supabase.co/storage/v1/object/public/media/articles/1775786501100-jxokvyrzbp.webp" alt="" class="wp-image-4774" style="aspect-ratio:1.525712339652628;width:614px;height:auto" title="" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Une eau rougeâtre destinée à la consommation à Tayaki</em></figcaption></figure>
</div>
<p>Sur le chemin du retour, portant une bassine remplie d’eau, Yakha estime que, faute de pouvoir faire ce trajet, certains sont contraints d’acheter cette ressource pourtant essentielle.</p>
<p><strong><em>« Chaque matin et chaque soir, c’est ici que nous prenons de l’eau. Si tu ne peux pas faire ce trajet, tu achètes un bidon à 5 000 GNF »,</em></strong> dit-elle.</p>
<p>Malgré sa couleur rougeâtre, cette eau est consommée par l’ensemble des familles de Tayaki. Une fois puisée et versée dans des seaux, elle présente une teinte inquiétante, sans pour autant empêcher sa consommation, grâce à des méthodes de traitement locales.</p>
<p><strong><em>« C’est cette eau que nous puisons et ramenons à la maison pour y mettre de la pierre d’alun. Quand elle devient claire, on peut préparer le riz avec. Sinon, il faut aller à Kobaya chercher de l’eau, mais là-bas, il faut de l’argent »,</em></strong> explique Mamie Camara.</p>
<p>À Tayaki, la difficulté d’accès à l’eau ne relève pas seulement d’un manque d’infrastructures, elle est aussi étroitement liée aux pressions environnementales. La dégradation des zones côtières, l’avancée de l’eau salée et les effets du changement climatique fragilisent les ressources en eau douce, rendant leur disponibilité de plus en plus incertaine. </p>
<p>La coloration rougeâtre observée en saison sèche peut ainsi refléter des déséquilibres naturels accentués par ces perturbations. Dans ce contexte, la question de l’accès à l’eau devient indissociable des enjeux environnementaux, posant le défi urgent de protéger les écosystèmes tout en garantissant des conditions de vie dignes aux populations locales.</p>
<p><strong>Mansa Moussa Mara</strong></p>
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		<title>Gnoumasse Sidibe : “Les écosystèmes d’eau douce font face à des menaces sans précédent”</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Mar 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
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					<description><![CDATA[Les rivières, les lacs et les zones humides comptent parmi les écosystèmes les plus précieux de la planète. Ils fournissent de l’eau potable, de la nourriture, de l’énergie et abritent une biodiversité exceptionnelle. Pourtant, ces milieux fragiles sont aujourd’hui soumis à une pression croissante l]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les rivières, les lacs et les zones humides comptent parmi les écosystèmes les plus précieux de la planète. Ils fournissent de l’eau potable, de la nourriture, de l’énergie et abritent une biodiversité exceptionnelle.</strong></p>
<p>Pourtant, ces milieux fragiles sont aujourd’hui soumis à une pression croissante liée à la combinaison du changement climatique et des activités humaines. C’est ce que révèle une étude scientifique récente publiée dans la revue <strong>Biodiversity and Conservation</strong>, menée par une équipe internationale de chercheurs, dont la scientifique guinéenne <strong>Gnoumasse Sidibe</strong>. Leur travail analyse comment plusieurs facteurs de stress environnementaux agissent simultanément pour fragiliser les écosystèmes d’eau douce.</p>
<p><strong>Des écosystèmes essentiels mais très menacés</strong></p>
<p>Les écosystèmes d’eau douce occupent une place minuscule à l’échelle de la planète, mais leur importance écologique est immense. Ils couvrent environ <strong>0,01 % de la surface terrestre</strong>, tout en abritant près de <strong>10 % des espèces connues dans le monde</strong>, dont plus de <strong>18 000 espèces de poissons</strong>.</p>
<p>Ces milieux jouent également un rôle crucial pour les sociétés humaines. Ils participent à la régulation des cycles des nutriments, contribuent au stockage du carbone et soutiennent de nombreuses activités économiques et alimentaires.</p>
<p>Mais cette richesse biologique est aujourd’hui menacée par une combinaison de pressions environnementales : pollution, urbanisation, agriculture intensive, surexploitation des ressources, espèces invasives et modifications du climat.</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="466" src="https://nramggqwqjyssvcktqyb.supabase.co/storage/v1/object/public/media/articles/1775786495041-mgs21e1hva.webp" alt="" class="wp-image-4758" title="" /></figure>
</div>
<p><strong>Quand plusieurs menaces se combinent</strong></p>
<p>L’un des principaux enseignements de l’étude est que les menaces qui pèsent sur les écosystèmes d’eau douce ne se produisent presque jamais isolément.</p>
<p>« <strong>Les écosystèmes d’eau douce font face aujourd’hui à des menaces sans précédent provenant de multiples facteurs de stress interconnectés</strong> », explique la chercheuse Gnoumasse Sidibe. Selon elle, les approches traditionnelles ont longtemps étudié ces pressions séparément, alors que dans la réalité elles agissent en même temps.</p>
<p>« <strong>Le problème majeur est que ces pressions n’agissent pas indépendamment : elles interagissent à différentes échelles spatiales et temporelles, produisant des réponses écologiques complexes et souvent non linéaires</strong> », précise-t-elle.</p>
<p>Par exemple, l’augmentation des températures liée au changement climatique peut accentuer l’évaporation et réduire le volume d’eau dans les rivières et les lacs. Cette diminution concentre les polluants et aggrave leurs impacts sur les organismes aquatiques.</p>
<p>De la même manière, la construction de barrages ou la modification des cours d’eau peut perturber les flux naturels de sédiments et de nutriments, modifiant profondément les équilibres écologiques.</p>
<p><strong>Un défi scientifique majeur</strong></p>
<p>Comprendre ces interactions multiples constitue aujourd’hui un véritable défi pour la recherche. « <strong>Les interactions entre plusieurs facteurs de stress produisent des effets non additifs, c’est-à-dire des réponses synergiques ou antagonistes qui ne peuvent pas être prédites simplement en additionnant les impacts individuels</strong> », explique la scientifique.</p>
<p>Autrement dit, lorsque plusieurs pressions environnementales agissent simultanément, leurs effets peuvent être bien plus graves que prévu. La complexité est renforcée par les différences d’échelle : certains processus se produisent dans les sédiments à des niveaux très microscopiques, tandis que d’autres concernent l’ensemble d’un bassin versant.</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="742" src="https://nramggqwqjyssvcktqyb.supabase.co/storage/v1/object/public/media/articles/1775786497124-9v7tyxj0h17.webp" alt="" class="wp-image-4759" style="aspect-ratio:1.3795935126257441;width:701px;height:auto" title="" /></figure>
</div>
<p><strong>Des écosystèmes vulnérables en Guinée</strong></p>
<p>Même si l’étude a une portée globale, ses conclusions permettent aussi d’identifier plusieurs écosystèmes particulièrement vulnérables en Afrique de l’Ouest, notamment en Guinée. Les <strong>lagunes et estuaires côtiers</strong>, comme ceux du <strong>Rio Pongo</strong> ou du <strong>Rio Nunez</strong>, subissent déjà les effets combinés de la montée du niveau de la mer, de l’intrusion d’eau salée et de la pollution provenant des zones urbaines.</p>
<p>Les <strong>zones humides des plaines inondables</strong> situées le long des grands fleuves sont également menacées par les changements climatiques et la construction de barrages qui perturbent les cycles naturels des crues. Autre zone sensible : les <strong>lacs d’altitude du Fouta Djallon</strong>, souvent considérés comme le <strong>« château d’eau de l’Afrique de l’Ouest »</strong>.</p>
<p>« <strong>L’augmentation des températures peut provoquer une stratification thermique plus forte et une diminution de l’oxygène dans les profondeurs</strong>, ce qui peut affecter les espèces aquatiques », souligne la chercheuse. Les zones d’interface entre <strong>eaux souterraines et eaux de surface</strong>, essentielles pour la biodiversité et la qualité de l’eau, sont également menacées par la déforestation et certaines activités minières.</p>
<p><strong>Repenser la gestion des ressources en eau</strong></p>
<p>Face à ces menaces, les scientifiques estiment que les approches classiques de gestion de l’environnement doivent évoluer. « <strong>Il est essentiel d’adopter une gestion intégrée des ressources en eau qui prenne en compte les interactions entre climat, pollution et utilisation des terres</strong> », explique Gnoumasse Sidibe.</p>
<p>Parmi les solutions envisagées figurent la création d’aires protégées d’eau douce, la restauration des zones humides, la protection des berges des rivières ou encore la réduction de la pollution liée à l’agriculture et aux activités industrielles. Les chercheurs recommandent également de développer des programmes de suivi environnemental sur le long terme afin de mieux anticiper les changements.</p>
<p><strong>Un enjeu crucial pour l’avenir</strong></p>
<p>Sans actions rapides, préviennent les scientifiques, les pressions combinées du changement climatique et des activités humaines pourraient pousser de nombreux écosystèmes d’eau douce <strong>au-delà de leurs seuils écologiques</strong>, entraînant des pertes irréversibles de biodiversité. Pour la chercheuse, l’enjeu dépasse largement la seule protection de la nature.</p>
<p>« <strong>Protéger les rivières, les lacs et les zones humides est essentiel non seulement pour la biodiversité, mais aussi pour la sécurité environnementale et le bien-être des populations humaines</strong> », conclut-elle.</p>
<p><strong>Alpha Oumar Bagou BARRY</strong></p>
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		<title>Conakry face à la disparition de son plus ancien jardin scientifique, le jardin botanique de Camayenne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Feb 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
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					<description><![CDATA[De 30 hectares à seulement 7 aujourd’hui, le Jardin botanique de Camayenne, premier jardin d’essai d’Afrique de l’Ouest créé en 1897, est progressivement étouffé par l’urbanisation à Conakry. Berceau de l’expérimentation agricole guinéenne et patrimoine scientifique majeur, ce site historique survit]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>De 30 hectares à seulement 7 aujourd’hui, le Jardin botanique de Camayenne, premier jardin d’essai d’Afrique de l’Ouest créé en 1897, est progressivement étouffé par l’urbanisation à Conakry. Berceau de l’expérimentation agricole guinéenne et patrimoine scientifique majeur, ce site historique survit sans budget suffisant, avec des espèces centenaires menacées et des infrastructures à l’abandon. Face à cette lente disparition, l’urgence d’un sursaut national s’impose.</strong></p>
<p>Premier jardin botanique d’Afrique de l’Ouest, ce site historique fut le berceau de l’expérimentation agricole en Guinée. Mais il faut le dire clairement que ce patrimoine a été piégé et attaqué par l’urbanisation. De 30 hectares à l’origine, il ne reste aujourd’hui que 7 hectares, selon le sous-lieutenant Djibril Traoré, responsable du Jardin Botanique de Camayenne. Plus de 75 % de sa superficie a disparu, absorbée par des constructions administratives et institutionnelles. Parmi les édifices réalisés sur cet espace figurent la cité ministérielle, l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, l’Hôpital national Donka, le Stade du 28 Septembre et la Grande Mosquée Fayçal, entre autres infrastructures majeures.</p>
<p><strong><em>« Il s’est établi du pont 8 novembre jusqu’à Dixinn Terrasse. Mais avec l’urbanisation, nous sommes coincés entre la Mosquée Fayçal et le Cimetière de Cameron », </em></strong>regrette le sous-lieutenant Traoré.</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" loading="lazy" width="1008" height="756" src="https://nramggqwqjyssvcktqyb.supabase.co/storage/v1/object/public/media/articles/1775816571733-3mzkpfe1jla.webp" alt="" class="wp-image-4743" style="width:503px;height:auto" title="" /><figcaption class="wp-element-caption"><strong>Sous-lieutenant Djibril Traoré</strong>, responsable du Jardin</figcaption></figure>
</div>
<p><strong>Le berceau de l’agriculture moderne guinéenne</strong></p>
<p>Dès 1898, les premières expérimentations sur les bananiers et les ananas y sont lancées. Les plants testés à Camayenne sont ensuite vulgarisés à Boffa, Dubréka, Coyah, Kindia et Forécariah. Résultat, dans les années 1950, la Guinée devient l’un des meilleurs exportateurs de bananes et d’ananas de la sous-région.</p>
<p><strong><em>« Les premiers essais ont porté sur les bananiers et les ananas. Ça a commencé dès 1898 »,</em></strong> explique le responsable du jardin botanique.</p>
<p>En 1905 déjà, le jardin comptait 225 espèces végétales, mais aujourd’hui, il n’en resterait officiellement que 114 sur seulement 7 hectares, contre 30 hectares à l’origine, selon le sous-lieutenant Traoré. Une réduction drastique, symbole d’un patrimoine qui s’effrite.</p>
<p><strong>Des espèces centenaires menacées</strong></p>
<p>Mangoustaniers, abricotiers, sapotiers, khaya senegalensis, des espèces emblématiques, certaines âgées de plus de 100 ans, sont aujourd’hui menacées de disparition. Les mangoustaniers, symboles du tout premier plant introduit dans le jardin a presque disparu.</p>
<p><strong><em>« Il ne nous reste que trois pieds ici »</em></strong>, affirme le sous-lieutenant Traoré. Sans intervention rapide, ces témoins vivants de notre histoire agricole risquent de disparaître à jamais.</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" loading="lazy" width="1008" height="756" src="https://nramggqwqjyssvcktqyb.supabase.co/storage/v1/object/public/media/articles/1775816573355-654lpce99g4.webp" alt="" class="wp-image-4744" style="width:512px;height:auto" title="" /></figure>
</div>
<p><strong>Des infrastructures coloniales à l’abandon</strong></p>
<p>Les bâtiments datant de 1897 existent encore, mais ne sont plus opérationnels. Pour le Sous-lieutenant Traoré, le jardin manque de tout.&nbsp; <strong><em>«&nbsp;Pas de budget de fonctionnement, d’équipements techniques et biologiques, de sécurisation suffisante, d’un plan d’assainissement durable&nbsp;»</em></strong>.</p>
<p><strong>&nbsp;Un projet existe mais attend des financements</strong></p>
<p>Toutefois le sous-lieutenant Djibril Traoré, responsable du jardin et son équipe, ont mis en place projet structuré en cinq volets et soumis, notamment avec l’appui de la BND et en collaboration avec un programme financé par l’Union européenne. Il tiendra en compte notamment de&nbsp;: <strong><em>« la&nbsp;Réhabilitation des infrastructures historiques, l’enrichissement botanique (replantation sur 2 hectares), la sécurisation complète du site, l’assainissement et la création d’un espace de détente et d’attraction touristique&nbsp;»,</em></strong> nous confie le sous-lieutenant Djibril.</p>
<p>Tourisme vert, recherche scientifique, développement agricole, éducation environnementale, création d’emplois, tel est l’immense potentiel du jardin botanique.</p>
<p><strong>Un levier pour l’économie locale et le tourisme</strong></p>
<p>Imaginez un site historique datant de 1897, restauré et mis en valeur, intégré aux circuits touristiques de Conakry. Un jardin botanique attractif pourrait devenir à la fois un pôle scientifique, un centre d’expérimentation agricole et un espace de loisirs pour les familles. Il servirait également de vitrine écologique pour montrer la richesse naturelle de la Guinée. Dans plusieurs pays africains, les jardins botaniques jouent un rôle moteur dans le développement économique et touristique.</p>
<p><strong>L’heure de l’action</strong></p>
<p>Le Jardin botanique de Camayenne n’est pas un simple espace vert. C’est un patrimoine national, un acquis de notre indépendance et un symbole scientifique de toute la sous-région. Sa survie ne peut reposer uniquement sur la bonne volonté d’un service rattaché à la Direction nationale des Eaux et Forêts, qui dispose d’un budget insuffisant.</p>
<p><strong><em>«&nbsp;Sauver le Jardin botanique de Camayenne, c’est préserver notre mémoire, renforcer notre économie verte et investir dans l’avenir&nbsp;»,</em></strong> conclut le sous-lieutenant Djibril Traoré.</p>
<p>Sauver le Jardin botanique de Camayenne, ce n’est pas seulement préserver des arbres centenaires. C’est protéger une mémoire scientifique, offrir un espace d’apprentissage aux générations futures et ouvrir une voie concrète vers une économie verte durable. Le site existe, le projet aussi. Reste désormais une volonté collective pour empêcher que ce patrimoine unique ne disparaisse définitivement du paysage guinéen.</p>
<p><strong>Mamadou Kindy BAH</strong></p>
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		<title>Kassa, l’île où le plastique chasse la vie marine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Nov 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans l’archipel des îles de Loos, sur l’île de Kassa, à environ 7 km de Conakry, la pêche, activité principale pour les quelque 20 000 habitants, décline fortement à cause de la pollution plastique. Des déchets s’accumulent le long des plages et dans les ports artisanaux de la commune, menaçant les]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans l’archipel des îles de Loos, sur l’île de Kassa, à environ 7 km de Conakry, la pêche, activité principale pour les quelque 20 000 habitants, décline fortement à cause de la pollution plastique. Des déchets s’accumulent le long des plages et dans les ports artisanaux de la commune, menaçant les ressources halieutiques.</strong></p>
<p>Selon un rapport de la FEGEDEG (Fédération Guinéenne des Gestionnaires des Déchets) datant de 2018, Conakry génère plus de <strong>1 000 tonnes de déchets par jour</strong>, dont environ <strong>20 % de plastiques</strong>. Cette pollution s’étend désormais jusqu’à Kassa, notamment parce qu’une partie des déchets plastiques de la capitale est entraînée par la marée haute jusqu’à l’île.</p>
<p><strong><em>« La majeure partie des déchets plastiques provient de Conakry, une fois qu’il y a la haute marée, beaucoup d’ordures quittent la capitale et se retrouvent ici »,</em></strong> explique <strong>Lamine Bangoura</strong>, chef de port adjoint à Koromandja.</p>
<p><strong>Les poissons se font rares</strong></p>
<p>Autrefois prospère, la pêche dans cette zone est aujourd’hui menacée : les plastiques déposés au fond marin perturbent les écosystèmes, repoussant les poissons vers des zones plus favorables. <strong><em>« Quand les saletés s’installent dans la boue cela réduit la pêche. Si le poisson trouve des déchets dans cette zone, il va fuir »,</em></strong> témoigne Lamine Bangoura. Selon lui, les filets remontés sont souvent remplis de déchets, très peu de poissons.</p>
<p>Des experts alertent sur les conséquences sanitaires : <strong>le plastique</strong>, notamment sous forme de microparticules, peut provoquer la disparition de certaines espèces et contaminer la chaîne alimentaire. <strong>Dr Baldé Mamadou Yaya</strong>, chimiste de l’environnement, indique que <strong><em>«&nbsp;certains poissons absorbent ces particules qui peuvent être <strong>cancérogènes</strong></em></strong><strong><em>&nbsp;»</em></strong><strong><em>.</em></strong></p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" loading="lazy" width="1024" height="575" src="https://nramggqwqjyssvcktqyb.supabase.co/storage/v1/object/public/media/articles/1775815826385-ups0yu4yldj.webp" alt="" class="wp-image-4675" style="width:494px;height:auto" title="" /><figcaption class="wp-element-caption"><strong>Dr Mamadou Yaya Baldé</strong>, chercheur</figcaption></figure>
</div>
<p><strong>Défi dans la gestion des déchets</strong></p>
<p>À Kassa, la gestion des déchets reste un défi majeur : un centre de tri a été construit début 2024, mais n’est toujours pas opérationnel faute de personnel et d’équipement, selon <strong>Alseny Camara</strong>, secrétaire administratif de la commune. Pour l’instant, la seule solution des habitants c’est l’incinération des ordures : <strong><em>« On choisit un jour, on ramasse les ordures et on les brûle. C’est ça notre solution et nous le faisons régulièrement », </em></strong>avoue M. Camara.</p>
<p>Pourtant, l’incinération aggrave la pollution selon les spécialistes :<strong><em> « Elle ne devrait pas être une alternative de gestion rationnelle des déchets. Au contraire, Il faut privilégier le recyclage »</em></strong>, recommande Dr Baldé Yaya.</p>
<p><strong>La commune appelle à l’aide</strong></p>
<p>Face à la dégradation, <strong>Mohamed Lamine Cissé</strong>, chef de quartier, appelle l’État à soutenir la coopérative locale des femmes chargées du balayage. <strong><em>« On n’a pas les moyens. L’État doit nous aider »</em></strong>, insiste-t-il.</p>
<p>Les projections de l’<strong>Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)</strong> sont alarmantes : sans mesures plus ambitieuses, la quantité de déchets plastiques produits au niveau mondial pourrait presque tripler d’ici 2060. Selon l’OECD, <a href="https://www.oecd.org/fr/about/news/press-releases/2022/06/global-plastic-waste-set-to-almost-triple-by-2060.html?utm_source=chatgpt.com" target="_blank" rel="noopener">la part des déchets plastiques qui sont effectivement recyclés devrait représenter 17&nbsp;% du total en 2060</a>, contre 9&nbsp;% en 2019, tandis que l’incinération et la mise en décharge continueront de représenter respectivement environ 20% et 50% des déchets plastiques. La part des plastiques qui échappent aux systèmes de gestion des déchets – se retrouvant dans des décharges non contrôlées, sont brûlés à ciel ouvert ou s’infiltrent dans les sols et les milieux aquatiques – devrait passer de 22&nbsp;% à 15&nbsp;%.</p>
<p>Article rédigé par<strong> <em>Mansa Moussa Mara</em> </strong>dans le cadre du<strong> Projet Afrikibaaru 2 <em>mis en exécution par CFI sous financement de l&#8217;AFD</em></strong></p>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Michael Dieng, un chercheur engagé pour le climat et l’environnement en Guinée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Nov 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis plus de 16 ans, Michael Dieng met ses compétences scientifiques et pédagogiques au service de la protection de l’environnement et de l’adaptation au changement climatique en Guinée. Né à Ndantawi, un paisible village de la commune urbaine de Mali, il a grandi au cœur de la nature. Son enfance]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Depuis plus de 16 ans, Michael Dieng met ses compétences scientifiques et pédagogiques au service de la protection de l’environnement et de l’adaptation au changement climatique en Guinée. Né à Ndantawi, un paisible village de la commune urbaine de Mali, il a grandi au cœur de la nature.</strong></p>
<p>Son enfance, partagée entre l’école française, l’école coranique et les activités agricoles, a façonné son rapport profond à l’environnement. <strong><em>« Nous aidions nos parents dans les champs, surveillions les récoltes et ramassions le bois mort pour la cuisine »,</em></strong> raconte-t-il. Cette proximité quotidienne avec la terre a nourri sa vocation de protéger la nature et de comprendre les interactions entre l’homme et son environnement.</p>
<p><strong>Des valeurs familiales à la vocation scientifique</strong></p>
<p>Issu d’une famille modeste mais rigoureuse, Michael trouve son premier modèle en son père, ancien combattant de l’armée française et guinéenne. <strong><em>« Il aimait la rigueur, le travail, la sincérité. C’est lui qui m’a appris à servir, à rester droit, même dans les moments difficiles »,</em></strong> se souvient-il.</p>
<p><strong>Comprendre et protéger l’environnement</strong></p>
<p>Dès le collège, Michael choisit un chemin différent de celui de ses frères et sœurs, qui s’orientent vers les sciences sociales. <strong><em>« Je voulais faire la différence »,</em></strong> dit-il.</p>
<p>Il opte pour les sciences expérimentales, avec la conviction de contribuer à la protection du vivant et à la gestion durable des ressources naturelles. Après l’obtention de son baccalauréat en sciences expérimentales en 2003, il intègre l’Institut Supérieur des Sciences de l’Éducation de Guinée (ISSEG), où il décroche un DEUG, une licence et une maîtrise en biologie et géologie.</p>
<p><strong>De l’enseignement à la recherche environnementale</strong></p>
<p>De 2008 à 2018, il enseigne la biologie au Lycée Barry Diawadou de Dabola. Pour lui, <strong><em>« éveiller la curiosité des élèves et leur montrer que la science est une façon de comprendre la vie »</em></strong> est une véritable passion. Son désir d’agir concrètement pour l’environnement le conduit à rejoindre le Centre d’Étude et de Recherche en Environnement (CERE) de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, où il obtient un Master en sciences de l’environnement.</p>
<p>Sa carrière de chercheur débute avec passion, mais non sans obstacles. <strong><em>« Passer de l’enseignement secondaire à la recherche scientifique, c’est une transition exigeante »,</em></strong> explique-t-il. Depuis 2022, il prépare un doctorat interdisciplinaire au sein de l’École Doctorale de la Vie, de la Santé et de l’Environnement de la même université.</p>
<p><strong>Un engagement climatique</strong></p>
<p>Michael Dieng maîtrise des outils modernes d’analyse environnementale tels que QGIS, Python, Power BI et Kobotoolbox, essentiels pour cartographier les zones vulnérables et suivre les projets climatiques. Il participe activement à la coordination des zones clés de biodiversité, à l’inventaire des gaz à effet de serre et à la mise en œuvre de stratégies d’adaptation au changement climatique. Son expertise couvre la gestion durable de l’agriculture, la protection des écosystèmes côtiers et forestiers, ainsi que la prévention des risques liés aux catastrophes naturelles.</p>
<p><strong>Une expérience de terrain au service des communautés</strong></p>
<p>Des zones côtières menacées par la montée des eaux aux projets de conservation de la biodiversité, il a conduit des études, animé des ateliers de sensibilisation et encadré des équipes pour atténuer les impacts environnementaux.<br />Son rêve&nbsp;:&nbsp;<strong><em>«&nbsp;Développer des compétences solides, créer des solutions locales, et surtout, former une génération de jeunes conscients de l’importance de protéger notre environnement&nbsp;», </em></strong>se dit-il.</p>
<p><strong><em>&nbsp;</em></strong>Il a également participé à des initiatives internationales comme le Hackathon Collectif 5 Deltas au Sénégal et le NASA Space Apps Challenge, développant des solutions innovantes face aux risques d’inondation et aux défis climatiques.</p>
<p>Convaincu que la science n’a de valeur que si elle sert la société, il forme et inspire les nouvelles générations d’experts, journalistes et acteurs de terrain. Pour lui, la science et l’engagement collectif sont les clés pour protéger l’environnement et construire un futur durable, il transmet son savoir avec passion et humilité.<br /><strong><em>« Produire de la science, c’est bien. Mais il faut qu’elle serve à résoudre des problèmes réels : la gestion de l’eau, la dégradation des sols, la baisse de la pluviométrie », </em></strong>dit-il.</p>
<p>Sécheresses, érosion côtière, vagues de chaleur, baisse de la pluviométrie, autant de menaces qui pèsent sur l’agriculture, les ressources hydriques et la sécurité alimentaire.<br /><strong><em>« Notre survie dépend des ressources naturelles, mais ces ressources sont aujourd’hui fragilisées »</em></strong>, alerte-t-il.</p>
<p><strong>La science comme mission pour un futur durable</strong></p>
<p>De Ndantawi à Conakry, son parcours témoigne d’une même conviction : protéger la nature, c’est protéger l’avenir. Pour Michael Dieng, la science n’est pas seulement un métier, c’est aussi une mission, un engagement concret pour construire un futur durable et résilient pour la Guinée.</p>
<p><strong>Mamadou Kindy BAH</strong></p>
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